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 "La première rencontre est due à la chance...
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MessageSujet: "La première rencontre est due à la chance...   Jeu 5 Avr - 20:39


    Le vent frappe son corps de mille coups de fouets. C'est à peine s'il parvient à marcher. Pourtant, il continue d'avancer. Ses jambes seules le portent. Où, il ne saurait véritablement le dire. Il sait juste qu'il a grand besoin de sérénité et de silence. Et, en ces lieux, ces deux choses qu'ils cherchent sont aisément trouvables. Au moins, ici, personne ne viendra le déranger, du moins pense-t-il. Ses pieds s'enfoncent mollement dans la neige. Habituellement, personne ne vient en ces lieux. Les visiteurs sont rares. Traurigkeit, lui, y est habitué. Il en trouve dans ce désert quelque chose de rassérénant. C'est à peine s'il sent le froid qui laisse de cuisantes marques sur sa peau étourdie par cette température hostile. Il n'a jamais craint le froid. Il l'a toujours préféré. Et puis, il se dit que cet endroit reflète avec intensité son état d'esprit habituel. Tout y est gelé, tout y est constant. Rien ne bouge. Sauf la neige qui, jamais ne s'arrête véritablement. Tout semble si calme. Alors qu'une avalanche pourrait se déclarer si promptement. Il connaît les moindres recoins du désert de glace. Son grand manteau bleu se fond dans la masse immaculée, laissant une trace qui, bientôt, disparaîtra comme les traces de pas que lui-même a laissé. Dans ce manteau, ses mains trouvent un abri. Son corps tremble légèrement. Dans cet océan opalin où quiconque se perdrait, Traurigkeit sait parfaitement où il se dirige. Toujours le même chemin, jusqu'à un abri digne de ce nom qu'il s'est construit avec le peu de ressources qu'il possède. Dans cet abri se dissimulent quelques provisions, du papier et des crayons pour écrire. Non pas qu'il tienne un journal intime mais le Roi aime à laisser son imagination le guider. Et c'est dans ce froid, dans ce froid insoutenable qu'il trouve là une source d'inspiration quasi parfaite et quasi permanente.

    Bientôt, il arrive à son abri qui lui permet, durant quelques heures au moins, d'évacuer le stress et tous les sentiments qui le rongent. Il oublie tout ce qui le lie au monde extérieur. Il n'a plus une seule pensée pour les personnes qu'il connaît, qu'il a connu, pour ce qui fait son éternel quotidien, pour ce monde qui l'enferme malgré lui, pour cette prison. Il sait que ce n'est qu'utopie mais il se sent presque libre. Il se sent presque vivant. Il se sent vivant car tout son corps est inondé de sensations. La nature joue avec lui comme s'il était une pauvre âme errante, le testant, le faisant parfois défaillir. Mais il tient toujours bon. C'est une sorte d'épreuve. Il vient ici au moins une fois par semaine. Pour évacuer. Pour se donner l'impression d'avoir une raison de vivre. Il se dit que, s'il devait donner une seule raison à sa vie, ce serait celle de venir dans ce désert de glace ne serait-ce que pour quelques heures. Il ne peut jamais rester bien longtemps. Cela paraîtrait suspect. Il prétend avoir des obligations. Il ment. Mais qu'importe. Il fait toujours tout comme il faut, marionnette docile. Alors il a bien, parfois, le droit d'être un peu lui-même. Il se convaincs. Il n'a besoin de l'avis de personne après tout. Traurigkeit est un éternel solitaire. Comme un loup. Lutte pour survivre. Un instant, de son abri, il regarde ce qui s'étend devant lui, sur des kilomètres et un léger, très léger, un soupçon, de sourire s'esquisse sur son visage à l'habituel si placide. Puis il porte ses mains à sa bouche qui, souffle gentiment sur celles-ci pour leur apporter un minimum de chaleur nécessaire. Le Roi se dit qu'il a un peu faim mais s'étire, rentre à nouveau dans son jardin secret et s'assoit, à même sur la neige, sans craindre l'éternelle morsure du froid.

    Il reste, ainsi, pendant des heures. Il ne se rend même pas compte du temps qu'il passe tellement il est bien dans ce lieu. Serait-ce ça le bonheur ? Peut-être, qui sait. Peut-être que le bonheur n'est pas éternel. Peut-être que le bonheur réside dans ces moments, ces instants précieux puis disparaît tout aussi tôt. Peut-être, tout simplement, que le bonheur n'est pas quelque chose qui perdure, simplement, un instant volé. Quelques secondes. Une journée. Puis, revient la lutte pour vivre et ces jours éternels. D'un geste automatique, le bras de Traurigkeit se dirige vers un des carnets, dissimulé derrière un rocher entreposé là. Il le feuillette, prêtant parfois plus d'attention à certains jours. Il ne sait plus vraiment quand il a commencé à écrire. Il y a un moment où il a ressenti le moment de tout abandonner, lâcher ce masque de quiétude et cette attitude morose pour se rappeler de qui il est réellement. En apercevant les pages saturées de son écriture régulière, il se rend peu à peu compte qu'il est là depuis bien plus longtemps qu'il n'aurait pu le deviner. Il ne lit pas vraiment ce que contiennent ces pages mais il le devine, il connaît les sentiments accumulés, les impressions quotidiennes, les envies soudaines, les désirs enfouis pendant des années. Le carnet se referme, rempli. Il en saisit un autre. Ce dernier subit le même sort; observation, consternation. Il se referme. Encore un autre. Puis un autre. L'évidence saute aux yeux du propriétaire. En venant ici chaque semaine déverser le flot incessant de choses qui tourbillonnent dans sa tête, il peut retracer le nombre approximatif de jours qu'il a passé en ce bas monde. Mais sa tête sonne la sonnette d'alarme. Un message. Ne fais pas ça. Traurigkeit ferme les yeux. S'il compte, cela ne fera que l'effrayer davantage. Mieux vaut ne pas savoir.

    N'ayant soudainement plus l'envie d'écrire, la carcasse se met à bouger dans un mouvement lent et engourdi, effort ultime. Il ferme les yeux, les rouvrent. Le vent se déchaîne dans l'habitacle tandis que le corps du Roi continue de se lever, toujours aussi calmement. Il décide de piocher dans ses réserves de bois, également entreposées ici dans des cas d'extrême urgence ou d'extrême froid. Grâce à quelques allumettes sauvegardées dans sa poche et qu'il a eu l'intelligence d'apporter, il arrive rapidement à allumer un feu. D'abord minime en raison de la tempête, toujours plus forte, toujours plus cruelle, il s'étire en de grandes flammes chaleureuses qui illuminent l'abri. Frigorifié, Traurigkeit s'installe devant ce spectacle orangé. C'est à peine s'il sent la chaleur normalement dégagée tellement son corps est engourdi. Peu importe. Il s'est dit, un jour, que la souffrance du corps n'était que passagère tandis que la souffrance de l'esprit n'était non pas interminable mais moins intense. Le corps n'est qu'un instrument tandis que l'âme peut tout contrôler. Il a entendu parler de l'histoire d'un homme qui s'était convaincu qu'une pièce était à la température de moins vint degrés et est mort de froid alors que la pièce était à la température de vingt deux degrés. Auto persuasion. Autrement dit, si l'humain se convainquait qu'il n'avait pas telle douleur ou qu'il n'avait pas froid, il n'en ressentirait pas la morsure. Le Roi laisse alors son imagination prendre le dessus. Il est dans un grand manoir fait de marbre, de lustres dorés, d'escaliers d'ébène, de grandes pièces lumineuses. Il est dans le salon, devant la cheminée irradiant d'un feu apaisant. Son corps se repose paisiblement.

    Ses yeux se rouvrent sur la triste réalité qui l'entoure. Mais, son corps, au moins, demeure plus vif. Ne sachant pas bien pourquoi, il se lève à nouveau et sort de l'abri, regardant au loin. Il ne voit que le blanc. Que la neige. Que ce désert qui semble s'étendre à l'infini. Il ne sait pas bien ce qu'il cherche pourtant il est persuadé qu'il doit attendre quelque chose, ou quelqu'un. Pourtant, personne ne vient jamais ici. Intuition sûrement. Pressentiment peut-être. S'il reste ici et qu'on le découvre, son image en pâtira peut-être. Mais, peut-être -car il y a toujours cette part de supposition en chacun- que ce n'est qu'une intuition. Prenant le temps de poser le pour et le contre, il ne veut pas que sa réputation, ou du moins le peu de réputation qu'il possède encore, se voit anéantie par quelque chose d'aussi stupide qu'une virée dans le désert de glace. Il ne sait même pas pourquoi cela nuirait à sa réputation, cependant, laissant le feu allumé, cachant les carnets et les crayons à leurs places respectives, Traurigkeit se met discrètement dans un coin, s'emmitouflant dans son manteau. La couleur étant peu adaptée pour véritablement se dissimuler, il espère tant bien que mal que personne ne viendra. Il reste ainsi, assis, en boule, durant de longues minutes sans que rien ne se passe. Je ferais mieux de rentrer. Mais, à ce moment, il entend un bruit. Un très léger son qu'il entend parfaitement. Le bruit d'un pas dans la neige, le son d'une chaussure qui s'enfonce dans la neige encore fraîche. Déglutissant, le Roi reste sur ses gardes au cas où quelqu'un l'attaquerait ou tenterait de lui faire quoi que ce soit. Tenter de faire figure ? Très peu pour lui. Toutefois si jamais ce quelqu'un découvrait les carnets, il ne sait quelle situation cela engendrerait.

    Les pas continuent de se faire entendre, si discrètement que peu de personnes pourraient le remarquer. Au fur et à me sure qu'il regarde autour de lui, Traurigkeit aperçoit une forme qui se dessine. N'écoutant que le peu de courage qu'il possède en stock, il attend que la silhouette, dissimulée par la neige et par la tempête qui ne cessent jamais, se rapproche jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'à quelques mètres seulement de lui. Bondissant, lion sur sa proie, ses mots traversent avec peine la barrière de sa bouche trop habituée à rester immobile.

    - Qui êtes-vous ?

    Phrase plutôt banale dans un tel contexte. Il n'a pas cependant le temps d'y réfléchir davantage car la silhouette se rapproche toujours plus de lui. D'habitude, il pèserait ses mots. D'habitude, il réfléchirait à une solution acceptable. D'habitude, il ne se dresserait pas ainsi. D'habitude, il aurait trouvé une échappatoire. Mais d'habitude, il n'aurait pas à penser à de telles choses puisque, d'habitude, il était seul dans ce qu'il considérait comme son asile.
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MessageSujet: Re: "La première rencontre est due à la chance...   Dim 8 Avr - 18:29

« Ton cerveau est en surchauffe la jeune, tu devrais arrêter de réfléchir. » La jeune femme soupira et tout en sortant de son lit. Dans lequel elle était avachie depuis plus d’une heure. Saisit sa chevelure couleur ébène la redressant en arrière. Pour ne plus avoir ses quelques mèches gênant sa vision. « C’est toi qui me chauffe les neurones. A me hurler dessus. » Elle roula des yeux, et attrapa au passage ses fringues, avant de se glisser dans la salle de bain. Ou elle alluma l’eau chaude. Laissant la baignoire de remplir le temps qu’elle se déshabille. Pour ensuite, se glisser dans l’eau bouillante. La vapeur commençant à envahir la grande pièce. Il devenait quasiment impossible de voir le bout de son nez, dans une grande pièce comme celle-ci. Une bonne heure après, elle sortit enfin de son bain allant s’habiller chaudement, une idée derrière la tête. « N’y pense même pas. Tu vas risquer ta vie pour quoi ? De toute façon, personne à besoin de faire de telles conneries, pour se rendre intéressent. » Masael sourit, et enfila une grosse écharpe couleur beige jusqu’à son nez. « Tu parles beaucoup je trouve Six. Mais. Je fais ça pour personne. J’aime bien m’évader. Etre loin de tout. » Elle posa sa capuche sur sa tête, et empoigna la porte. Prenant bien soin de la fermer derrière elle. Doutant un instant devant chez elle. Y aller et risquer sa vie, mais prouver à soi-même que l’on est capable de grande chose ? Ou restez ici, à toujours penser qu’on ne vaut rien. Et ce pour la vie. Masael secoua la tête et tourna le dos à son chez-soi commençant la marche vers le désert gelé. « En fait tu n’es pas même pas idiote. T’es complètement cinglé. Folle. Suicidaire même. » Il rit à son nez, accentuant son « suicidaire ». Elle grogna et serra les poings. « J’ai compris pourquoi tu me forces à faire toutes ses choses. C’est juste parce que tu es un incapable, et que moi. Non. »

Durant toute sa marche, elle y penser. A ce qu’il avait dit. Pourquoi faisait-elle tout ça en réalité ? Pour prouver quelques à qui ? A elle, ou à tous ceux doutant de ses capacités ? Des tas de questions se bousculait dans sa tête. Si en fait, elle ne faisait pas tous ces choses pour eux ? « Tu doutes maintenant, de mieux en mieux. » La demoiselle posa ses mains sur oreilles, et avança jusqu’au désert de glace. Y pénétrant rapidement, courant loin. Se perdant presque dans le paysage gelé. Assise au sol. Les mains sur les oreilles, son visage entre ses genoux. « Idiote. Idiote. Idiote. Idiote. Idiote. » Masael avait peur. Pourquoi avait-elle fait la connerie de venir ici, seule. Sans rien ne dire à personne. « Sèche tes larmes. Tu dis toujours des trucs aussi stupide toi ? » La jeune rafleur passa sa main sur ses yeux. Séchant ses larmes. « Six a vraiment dit vrai. Je ne sais même pas pourquoi, ni pour qui je fais ça. C’est vrai. Sans vous, je ne suis même pas capable de tuer quelqu’un. Imaginer, si vous n’étiez pas là. Comment ferais-je pour survivre ? Sept j’ai peur… » Masael se redressa, l’odeur d’une autre personne venant titiller ses narines. Elle racla sa gorge, et monta bien son écharpe jusqu’à son nez, cachant presque ainsi ses yeux. Voir la quasi-totalité son visage. Oubliant un court instant Six et Sept. « Qui êtes-vous ? » Elle se retourna, faisant face à l’inconnue. Pas si inconnue que ça. Traurigkeit. « Tu as la mémoire courte, dis-moi. » Derrière son écharpe, elle esquissa un sourire. Puis, l’abaissa. « Masael. Ce nom t’est inconnu ? Ou ta mémoire te joue des tours. » A vrai dire, elle ne se souvenait elle-même plus vraiment ou s’étaient-ils rencontrés pour la première fois. Alors niveau mémoire elle était mal placé pour parler.

Masael n’étais jamais venue ici. Alors, lui demander ce qu’il faisait ici était déplacé. Donc, elle évitera de poser cette question, à moins qu’il ne la pose. Lui. Traurigkeit, quel nom étrange. Mais pleins de sens. Tristesse, lui semblait-il. Est-ce vrai ? Son visage ne laissait paraître aucune expression. Même pas la simple surprise de trouver quelqu’un dans un endroit pareil. Le désert de glace était un des lieux le moins fréquenté d’ici. A cause de la dangerosité de ce dernier. Il était facile de s’y perdre. Si vous voulez jeter un corps, semer des gens. Jetez-y vous, sans problème.

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MessageSujet: Re: "La première rencontre est due à la chance...   Dim 8 Avr - 19:45


    La silhouette se rapproche rapidement. Au cas où, Traurigkeit prend un bout de bois qui traîne, unique arme dont il peut se servir. Arme plutôt vaine. Si jamais la personne qui arrive se trouve être un ennemi, il n'est pas sûr qu'il fera long feu. Mais il sait qu'il a une chance. Il connaît ce désert mieux que personne. Il connaît les moindres recoins de ce labyrinthe. Si jamais il doit affronter quelqu'un, il pourra toujours le perdre. Et puis, le froid ne le tiraille pas. Contrairement à la personne qui continue de s'aventurer près de lui, sans, vraisemblablement, le voir. Écharpe montée jusqu'au nez. Donc elle craint le froid. Peut-être. Il ne peut formuler que quelques hypothèses de base puisqu'il n'aperçoit pas son potentiel rival. Mais ce dernier ne le voit. Le Roi ne bouge pas, se dissimulant parmi la neige qui le masque tant bien que mal. Malgré tout, la silhouette ne paraît pas agressive. Il se lève, s'approche de quelques pas prudents. Aussi lui adresse-t-il un naïf Qui êtes-vous ?. Ladite silhouette se tourne vers lui. Il tient toujours sa piètre arme dans sa main gauche, au cas où la rencontre se passerait mal. Il sait pertinemment que c'est lorsqu'on s'y attend le moins que l'on prend le plus le risque d'être blessé voire tué. Et il sait d'autant plus que la plupart des gens habitant Gëfangnis ne sont pas toujours très nets. Quand, après quelques secondes qui semblent des heures, la silhouette montre enfin son visage, il se trouve quelque peu rassuré. Il le connaît. Ce visage. Il les connaît. Ces traits. Il la connaît. Cette fille. D'où ? Il ne saurait le dire avec précision. Il voit tellement de gens tous les jours que sa mémoire finit par flancher. Il sait juste que ce n'est pas une des prisonniers; eux, il les connaît par cœur.

    - Tu as la mémoire courte, dis-moi.

    Le ton est cinglant, presque aussi froid que celui qui règne dans ce désert de glace. Toutefois pas mesquin. Traurigkeit sait que ce n'est pas méchant, que ce n'est qu'une habitude de la jeune femme. A nouveau, il ignore totalement comment il le sait. Et la remarque de la jeune fille est on ne peut mieux bien placée ici. Il cherche, fouille dans les archives de sa mémoire obstruée pour trouver le nom de cette fille qu'il connaît, il en est certain. Il n'oublie aucun visage. Ces cheveux ébène. Cette voix à la fois douce et blessante pour qui ne la connaîtrait pas. Ce teint blanc presque diaphane. Ces yeux violets. Il la regarde. L'analyse. Essaye de se souvenir... Et puis, cela revient. Doucement, vent qui se lève. Qui apparaît, presque effrayé. Il se rappelle que c'est un prénom étrange, qu'il n'avait jamais entendu auparavant. Et pourtant Dieu seul sait combien il a connu de personnes en ce bas monde. Que ce prénom n'évoquait rien de connu, aucune signification, aucune étymologie, aucun sens particulier. Les secondes qui suivent, son cerveau s'active encore et encore pour chercher ce prénom qu'il connaît. Elle baisse l'écharpe qui lui couvre une bonne partie du visage, plus particulièrement son nez et ses lèvres. Sa bouche se découvre dans un léger sourire amical, directement adressé au Roi. Et là, là, il se souvient. Masael. Le prénom lui revient de loin. Pourtant, il est persuadé que c'est bien lui. Pourtant, il ne dit rien. Il préfère s'assurer que c'est bien elle. Certains mentent sur leur identité, peut-être que cette fille l'a déjà fais la première fois qu'ils se sont rencontrés et qu'elle ne se souvient plus du nom qu'elle lui a donné. Feinte. Toujours rester sur ses gardes. Il le sait. C'est un principe de base ici. Sinon, on se fait dévorer.

    - Masael. Ce nom t’est inconnu ? Ou ta mémoire te joue des tours.

    Soulagé, il soupire un coup. Il sait que cela peut toujours être une esquive et qu'elle peut toujours utiliser un nom de code mais il décide de ne plus y penser. Du moins pour le moment. Il se morigène. Cela l'agace. De voir des ennemis partout. De voir du sang partout. De voir des gens innocents décimés. Après s'être assuré que ce soit bien elle, il pose son bout de bois sur le sol, se rendant compte qu'il ne lui serait finalement d'aucune utilité avec elle.

    - Bien sûr que je me souviens de toi...

    Enfin dans une certaine mesure, disons plutôt. Bien que le prénom lui soit revenu avec plus ou de moins de facilité, il se trouve totalement incapable de se remémorer le lieu où ils s'étaient tous deux rencontrer. Apparemment, elle le connaît bien, vu le ton qu'elle emploie, amical et assez chaleureux dans un tel lieu. Puis, elle sourit. Simplement. Comme heureuse de le voir en ces lieux. Cependant, il s'étonne de la trouver dans un tel lieu. Rares sont les personnes qui viennent ici. D'ailleurs, c'est la seule qu'il ait jamais vu ici. Le visage de Traurigkeit reste placide, tenace habitude que de ne rien devoir dévoiler; les gestes sont toujours susceptibles de dévoiler quelque chose. Il ne lui demande toutefois pas ce qu'elle fait là. Peut-être veut-elle garder cela secret. Elle a l'air d'avoir froid. Il hésite sérieusement à lui proposer de s'installer dans son abri. Il a dissimulé les carnets certes mais si jamais elle fouille, elle les trouvera sûrement. Il se dit qu'il peut très bien la laisser mourir de froid, il n'aura strictement aucun remord. Intentionnellement ou non, il a déjà laissé mourir des centaines et des centaines de gens. Une de plus ou de moins n'y changerait absolument rien. Et puis, dans ce paysage continuellement glacé et enneigé, elle ne serait probablement jamais retrouvé. Elle serait rapidement enseveli par la neige. Il pourrait aisément la suivre discrètement, sans se faire remarquer, puis la laisser mourir sans que cela ne le dérange véritablement. Oui, il se dit que cette possibilité est sûrement la plus envisageable. Néanmoins, il n'est pas comme ça. Il n'est pas comme les deux autres qui l'aurait sûrement laisser mourir ici. Ou pire, l'aurait tué sans foi ni loi. Il l'interroge du regard puis finit par ouvrir la bouche.

    - Tu ne veux pas rentrer ? Tu dois être frigorifiée. Je ne suis pas sûr que cela t'aidera beaucoup mais tu sera quelque peu protégée du vent.

    C'est à peine s'il attend sa réponse puisqu'il l'entraîne jusque dans son abri, effleurant au passage le rocher qui dissimule ses écrits. Il l'installe juste devant le feu afin qu'elle puisse se réchauffer. En l'emmenant, il sent sous ses doigts la peau glacée par la température polaire. Il ne peut s'empêcher de se demander ce qu'elle peut bien faire ici. Il s'aperçoit aussi que ses yeux sont rouges, légèrement gonflés. On le remarque à peine en réalité mais Traurigkeit est habitué à passer les personnes qu'il rencontre au crible. Elle a sûrement pleuré. Il se dit qu'elle est peut-être venue parce qu'elle se sentait mal. Car elle cherchait un remède à sa peine. C'est la première pensée qui lui traverse l'esprit. Il ne lui semble pas qu'elle ait l'habitude de marcher en ces lieux, contrairement à lui. Sinon, c'est à peine si elle sentirait le froid ou du moins, pas de cette manière. Ses membres tremblent, agités d'un soubresaut dément. Peut-être est-elle venue simplement pour se changer les idées ? Mais qui voudrait venir ici à part les gens aux idées étranges ? Il ne saurait guère le dire. Afin qu'elle ait encore moins froid, il retire son manteau bleu de ses épaules et le dispose sur les siennes avec délicatesse, pour ne pas l'effrayer. Après cela, il marche de l'autre côté du feu, pour s'asseoir sur le sol. Il la regarde, se réchauffer doucement. Il sait que ce feu est une maigre compensation. Son manteau également. Mais il ne peut pas faire grand chose d'autre pour l'aider. A part la ramener jusqu'au début du désert de glace afin qu'elle puisse rentrer chez elle. Elle a dû beaucoup marcher. Pour venir jusqu'ici. Alors, presque malgré lui, il ne peut s'empêcher de lui poser la question qui lui brûle les lèvres depuis tout à l'heure.

    - Désolé mais ... Que fais-tu ici ? C'est peu commun de croiser des gens dans les parages.

    Il sait qu'en posant cette question, il prend le risque de la voir se retourner contre lui, Masael lui demandant probablement la même chose. Mais il n'en a cure. Il peut toujours essayer de trouver une excuse comme le fait qu'il voulait se changer les idées. Excuse pas totalement factice par ailleurs. Dire qu'il s'est perdu ne pourrait fonctionner puisqu'il y a là une récolte de bois, non loin de la jeune fille. Il pourrait tout aussi bien ne rien répondre, rester de glace et trouver une feinte pour engager la conversation dans un autre tournant. Toutefois, ce n'est pas cette question qui le taraude tant, qui laisse son esprit si éveillé. Non, ce qu'il se demande vraiment c'est où a-t-il rencontré cette fille ? Il se remémore seulement son prénom et que tous deux s'entendaient plutôt bien. A part ces éléments, le néant. Lui demander serait mal poli, surtout si elle, s'en souvenait parfaitement. Agacé de ne pas réussir à s'en souvenir, Traurigkeit préfère se concentrer sur la réponse de la demoiselle plutôt que de chercher dans les tréfonds de son esprit. Il se dit que cela reviendra. Sûrement. Qui sait. Quelques instants, il porte son regard sur le paysage qui s'étend devant lui. Cette vue le calme instantanément. Un léger sourire s'esquisse sur son visage.
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MessageSujet: Re: "La première rencontre est due à la chance...   Ven 13 Avr - 22:01

Traurigkeit laissa tomber un morceau de bois au sol. Un moyen de défense ? Il était excusable. Après tout, dans des endroits pareils on ne sait pas vraiment sur qui l’on va tomber. Un meurtrier. Une âme en détresse. Une jeune demoiselle en quête de vérité. Qui sait. « Bien sûr que je me souviens de toi... » Elle sourit. C’est un bon point. Se souvenait-il ou s’était déroulé leur rencontre ? Elle n’allait pas lui poser la question, elle pourrait passer pour une cruche avec sa mémoire de poisson rouge. « Tu comptais te défendre comment, avec ce misérable morceau de bois ? Je connais des mouches, qui sont sortis vainqueur d’un duel contre un morceau de bois. » Masael ricana, elle en avait besoin. De rire. De s’évader, penser à autre chose que la misère de ce pays. Et rire était certainement la meilleure des solutions. Encore faudrait-il que ce qu’elle raconte soit drôle. Ce qui n’est pas forcément le cas pour tout le monde. Il était vrai que la jeune femme avait un humour bien à elle. Pas forcément drôle, ni même naze. Mais potable. « T’es même pas drôle, la vieille. » Il ne manquait plus que lui. Elle était pourtant certaine de leur avoir dit de la laisser tranquille un moment. Pour une fois dans sa misérable vie. Il ne se passait pas une seule minute, sans que l’un d’entre eux viennes perturbés son humeur. Masael soupira doucement. Et remonta son écharpe jusqu’au nez, grelotant légèrement. Frottant ses mains entres-elles, avant de les portées à ses bras. Qu’elle tenta tant bien que mal de réchauffer avec les moyens du bord.

« Tu ne veux pas rentrer ? Tu dois être frigorifiée. Je ne suis pas sûr que cela t'aidera beaucoup mais tu seras quelque peu protégée du vent. » Elle ouvra légèrement la bouche, mais n’eut pas une seule seconde pour parler, qu’elle fut aussitôt attiré par Traurigkeit, un peu plus loin. A l’abri du vent glacial qui parcoure chaque parcelle du désert de glace. Elle se posa au sol, ses mains entre ses cuisses. Les gardant un minimum au chaud. Ne voulant en aucun cas perdre un doigt. On ne sait jamais. Tout peut arriver par un froid pareil, croyez-le ou non. On n’est à l’abri de rien. Même pas d’un meurtre. Elle ferma les yeux un instant, s’immergeant dans son propre monde. Ignorant le moindre bruit parasite autour d’elle. Pas un bruit à l’horizon. Juste son souffle, saccadé par le froid. Ses épaules, ses genoux, et le reste de son corps grelotaient au rythme des battements de son cœur. Ressentant le moindre des « boum boum » de son tout petit cœur. Etait-il capable d’aimer quelqu’un d’autre que sa personne ? Etait-il capable d’éprouver le moindre sentiment amicaux, ou plus envers les gens qui l’entoure ? Un si petit cœur, aussi malade, et mis à l’abandon. Peut-il aider. Peut-il venir en aide aux autres ? C’est ce qu’elle se demande, à longueur de journée. Peut-elle tomber amoureuse, trouver la personne qui fera danser la salsa à son organe qui la maintient en vie à longueur de journée. Masael rouvrit les yeux, et dirigea son regard vers Traurigkeit qui déposa son manteau sur ses épaules. Réchauffant son corps, du mieux qu’il pouvait. Elle sourit tendrement, et se recroquevilla sur elle-même. Mettant sa capuche sur sa tête pour cacher ses oreilles du froid. Le feu arrangeait les choses. Masael pris son courage à deux mains. Après tout, il l’aidait à survivre à ce froid. Autant l’aider en retour. Elle se redressa doucement, titubant ayant des fourmis dans les jambes. Venant se coller à Traurigkeit. « La chaleur humaine ne vaut pas tous les feux du monde entier. » Elle y était allé doucement, presque pour lui laisser le temps de dire « NON RECULES ! » Ses yeux se refermèrent une fois de plus. Soupirant longuement. Savourant se moment de chaleur. « Désolé mais ... Que fais-tu ici ? C'est peu commun de croiser des gens dans les parages. » Bonne question. Mais, qu’allait-elle répondre. Elle-même ne savait pas vraiment pourquoi elle était là. Ce n’était pas dans ses habitudes de venir dans de tels lieux. Aussi, insolites et dangereux. « Je ne sais pas vraiment. On va dire, que je suis ici pour me changer les idées. M’évader l’espace d’une journée de ce piteux monde. » Elle laissa une courte pause, et tout en frissonnant, continua. « Et toi, que fais-tu ici ? » Question stupide. Réponse stupide.

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