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 Retour aux sources [Pv. Drathir]
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MessageSujet: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Sam 7 Avr - 13:37

    Et le voilà de retour dans son élément. Jesper affectionnait tout particulièrement le quartier Nord. Le climat était tellement proche de son pays d'origine. Il y faisait froid, il y avait du vent et les paysage étaient enneigés, somptueux à ses yeux. Ses montagnes s'élevant sous son nez, magnifique. Pourquoi était-il ici ? Au départ, c'était pour soutenir une bande de Rafleurs qui comptait attaquer un nid de chimère. Il avait une position en retrait pour soigner ses compagnons. Mais bon, finalement, il n'y avait que deux chimères et une s'est échappée. L'autre a été capturé et un des Rafleurs s'est fait trancher une main. Un pansement compressif avait suffit dans un premier temps. Mais il avait environ, une chance sur dix de ne pas avoir d'infection. Et cela malgré les précautions de Jesper. Mais après tout, ceux qui sont dans la prison depuis longtemps ont développé certains anticorps. Mais ce n'était pas son cas.

    Une fois l'assaut terminé, les hommes retournèrent au Carrousel pour recevoir une pluie de compliment de leur supérieur. Quelle bande de cons. Jesper avait feinté ce périple en leur compagnie en leur faisant croire qu'il avait une autre mission dans la foulée mais il n'en était rien. Rapidement, l'infirmier se rendit au pied de la montagne. Il avait entendu parler de sources thermales. C'est sympa, il s'y rendait souvent, avant. Le jeune homme sourit en approchant des sources. On pouvait sentir la chaleur à plusieurs mètres. Durant la distance qu'il restait à parcourir jusqu'à l'entrée, son cerveau fit un flash-back. Beaucoup d'images de son passé resurgissaient.

    Une fois à la l'entrée, il salua le semblant de gérante et se rendit aux vestiaires. Jesper enleva ses vêtements un à un, les plia avec méticulosité et les rangea. Et oui, le pauvre, il était un peu névrosé, il déteste le désordre. Des serviettes plutôt dégueulasses étaient à disposition des gens. A contre cœur, il en pris une pour la mettre autour de sa taille et se dirigea vers les sources. La nuit s'approchait à grand pas, il y avait peu de monde et c'était plutôt une bonne nouvelle. Finalement, il entra dans l'eau et sentit rapidement le contraste avec l'air ambiant. Un frisson le parcourut quand son corps fut immergé. Doucement, il s'approcha d'une rocher, faisant office de rebord et s'y adossa, plongeant jusqu'à ses oreilles. Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres. Ses prunelles vermillons balayaient les sources jusqu'à ce qu'il repère quelqu'un. Un sourire se dessina instinctivement sur son visage. Sans plus attendre, il avança discrètement vers cette personne. A un mètre, il balança d'une voix calme.

    - Finalement, tu te laves de temps en temps. J'en ai douté suite à notre dernière rencontre, mauvais souvenir olfactif.

    La blonde était de profil, face à lui. Il sourit en attendant sa réponse cinglante. Avec Drathir, c'était toujours un plaisir de s'échanger des courtoisies.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Sam 7 Avr - 17:05

    Elle aimait cet endroit. Tout comme elle aimait la nature en général : se réfugier dans un arbre et écouter le bruit que fait le vent contre les feuilles. Escalader une montagne et sentir ses doigts geler sur place, sentir le vent glacial. Elle préférait tout ça à la ville. Et ce fut pour cela qu’elle prit la direction des montagnes. La toundra en elle même était une zone peu intéressante et la jeune femme n’y prêta guère attention. Du moins jusqu’à ce qu’elle arriva au pied de ces sommets enneigés. L’air était désormais bien plus frais et la neige commençait à s’accumuler. Dieu, ce qu’elle aimait cet endroit. Vêtue d’un épais pull noir et d’un jean, auquel venait s’ajouter de longues bottes qui lui arrivaient aux genoux, la jeune femme n’avait pas froid. Une personne normale n’aurait probablement pas craché sur un manteau bien chaud en plus, mais pas elle. La blonde n’était pas du genre frileuse. Elle finit donc par arriver au lac thermal. Elle aimait venir se baigner ici, bien que fraîche l’eau restait tout de même bien plus chaude que l’air ambiant, ce qui rendrait l’endroit agréable. Et peu de gens venaient jusqu’ici, de ce fait elle se retrouvait le plus souvent seule. Tant mieux, elle n’avait pas spécialement envie de se retrouver nue devant n’importe qui, et au moins elle ne risquait pas grand-chose en étant ainsi vulnérable.

    Arrivant sur les lieux en question, la jeune femme découvrit bien vite un homme qui se trouvait non loin des sources. Il patientait, droit comme un piquet, immobile. Il lui fit aussitôt penser à des contes pour enfant dans lequel un homme se trouvait sur un pont et demandait aux gens de payer s’ils voulaient passer. Ce fut pour cela que la blonde préféra le contourner, faisant un sacré détour au final, et ainsi parvenir aux sources sans avoir à payer quoi que se soit. Il s’agissait peut être d’une précaution inutile, mais ça ne lui coûtait rien de marcher un peu plus longtemps. Une fois près de l’eau, la rafleuse s’agenouilla et effleura le liquide du bout des doigts. Ces derniers étant glacés, ce simple contact lui fit un bien fou et elle lâcha un soupir de bien être. De plus comme il faisait nuit, il n’y avait personne. Tant mieux. Elle avait vraiment besoin de ce bain. Ces derniers jours avaient été mouvementés. On l’avait catapulté capitaine et elle avait du supporter ce crétin de Lancelot. De ce fait elle n’aurait pas supporté une soirée supplémentaire en compagnie de rafleurs surexcités qui ne désiraient qu’une chose : fêter allégrement une nouvelle victoire. Elle ne voulait nullement participer à ce semblant de fête puérile. Elle ne voyait pas en quoi tuer des gens méritaient qu’on se mette à boire ou se rouler dans l’or. Pour sa part, elle faisait son boulot et c’est tout. Le reste ne concernait qu’elle. Ce fut pour cela que quand un de ses comparses eu l’audace de lui demande où elle allait, la blonde l’avait gentiment envoyé chier en lui faisant remarquer que cela ne le regardait pas. Il pouvait toujours se plaindre auprès d’Hurle si cela lui chantait, ça lui faisait une belle jambe tiens.

    Après avoir jeté un coup d’œil autour d’elle, et après avoir constaté que personne ne se trouvait aux alentours, la jeune femme posa sur le rebord une serviette blanche qui lui appartenait, avant de commencer à se déshabiller. Posant ses affaires, sans prendre la peine de les plier, près de l’eau elle finit par pénétrer dans celle-ci, s’immergeant jusqu’au cou. L’avantage certain ici c’est que l’eau dégageait des volutes de chaleur, ce qui masquait aisément les formes de la blonde. Au pire, elle donnait l’impression de porter un haut pourvu d’un décolleté. Rien de plus. L’eau chaude lui fit un bien fou et un nouveau soupir de bien être lui échappa. Cependant son plaisir fut de courte durée. Une dizaine de minutes plus tard, ce fut une voix calme mais facilement identifiable qui la tira de ses pensées. La blonde avait tout juste eu le temps de faire quelques brasses, pour finalement revenir se poster non loin de l’endroit où elle avait déposé ses affaires, que quelqu’un venait déjà la faire chier. Jesper. Sérieusement, pourquoi lui ? Elle aurait largement préféré croiser Hurle ou Masael. Mais pas lui ! M’enfin, ça aurait pu être Lancelot et… et zut, adieu sa solitude. Evidemment l’infirmier se contenta d’une réplique qui se voulait acide, mais elle se contenta de soupirer en l’entendant. Elle n’était ni énervée, ni agacée. Juste lasse. Lasse d’être emmerdée. Ce fut donc sur ce ton qu’elle répliqua, daignant tout juste jeter un bref coup d’œil à son interlocuteur.

    « Alors je devrais peut être te trancher le nez, pour t’éviter ce genre de désagrément. Avant de te lacérer le visage pour m’amuser, et de te crever les yeux pour t’éviter de me regarder plus que nécessaire. »

    Elle lui jeta un regard assassin, témoignant enfin sa mauvaise humeur. Ouais, elle aurait tout donné pour une baignade tranquille et elle lui faisait clairement comprendre. Les prunelles vertes de la belle évaluèrent la silhouette du rafleur. Tout comme pour elle, il était impossible de vraiment déceler la silhouette, elle pouvait juste la deviner. Il était musclé, légèrement, comme pour la plupart des gens ici. C’était tuer ou être tué. Et pour survivre il fallait une certaine constitution physique. Repoussant ses cheveux en arrière, la blonde finit par soupirer et ajouter, fixant son interlocuteur dans les yeux.

    « T’es pas allé faire la fête avec les autres ? Il est pas trop tard tu sais, et ça me ferait des vacances. »

    A peine eut-elle prononcée ces mots qu’elle les regretta. Lui dire que sa présence la gênait était la pire chose à faire, car rien que pour l’emmerder, il resterait.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Sam 7 Avr - 22:42

    L'eau chaude était en train de faire monter sa température corporelle. C'est si bon d'être ici. Il n'hésiterait pas à revenir. Et si en plus, il pouvait y croiser Drathir pour l'emmerder. Jesper sourit franchement quand elle lui répondit de son ton las. Il transcrivait tellement de chose... La jeune femme devait être dégoûtée qu'il vienne gâcher son moment de détente. L'infirmier jubilait au fond de son être. Il venait de réussir sa première attaque. Maintenant, il faut bien maintenir ce rythme et ne pas laisser la blonde prendre le dessus.

    - Arrêtes, ça ne prend pas avec moi. Tu ne me feras aucun mal... Te regarder plus que nécessaire ? Pff, comme si je voyais quelque chose d'intéressant là.

    Sans être vexant, c'est pas faux. L'eau montait au niveau de ses épaules et la nuit tombante, il ne pouvait qu'imaginer sa silhouette. Jesper ne doutait pas que la jeune femme est un corps plus qu'agréable mais jamais, il ne lui dirait. Et puis quoi encore. Elle serait trop fière d'avoir un semblant de domination sur lui. L'infirmier avait partagé quelques missions avec elle. En bonne lèche botte du chef, elle avait une place un peu plus privilégié parmi les Rafleurs. C'est exagéré de dire que c'est une fayote. S'il y en avait une qui tenait tête au gourou, c'était bien elle. Le Danois en était d'ailleurs ravi.

    - Tu rigoles ou quoi ? Tu m'as déjà vu participé à leur beuverie ? Et puis... Je suis bien avec toi, là. Je sais que tu aimes ma compagnie mais tu n'oses pas me le dire...

    Alors que leurs regards se croisaient, le jeune homme se demandait sur quel sujet emmerdait Drathir. Il avait le choix, certes mais il voulait faire le bon. Jesper passa devant elle, très proche puis alla s'adosser aux pierres toute proche, face à la demoiselle. C'est étrange comme vision. Une si belle femme, ici, dans une prison. Et c'est encore plus étonnant en sachant ce qu'elle a fait et continue de faire. Combien de personnes a-t-elle tué ? Comment vit-elle avec ça ? Après quelques secondes de réflexion, il reprit ses esprits. Puis d'un revers de la main, il envoya une gerbe d'eau en plein dans la face de la blonde.

    - Hey, t'as tué combien de personnes aujourd'hui ? Des chimères ? Des femmes ? Des mères de famille ? Des enfants ?

    D'un côté, il ressentait de la haine envers elle et ses crimes. Comment pouvait-elle faire comme si de rien n'était ? Et d'un autre, il avait pitié d'elle. Passant sa main dans ses cheveux, il attendait une réaction de son amie. Un coup de vent passa sur son visage, un frisson le parcourut... La nuit rendait le vent plus vif. Il s'immergea alors jusqu'au cou. C'était risqué. Car c'était clairement une invitation à se faire noyer. Fronçant les sourcils, il ajouta à l'attention de Drathir. Sans même préciser de quoi il parlait, car il savait qu'elle y pensait. Bizarrement, ils pensaient souvent au même connerie.

    - Fais gaffe, je te surveille la blonde.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Dim 8 Avr - 8:44

    C’était un emmerdeur de première, rien d’autre. A sa première réplique, la jeune femme se contenta d’hausser un sourcil. Il pensait sincèrement qu’elle ne lui ferait aucun mal ? Certes, tant qu’il ne se mettait pas en travers de son chemin elle ne ferait rien, mais bien qu’elle sache pouvoir compter sur lui, il était hors de question qu’elle lui fasse entièrement confiance pour autant. Et il était hors de question qu’elle s’attache plus que nécessaire. Après tout il était sur la corde raide au sein des rafleurs, son refus de tuer était mal perçu par la plupart et cela pourrait lui jouer des tours un jour. Et puis dans une prison comme celle-ci, alors qu’elle cherchait à obtenir un semblant de liberté, valait mieux ne pas se faire trop d’amis. Quoi qu’il en soit la blonde décida de ne rien répondre, de toute manière si elle lui disait qu’elle était vraiment capable de lui crever les yeux, il ne la croirait pas. Etais ce de la naïveté ? Ou bien tenait-elle vraiment à lui ? Elle n’en savait rien, à priori elle dirait plutôt que c’est un suicidaire qui fait confiance à la mauvaise personne. Ils étaient probablement trop différents pour que leur semblant d’affection puisse se poursuivre. Du moins, c’est ce que pensait la rafleuse. Jesper enchaîna en signalant qu’il ne participait jamais à ces beuveries ridicules. Levant les yeux au ciel, la blonde répliqua, amère.

    « Il faut un début à tout. Qu’est ce qu’il y a, tu tiens pas l’alcool c’est ça ? Pauvre chéri… »

    Provocante, la jeune femme porta sa main à autour de la joue du rafleur et caressa cette dernière du bout des doigts. Ses prunelles vertes se plantèrent dans celles de son interlocuteur, et un sourire narquois vint orner le visage de la belle. Mine de rien, il avait ce don, ce don de transformer la colère de la demoiselle en une simple taquinerie. Ce n’était qu’un jeu entre eux, certes l’infirmier était parfois franchement agaçant, mais au fond ce n’était qu’un amusement. Et il le lui prouva quand, d’un revers de main, il l’aspergea. Dans un grognement agacé, la blonde lui renvoya la pareille, en y mettant un peu plus de cœur, et donc en lui aspergeant bien plus d’eau sur la tronche. Quoi qu’il en soit la conversation prit une tournure intéressante quand le jeune homme lui demanda combien de personnes, et de quel genre, elle avait tué aujourd’hui. Il jouait avec le feu. Il ne supportait pas qu’elle tue des gens, et pourtant il abordait le sujet. Il était fou. Le sourire de la belle disparut alors, laissant place à une mine sérieuse. Elle s’avança, se postant à quelques centimètres de son interlocuteur, elle prit soin de ne pas le frôler, et commença à répondre, d’une voix presque nostalgique, comme si le simple souvenir de ses meurtres la comblait de plaisir.

    « Pas de chimères cette fois non. Mais il y avait cet homme, un simple bâton en main, qui tentait de protéger sa famille. C’était franchement risible, je lui ai tranché la gorge alors que sa femme criait derrière lui, de même que leurs enfants. Puis sa femme a eu le droit au même sort. Les enfants se sont mit à s’agenouiller, à me supplier, je ne pensais pas qu’il était possible d’autant pleurer. J’ai d’abord tué le jeune garçon, il a tenté de se défendre du coup il a eu le droit à une dague en plein cœur. La fille en a profité pour s’enfuir, et jlui ai donc envoyé un couteau dans le dos. J’ai pas pris la peine de l’achever, j’avais d’autre chats à fouetter, je suppose qu’elle s’est donc lentement vidée de son sang. »

    Drathir vrilla son regard dans celui de son interlocuteur, et de nouveau elle caressa lentement sa joue avant de lui empoigner tout aussi délicatement le menton, le forçant à lever légèrement la tête pour qu’il la regarde bien. Ce fut à ce moment là que, toujours aussi sérieuse, la voix de la blonde siffla dans un souffle presque effrayant. Au fur et à mesure qu’elle parlait, un sourire narquois naissait sur ses lèvres.

    « Ne pose pas de questions dont tu ne veux pas connaître les réponses Jesper. »

    Elle se recula alors légèrement, jusqu’à ce que le rafleur lui dise de ne pas faire de bêtises. Elle haussa un sourcil avant d’esquisser un sourire innocent. Elle ne s’abaisserait pas à le noyer, ou du moins tenter. Elle avait bien d’autres moyens de le faire chier et c’est tout ce qui comptait. Si il s’immerger un peu plus, c’est bien parce qu’il avait froid non ? Le sourire de la belle se transforma légèrement, devenant bien plus provocant, malicieux. Elle avait une idée salace derrière la tête et elle ne se gêna pas pour proposer son plan au concerné. D’une voix mielleuse, remplie de sous entendue, la jeune femme ajouta, sans cesser de le fixer.

    « T’as froid chéri ? Tu veux que je te réchauffe peut être ? »
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Dim 8 Avr - 14:52

    - Ce n'est pas l'alcool qui me dérange, mais le participants. Les gens de ton genre quoi. Des moutons asservis.

    Qu'elle aille au diable. Pourquoi avait-elle toujours réponse à tout ? C'est sûrement pour cela qu'il l’apprécie tant. Mais c'est lassant, il imaginait bien qu'elle ressentait la même chose de son côté. Jesper n'avait mâché ses mots. Mais il le pensait réellement. Ces Rafleurs ne pensaient qu'à tuer sans savoir pourquoi, il le faisait. Complètement lobotomiser et galvaniser par les paroles d'un pseudo-chef. Vaut mieux détourner la conversation, la laisser croire qu'elle a un semblant de liberté. Quand l'infirmier vit la mine de Drathir changer, il se dit qu'il avait réussit. Avait-elle honte de ses actes ? Regrettait-elle ? Mais la blonde est plus maline qu'il n'y paraît. En un coup d’œil, elle l'avait vu venir et s'approcha de lui avant de détailler ses crimes en détails. En prenant plaisir à lui faire croire qu'elle prenait du plaisir à tuer. Jesper la fixa tout au long de son discours.

    - Arrêtes tes conneries.

    Mais rien n'y fait. La demoiselle continuait de détailler. Cette famille qu'elle avait décimer. L'infirmier était faible, il le savait. Cette sensibilité qui le rendait si vulnérable à certains moments. Ses yeux étaient plantés dans ceux de Drathir. Mais son esprit était ailleurs. Il se mettait à la place de chaque membre de cette famille. Pourquoi tant de haine ? Son cœur battait plus vite, sa mâchoire était crispé. Pour cette bataille, la blonde avait gagné. Jesper avait voulu jouer avec le feu et il se consume de l'intérieur maintenant. La jeune femme avait sûrement remarqué qu'il avait faiblit. Quel con. C'est lorsqu'il sentit la main de Drathir sur son visage qu'il reprit le cours de la réalité. Une femme pouvait être à la fois si douce et si cruelle ? Jesper était convaincu qu'elle était bonne, humaine et sensible. Malheureusement, il n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi, elle agit comme cela. Il sourit faiblement à sa dernière remarque. Puis il écarta sa main de son visage.

    - Tu me fais chié Drathir...

    Puis doucement, elle s'écarta, recula de quelques centimètres. Son regard changea du tout au tout. Comme si, en lui disant qu'il l'a surveillé, il avait éveillé une vile idée dans son esprit. Soupirant mais la fixant, il se détendit dans l'eau... Étirant ses membres. Devenant provocante, Drathir lui proposa de le réchauffer. Pour qui elle se prend ? Comme si elle était irrésistible. Décidément, elle ne doit pas croiser un miroir tous les jours. Amusé, le jeune homme se dit qu'il allait entrer dans son jeu en essayant de ne pas se faire avoir ce coup ci.

    - Tu me dois bien ça, c'est toi qui m'a refroidis à l'instant... Mais tu as l'air confiante. Tu penses en être capable ?

    Drathir semble certaine de pouvoir le faire craquer avec ses charmes. Et bien lui, il va résister. Un peu de frustration, cela ne lui fera pas de mal. Jesper se redressa alors, l'eau lui arrivant au niveau de l'estomac. Il passa ses mains sur son visage, s'essuya les yeux. Sa peau commençait à se friper avec l'humidité. Cela fait du bien de se sentir propre. Doucement, il s'approcha de la demoiselle, maintenant plus haut qu'elle. Tout proche, il sourit. Puis il lui remit une de ses mèches blondes en arrière. Le jeune homme la fixa quelques secondes puis il pouffa de rire, perdant son sérieux et se laissa tomber dans l'eau sur le côté, s'éloignant de la blonde, amusé.

    - Décidément, je n'arrive pas à garder mon sérieux avec toi...
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Lun 9 Avr - 11:30

    Les moutons asservis. La phrase la fit sourire. Il voulait probablement l’insulter de cette manière, mais cela ne marchait pas, elle savait parfaitement ce qu’elle valait et surtout elle savait que si elle faisait tout ça, c’était pour une bonne raison. Il ignorait tout des raisons qui ont poussé la belle à rejoindre les rafleurs, de ce fait il osait lui dire qu’elle était comme les autres. Un simple mouton, suivant aveuglement Hurle. Quelle idée. Il ne la connaissait pas très bien apparemment, la jeune femme faisait ce qu’il fallait pour atteindre son but, elle avait rejoint Hurle pour ça, et non pas parce qu’il se disait prophète ou une autre connerie du genre. Il servait ses intérêts, rien de plus, même si elle devait admettre qu’elle appréciait leur meneur, un minimum. Elle le respectait. Ce qui, d’après la blonde, n’était probablement pas le cas de Jesper. Mais elle n’osa pas aborder le sujet, cela était totalement inutile et ne mènerait à rien. Quoi qu’il en soit vint le moment où elle décrivit ses meurtres de la journée. Et elle ne mentait pas, enfin presque, en vérité elle avait bien achevé la petite fille. Drathir tuait, sans éprouver le moindre regret, mais elle minimisait la souffrance quand elle le pouvait. Elle ne prenait aucun plaisir à prendre une vie, elle se contentait de le faire correctement. Elle n’avait pas de temps à perdre, contrairement aux autres, à s’extasier devant une victime. Elle s’en moquait. La vie était ainsi, il y avait des forts qui tuaient les faibles. Elle l’avait appris très tôt. Peut être trop tôt.

    Quoi qu’il en soit elle avait vu juste, retenant un sourire, elle l’observa se crisper, alors qu’il tentait vainement de la faire taire. Il n’y arriverait pas. Il avait joué avec le feu, elle comptait bien le brûler avec. Ça avait toujours été comme ça non ? Emmerder l’autre, jouer avec ses sentiments, quitte à souffrir bien plus. Au final la blonde se demandait si sa relation avec l’infirmier ne deviendrait pas quelque chose de vraiment malsain avec le temps. Drathir finit tout de même par sourire, moqueuse, quand le jeune homme écarta sa main de son visage, tout en annonçant qu’elle le faisait chier. Evidemment elle fut satisfaite. Il était venu l’emmerder, et les rôles venaient de s’inverser, pour son plus grand plaisir. Maintenant il fallait continuer sur cette voie, parler de ce qui le dérange, l’énerve. Jouer avec le feu, quitte à se brûler elle aussi. Contre toute attente, alors qu’elle le provoquait, il se prêta au jeu, lui demandant si elle serait capable de le réchauffer. Le sourire de la rafleuse s’élargit lentement.

    Honnêtement, ce n’était pas bien difficile de faire craquer un homme, mais elle était surprise de le voir se rapprocher et se redresser. L’eau lui arrivait désormais à hauteur de l’estomac et la blonde eut tout le loisir d’admirer le torse de son interlocuteur. Ce qu’elle ne se gêna pas pour faire, accentuant par moment sa mimique appréciateur, juste pour lui faire croire qu’il était intéressant. En toute honnêteté, il était plutôt bien battit, mais c’était le cas de la plupart des hommes sur cette île. Comme quoi la prison a du bon parfois. Tout proche, il replaça une de ses mèches blonde derrière son oreille, garda le silence un moment, avant de se laisser tomber dans l’eau, sur le côté. Il riait maintenant. Au final elle n’en fut pas vraiment étonnée, c’était plus logique ainsi. Sauf qu’il essayait de lui faire croire que c’était de sa faute, Drathir se mit à ricaner, tout en lui jetant un regard en coin.

    « Et c’est de ma faute maintenant, mais bien sûr. T’es juste incapable de faire quelque chose de tes dix doigts. Incapable de tuer, comme d’aimer je parie. »

    Alors qu’il venait de s’éloigner légèrement, la blonde le rejoignit rapidement et ajouta, l’ombre d’un sourire aux lèvres.

    « Tiens je me demandais. Tu n’es pas comme moi c’est ça ? Tu n’es pas un mouton… Alors tu es quoi ? Un infirmier qui rejoins les rafleurs sans vouloir tuer qui que se soit, c’est peu banal quand même. »

    Et voila. De nouveau elle abordait les questions qui fâchent. Comme d’habitude elle espérait pouvoir en apprendre un peu plus mais elle ne se faisait pas trop d’illusions. Jesper se contenterait probablement de l’envoyer chier, d’une manière ou une autre, tout en signalant qu’elle commençait sérieusement à l’emmerder. Mais au fond elle se demandait sincèrement pourquoi il s’entourait d’autant de mystères. Il avait l’air d’être un mec bien, arrivé ici à cause d’une erreur judiciaire peut être. Que pouvait-il bien cacher de si important ? Quoi qu’il en soit, pour l’embêter un peu plus, la blonde lui envoya une mini vague d’eau à la figure, un sourire provocateur aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Lun 9 Avr - 15:32

    La phrase de Drathir tilta dans son esprit. Malgré l'affront qu'elle venait de lui faire, il ne pu laisser échappé un sourire. Décidément, la blonde ne se prend pas pour n'importe qui. En plus de se croire irrésistible, elle imagine pouvoir juger quelqu'un, sur sa capacité à aimer. Le plus amusant, c'était en connaissant cette femme. Elle passe ses journées à assassiner, torturer, massacrer, ridiculiser, faire chier. Et voilà que le mot « aimer » s'échappe de ses lèvres. Jesper a cru assister à un miracle durant quelques secondes. La grâce divine venait de toucher Drathir. Mais non, c'est impossible. Il n'avait voir son sourire sur son visage. Tout ce qu'elle dit, c'est pour le faire réagir. C'est un cercle vicieux.

    - Tu dis ça parce que je ne tue pas ? Tu penses que tu as dix doigts pour tuer ? Je vais t'apprendre une chose. On peut sauver des vies avec ces mêmes doigts. Apprends, tout dépend de tes valeurs dans la vie. Aimer... Ça me fait plaisir de t'entendre dire ce mot. Mais bon.

    L'infirmier n'avait pas du tout envie de s'étaler sur le sujet. C'était une pente glissante. Mais mine de rien, cela amenait la réflexion. Depuis qu'il est dans cette dimension, il sentit l'amour s'estomper. Est-ce qu'il en viendrait, à ne plus pouvoir aimer ? Comment finirait-il dans cette prison ? Tant de questions sans réponses. Et puis, il ne faut pas désespérer. Peut être qu'un jour, il rencontrerai quelqu'un de bien et ce sentiment pourrait renaître. Jesper plongea sa tête sous l'eau quelques secondes, histoire de rincer tout ça. Quand il remonta, la blonde lui posa rapidement une autre question. Qu'est-ce qu'elle a, aujourd'hui ? C'est ça journée de bonté ou quoi ? Depuis quand, elle s’intéresse à lui. Sentant la conversation graviter autour de sa personne et son histoire, le Danois décida de jouer un joker, comme à son habitude.

    - Pourquoi poser une question, à laquelle tu réponds ? Je suis un infirmier parmi les Rafleurs, je refuse de tuer. C'est pourtant simple, non ? Vu comment tu me considères, tu n'as pas besoin d'en savoir plus, je pense.

    En espérant que les choses soient claires. Jesper avait un sérieux soucis. Il refusait de parler de son passé. C'est bien trop facile de connaître les actes passés des gens, de les juger sans même les connaître. Pour lui, il avait fait table rase. Et généralement, le jeune homme faisait de même avec les autres. Il écoutait ceux qui en parlait mais ne fouiné pas. Simple respect que beaucoup n'ont pas, malheureusement. Au passage, il avait reçu une gerbe d'eau en pleine face. Recrachant ce qu'il avait eu dans la bouche, il s'approcha de la blonde, un sourire tendre aux lèvres.

    - Tout à l'heure, tu parlais d'amour... C'était peut être un message. Tu es en manque de tendresse ma pauvre Drathir ?

    Une nouvelle fois, l'albinos était tout proche de la jeune femme. Calme, il vient poser sa main sur sa joue comme elle l'avait fait quelques minutes auparavant avec lui. Avec une incroyable douceur, ses doigts glissèrent du coin de ses lèvres jusqu'à son oreille. Le contact était plutôt agréable et la blonde ne semblait pas réticente. Proche de son oreille, d'un geste rapide mais sans violence, il prit la nuque de Drathir et porta son autre main sur le haut de son crâne avant de l'enfoncer sous l'eau. Il tenait sa nuque pour ne pas qu'elle s'éloigne de lui. Dés qu'elle fut sous l'eau, il la lâcha et recula en rigolant. Pourquoi riait-il ? Il imaginait déjà la tête de l'autre en sortant de l'eau. Sur ses gardes, il s'installa de nouveau à sa place. Bon d'accord, c'était gamin comme action. Mais avec ça, il allait peut être lui faire oublier son envie d'en savoir plus sur lui. Il ajouta, tout sourire.

    - Alors, ça fait du bien ? Je parle bien sûr, de la tendresse que je t'ai offerte...
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Lun 9 Avr - 18:08

    Il jouait les héros. Il se faisait passer pour une personne noble, n’ayant que des bonnes intentions. Oh la blonde ne doutait pas du fait qu’il ne vivait que pour sauver des gens, elle se demandait tout de même pourquoi il le faisait. Etais ce un moyen pour lui de se racheter, à cause de crimes qu’il aurait commis dans le passé ? Ou bien juste pour rendre cette vie dans la prison meilleure ? Elle n’en avait aucune idée, et c’était dur de savoir étant donné que le rafleur ne parlait jamais de lui. Quoi qu’il en soit l’infirmier tenta de changer de sujet, en signalant qu’il était surpris de l’entendre prononcer un tel mot. Aimer. Le sourire de la blonde s’élargit lentement. Jesper la jugeait facilement dis donc. Certes elle tuait, en était-elle dépourvue de tous sentiments pour autant ? Ou bien ne se disait-il pas que, avant d’arriver ici, elle avait eu sa période d’innocence. Oh elle avait aimé oui. Mais elle avait compris qu’il s’agissait d’une erreur, et elle ne la referait plus. Drathir s’approcha un peu plus de son interlocuteur et glissa une main dans ses cheveux blancs. Cheveux qu’elle empoigna, sans lui faire mal pour autant, avant de lui pencher la tête, collant ainsi son front contre le sien. Vrillant ses prunelles vertes dans celles de son interlocuteur, la jeune femme lui susurra alors, d’une voix douce. Exquise. Qui contrastait avec la dureté de ses paroles. Elle le torturait un peu plus à chaque mot, du moins c’était le but recherché. C’était tellement malsain…

    « Mon pauvre Jesper. Et que crois-tu faire en jouant les infirmiers ? Tu sauves la vie des nôtres. Et pour chaque rafleur soigné, c’est un village qui prend feu, ce sont des filles qui se font violer sous les yeux de leur mère éplorée. Ce sont des familles entières qui meurent, parfois rapidement, mais surtout dans la souffrance. De temps en temps des jeunes garçons sont coincés dans leur maison alors que celle-ci brûle. Tout ça à cause des hommes que tu soignes. Au fond, tu n’es pas si différent de moi. »

    Alors elle se recula, sa main glissant de nouveau le long de la joue de l’infirmier avant de retourner dans l’eau, contre le corps de la demoiselle. Pourquoi faisait-elle ça ? Parce que c’était le jeu. L’infirmier tentait sans cesse de mettre en avant les qualités de Drathir, voulant lui montrer qu’elle était bonne et sensible, ce qui l’agaçait profondément. De son côté, elle tentait juste de lui montrer qu’il était un meurtrier, comme elle et que c’était un bel hypocrite qui disait apprécier – un minimum – le monde sans jamais s’ouvrir à lui. C’était à ce moment là, après avoir reculé, que la jeune femme avait envoyé sa gerbe d’eau. Eau que recracha bien vite le concerné avant de poursuivre, changeant de conversation pour se mettre à parler de la blonde, insinuant qu’elle était en manque de tendresse. Un sourire naquit sur le visage de la concernée. Oh de la tendresse elle pouvait en avoir, elle n’était donc pas le moins du monde en manque, mais ce n’est rien, il voulait juste jouer. Encore. Même s’il fallait admettre que pour le coup, il se débrouillait bien. Plus que bien même.

    En effet la main de son interlocuteur glissa le long de la joue de la blonde, avec une douceur qui était probablement feinte mais elle ne savait pas vraiment pourquoi. Cela ne la dérangeait pas, hormis peut être le sourire tendre qu’il arborait, un sourire qui la mettait mal à l’aise bien qu’elle faisait tout pour ne rien laisser paraître. Ses doigts vinrent effleurer la commissure de ses lèvres, ces mêmes lèvres s’étirant légèrement en un sourire amusé. Avait-il conscience qu’en jouant ainsi il pourrait obtenir tout ce qu’il voulait ? Oh non pas forcement avec elle, mais un bel homme qui sait jouer de ses charmes peut obtenir parfois beaucoup. Il n’en avait même pas conscience, et si c’était le cas, il ne se prêterait probablement pas au jeu. Il ne ressemblait pas à ce genre d’homme. Etais ce une bonne chose ? Elle l’ignorait. Quoi qu’il en soit elle fut surprise quand, finalement, il l’attrapa par la nuque pour lui mettre la tête sous l’eau. Il la lâcha bien vite mais le mal était fait. A peine sortit-elle la tête de l’eau, elle prêta que peu d’attention aux paroles qu’il prononça à cet instant, qu’elle passa à l’attaque.

    Depuis le début elle était restée près de son tas de vêtement, et cela lui permit de se venger. L’espace de quelques secondes suffit à la belle pour empoigner Jesper à la gorge et de le plaquer contre le rebord, de son autre main elle s’était déjà emparée de sa dague qui trônait au milieu de son tas de vêtements. L’infirmier se retrouva donc avec une dague contre la gorge. La pression que la blonde exerçait contre son cou était parfaite, suffisamment forte pour le dissuader de bouger, mais pas assez pour le blesser. Tout sourire ayant disparut, son visage était désormais empreint d’un sérieux presque effrayant. Elle prit la parole, d’une voix cependant assez tranquille, bien que teintée de ce même sérieux.

    « Et être menacé de mort, ça t’incites à m’en dire plus sur toi ou pas ? »

    Elle ne bougeait pas. Ayant été contrainte de se redresser légèrement, afin de menacer l’infirmier, on pouvait désormais un peu mieux apercevoir la silhouette de la blonde, on pouvait avoir l’impression qu’elle avait un décolleté, un peu profond. Mais honnêtement elle s’en foutait. Elle n’avait nullement l’envie de le séduire, et de toute manière elle restait persuadée que cela ne l’intéressait pas. Quoi qu’il en soit elle attendit une réponse, immobile et, peu importe ce qu’il finit par lui dire, la jeune femme daigna enfin ôter sa dague de son cou. Délicatement. Avant de la ranger dans son fourreau et de la reposer sur le tas de vêtements. Repoussant ses cheveux en arrière, la blonde finit par ajouter, sérieuse, mais sans le menacer pour autant comme elle l’avait fait précédemment.

    « J’ai toujours eu l’impression que t’étais un mec bien au fond, du genre à avoir pleins d’amis. Mais comment veux tu en avoir si tu te fermes à eux, en cachant des choses qui te tiennent peut être à cœur. Tu crois vraiment que quelqu’un ici va te juger ? On est en prison, au cas où tu l’aurais oublié. »

    Après un énième regard, presque las, Drathir finit par se reculer légèrement, replongeant entièrement son corps dans l’eau, cette dernière arrivant à hauteur de son cou. L’ombre d’un sourire naquit de nouveau sur ses lèvres, montrant que la conversation était close, s’il le désirait.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Mer 11 Avr - 18:07

    - Oh oui, j'adore quand on me tire les cheveux...

    Jesper sourit, très amusé. La jeune femme était proche de lui, tête contre tête. De sa voix langoureuse et plutôt sexy, elle remua le couteau dans la plaie déjà béante. Drathir avait totalement raison. Les gens qu'il soignait, c'était des barbares pour la plupart. L'infirmier ne prit pas la peine de le dire à son amie mais vu les conditions sanitaires de cette dimension, beaucoup ne survivait pas. Elle était en train de le culpabiliser, lui mettre les méfaits des Rafleurs sur les épaules. Mais Jesper n'était pas complètement naïf. Lui seul, avec toute la volonté du monde, ne pourrait pas modifié ce système. L’albinos avait les lèvres en feu, il souhaitait tout balancer à la blonde pour qu'elle se taise. Mais c'était risqué. Non pas qu'il n'avait pas confiance en elle mais les murs ont des oreilles. Que faisait-il lorsqu'il n'était pas en mission pour Hurle-au-Vent ? Il avait des contacts parmi les chimères. Il soignait de simples perdus ou natif dans les rues. Quand elle termina son discours, il haussa les épaules.

    - J'en ai bien conscience... Ma liberté à un prix. Mais tu sais, l'apparence est parfois trompeuse. Et je suis bien différent de toi.

    Prenant le jeu à cœur. Jesper essayait de faire faillir Drathir. La blonde jouait tout le temps de ses charmes, pourquoi pas lui ? Il n'avait pas la prétention d'être un bel âtre mais il n'avait pas à se plaindre, il n'était pas laid non plus. Chacun ses goûts de toute façon. Durant son petit manège, il avait vu que ça fonctionnait. Elle était même limite, mal à l'aise. Il faut dire que l'infirmier est sincère dans ses gestes et émotions, clair avec lui même. Si la caresse est tendre, c'est qu'il est tendre. Et il ne le cache pas, il apprécie ce genre de contact même pour un jeu. Mais stop. La demoiselle n'avait pas du tout mérité de la tendresse après son attitude blessante. Il lui réservait tout autre chose. C'est alors qu'il lui plongea la tête dans l'eau. La surprise était au rendez-vous, c'est tout ce qui comptait à ses yeux.

    Apparemment, la blague n'était pas du goût de mademoiselle. Elle prit la mouche et en une fraction de seconde, il se retrouva coincé. Sur le coup, une seule pensée lui vint à l'esprit. Oh la salope... Jesper, avec son expérience très limité des combats, n'avait rien vu venir. Tu m'étonnes qu'elle était gradée. Avec elle, le travail devait être propre. L'albinos savait qu'elle était talentueuse dans son art. Mais bon, c'est pas pour autant qu'il allait lui jeter des fleurs et la féliciter. Puis une pression s'exerça sur sa gorge. Baissant son regard, Jesper aperçut l'arme de Drathir. Le contact de l'acier était frais sur sa peau. La pression n'était pas assez forte pour le blesser mais assez pour qu'il sente battre les pulsations de sa carotide. La blonde ne sourit plus mais lui, si. Il était resté calme, bien que surprit. Sa tension n'augmenta même pas, il était toujours détendu.

    - Je n'ai pas peur de mourir Drathir. Ça me ferait juste chié de finir ici mais bon. D'ailleurs, si tu veux être sûr de m'achever rapidement, décales un peu ta lame sur la gauche.

    Dommage qu'elle ne soit pas plus grande. Il aurait pu avoir une meilleure vue sur sa superbe silhouette. Mais bon, l'heure n'était pas vraiment à la séduction et à la rigolade. Le jeune homme était persuadé qu'elle ne le tuerait pas de sang froid, comme ça. Mais le blesser, elle en était capable, juste parce qu'il l'énervait, comme toujours. Alors qu'il lui donnait un conseil pour tuer plus rapidement, elle était déjà en train de ranger sa lame. Juste pour ça. Décidément, elle aime qu'on la regarde. Puis par la suite, elle devient plus moralisatrice, il sourit.

    - Tu t'inquiètes pour moi ? Et ma vie sociale ? T'es gentille. Les personnes qui ne s'intéresse pas à mon passé, sont celles qui ont le potentiel pour devenir mes amis. Après, si tu as besoin de connaître le passé de quelqu'un pour devenir ami avec, c'est ton choix. N'en fais pas une généralité.

    La blonde s'éloigna puis replongea dans l'eau, sans un mot. Durant plusieurs secondes, un calme s'imposa dans les Sources. Puis lentement, il approcha de Drathir, passa derrière elle et posa ses mains sur ses épaules, sous l'eau. Le geste n'était pas brusque, au contraire. Doucement, ses doigts glissèrent vers sa nuque, il exerçait une légère pression, comme pour un massage. Son esprit s'était égaré et il finit par retrouver la parole. Le mouvement de ses mains étaient naturel, il n'y faisait même pas cas.

    - Pourquoi toujours ressasser le passé ? Il reste immuable, je n'en vois pas l'intérêt. Quand je suis arrivé ici, j'ai tout laissé derrière pour tout recommencer. Que peut bien apporter l'histoire de toute les personnes qui sont ici ? A part le jugement des autres ?

    Cette fois-ci, il n'allait pas la noyer. Il voulait juste discuter, savoir son point de vu.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Mer 11 Avr - 19:12

    Sa liberté avait un prix. Avait-il seulement conscience de ce qu’il venait de dire ? Et surtout, se pensait-il seul à rejoindre les rafleurs juste pour acquérir un semblant de liberté ? Il s’agissait de la première, et unique, raison de la blonde auprès de ses comparses. Elle ne tuait pas par plaisir, bien qu’elle s’amuse à lui faire penser le contraire, et s’il elle désirait inspirée la crainte c’est uniquement pour vivre tranquille. Seule. Quoi qu’il en soit, à peine avait-il prononcé ces paroles qu’un sourire naquit sur le visage de la blonde. Un sourire ironique, autant pour lui que pour elle en fait. La rafleuse prenait conscience que, bien qu’au fond ils s’appréciaient, ils ne savaient strictement rien l’un de l’autre. Elle était persuadée que lors de sa tirade, l’infirmier avait voulu la couper. Pour lui dire quoi ? Quelque chose qu’il n’aurait jamais voulu lui dire d’ordinaire, et qu’il ne lui avait pas dit même sous le coup de la colère. Ils se cachaient tout. Passé, pensées, sentiments. Ils se cachaient la vérité qui leur brûlait les lèvres. Alors au fond, étaient-ils si différents que ça ? Si tout deux désiraient la liberté, si tout deux se mentaient. Si… Non. Elle tuait, et pas lui. Il s’agissait peut être de leur seule différence, mais elle était majeure. Elle créait un fossé. Ce même fossé qui les empêchait de parler à cœur ouvert. Et alors qu’elle prenait conscience de tout ça, elle était presque désolée. Désolée devant ce fossé.

    Puis vint la fameuse noyade, et ce moment où la blonde se retrouva contre l’infirmier, une lame contre sa gorge. Elle aurait aimé le voir hésitant, effrayé, ou tout du moins méfiant. Elle aurait aimé le voir tendu, le voir attendre. Elle aurait préféré qu’il la craigne, plutôt que de le voir si tranquille, si confiant. Comme s’il était persuadé qu’elle ne lui ferait rien. Ou bien étais ce parce que, comme il semblait l’affirmer, il ne craignait pas la mort ? Il alla même jusqu’à lui donner un conseil pour aller vite. E réponse, Drathir se contenta de se mordre la langue, retenant ainsi le sourire qui menaçait d’apparaître sur son visage. C’est vrai, même s’il refusait de tuer, il devait connaître de nombreux points sensibles. Il aurait fait un formidable meurtrier. Quoi qu’il en soit, il ne lui avait donc rien dit sur lui. Elle avait eu sa réponse : un changement de conversation. Comme d’habitude. Elle rangea donc sa lame à ce moment précis, de toute manière il était inutile de le menacer plus longtemps. Il ne croyait pas à cette mascarade. Aurait-elle été capable de le tuer ? Non. Pas maintenant, pas pour si peu. Même si le sourire qu’il arborait maintenant avait le don de l’agacer, comme toujours. Comme à chaque fois qu’il avait raison ou qu’il était trop confiant. Avait-il confiance en elle ? Elle l’ignorait. Quoi qu’il en soit quand il prononça ces quelques mots, la blonde haussa un sourcil, avant de répliquer.

    « Alors tes amis seront forcement des personnes qui ignorent tout de toi… Et tu trouves qu’il s’agit d’une véritable amitié dans ce cas ? »

    Drathir n’était pas réputée pour son vaste raison de connaissance. Enfin, connaissances si, amitiés non. Pourtant quand, par miracle, elle devenait amie avec quelqu’un, ce n’était pas à moitié. Elle était humaine, tout simplement. Sa haine était pure, son ironie était pure. De même que son amour et sa confiance. Ils étaient certes durs à obtenir, mais une fois acquis ce n’était pas pour rien. En entendant ainsi Jesper, elle avait l’impression que même à ses amis, il ne dirait jamais la vérité. Ou alors que ses seuls amis seront ceux qui ignoreront tout de lui. Etais ce alors une véritable amitié ? A ses yeux, non. On pouvait cacher des choses à des connaissances, mais pas à des personnes aussi proches. Quoi qu’il en soit, pour appuyer ses propos et surtout pour ne pas paraître trop sentimentale, la blonde esquissa un sourire narquois. Montrant ainsi qu’elle se moquait de sa vision des choses. Mais peu importe, elle était déjà en train de s’éloigner légèrement. La conversation prenait décidément une tournure étrange. Et ils étaient officiellement lunatiques. Elle venait de le menacer avec une dague, et la voila qui reprenait la conversation comme si de rien n’était. Il l’avait à moitié noyé, et le voila qui s’avançait de nouveau vers elle, pour finalement la contourner et refaire preuve de cette même tendresse que lorsqu’il lui avait sourit.

    D’abord méfiante, elle s’apprêtait à lui déboîter le bras, jusqu’à ce qu’elle prenne conscience qu’il ne savait pas trop ce qu’il faisait. C’était naturel. Instinctivement il avait posé ses mains sur le dos de la blonde avant de remonter vers sa nuque. Bordel, tous les infirmiers avaient-ils le don d’être aussi doux ? Retenant un frisson, et un grognement agacé par la même occasion, la rafleuse décida de le laisser faire, soudainement docile. Bah, après tout le contact n’avait rien de déplaisant au contraire, et cette fois elle était persuadée qu’il ne tenterait pas une autre attaque. Ou du moins pas tout de suite. Au contraire il poursuivit leur discussion sur le passé et l’amitié. Voulait-il vraiment savoir ce qu’elle en pensait ? Réfléchissant à sa réponse, la jeune femme se pencha légèrement en arrière, reposant ainsi son dos contre le torse de son compagnon. Aussi naturellement qu’il était en train de masser sa nuque. Finalement elle reprit la parole, sérieuse.

    « J’estime que le passé fait partit intégrante de toi. Le connaître, ça permet de mieux cerner une personne, de savoir qu’est ce qui t’as poussé à faire telle ou telle chose. Certes ça peut revenir à une forme de jugement, mais ce dernier peut être positif après tout.Je peux comprendre que certains détails soient cachés à la plupart, mais pas la totalité de ton histoire merde ! Et les autres jugeront déjà ton caractère, comme les rafleurs qui pensent que t’es qu’une pauvre tarlouze parce que tu ne tues pas. Est-ce que pour autant tu t’empêches d’être toi-même ? »

    La main de la belle décrivait des cercles dans l’eau. Elle finit alors par tourner la tête, afin d’apercevoir l’homme contre lequel elle s’était appuyée sans trop lui demander son avis. Levant les yeux vers lui, elle ajouta d’une voix teintée d’ironie. Provocante.

    « Par exemple si tu me le demandais moi je te raconterais le mien. Je n’en ai pas honte, et ton jugement m’importe peu. »
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Sam 14 Avr - 9:48

    - Pourquoi résumer ce que je suis à mon passé ? Voilà bientôt quatre ans que je suis ici. Durant ces années, j'ai fais des choses, je n'en ai pas faite. J'ai dis certaines choses et je me suis abstenu parfois. Voilà ce qui fait ce que je suis. J'estime qu'une amitié peut être construite sur cette base. Pour certains, ça leur suffit. Pour les autres, tant pis...

    Ces paroles étaient peut être un peu dures. Mais c'est la vérité. Jesper pouvait citer plusieurs personnes, avec lesquelles, il était amis. Certes, c'est une minorité. Peu importe pour lui, il n'est pas du genre à vouloir un groupe de groupies. Drathir était aussi bornée que lui, la discussion ne mènerait sûrement à rien mais l'infirmier était décidé à débattre avec elle. Peut être que son esprit pourrait comprendre, ne serait-ce qu'un peu, sa façon de penser et d'être. La conversation semblait la gêner, dans un premier temps. Elle s'éloignait, mimait un sourire étrange. Raison de plus pour Jesper de creuser. Voulant faire preuve de diplomatie, le jeune homme tenta une approche plus douce. Ses mains parcouraient les épaules et la nuque de la blonde. Un semblant de massage qui semble faire son effet.

    - Détends toi va, je vais pas te sauter dessus.

    Il sourit. La jeune femme se laissa aller contre lui. Durant un court laps de temps, l'infirmier se dit qu'il était en très bonne posture pour tuer Drathir. Il pouvait parier tout son argent qu'il y arriverait. En ce moment même, elle ne se méfiait pas du tout de lui. Avait-elle un brin de confiance ? Après tout, personne ne sait rien de lui. Est-ce un masque qu'il porte ? Son comportement est-il un spectacle ? Qui sait. Reprenant le fil de la conversation, il écoutait avec attention la demoiselle qui s'appuyait contre lui. Il ne pu retenir un sourire quand elle lui dit qu'il était prit pour un lâche par les Rafleurs.

    - Je ne suis pas idiot. Je sais bien ce qu'on pense de moi. Mais en attendant, j'ai ma place dans le groupe. Tu penses vraiment que tout le monde raconte son passé Drathir ? Nous n'avons qu'une version de l'histoire, pas du tout objective. C'est si simple de raconter des histoires... Je pourrai m'inventer un passé comme tant d'autre et le ressortir à tout le monde. Mais je ne suis pas comme ça. Je préfère ne rien dire que de renier ce que je suis.

    Dans le fond, ils avaient tout les deux, une position défendable. Jesper soupira légèrement alors que ses doigts appuyaient sur les articulations de Drathir. Que pouvait-il faire de plus pour la convaincre que c'était son choix ? Et qu'elle puisse le comprendre, un minimum. Décidément, il se prenait bien la tête pour elle. Pourquoi d'ailleurs ? Il ne le sait même pas. Puis la belle tourna la tête et plongea ses yeux vert dans les siens. Le provoquant, une fois de plus. Tenait-elle vraiment à ce qu'il lui demande. L'infirmier sourit puis une de ses mains remonta le long du cou de Drathir. En fait, il suivait le chemin de son artère. Délicatement, il vint caler sa main sur sa joue. Il approcha son visage de la blonde. Ne quittant pas ses yeux, ses lèvres effleurèrent celles de la jeune femme. Mais rapidement, il dévia et posa un baiser, tendre, sur son front.

    - Je ne peux pas te demander quelque chose que je ne peux te donner.

    Jouait-il avec elle ? Au début, c'était son intention mais maintenant, il se perd. De toute façon, c'est toujours pareil avec la blonde. Au départ, ils font tout pour énerver l'autre et le frustrer et au final, ils sont prit dans leur jeu. C'est pour cela que Jesper est partagé entre la colère et la joie quand il la voit. Drathir réveille trop d'incertitude en lui et c'est ce qu'il déteste le plus au monde, l'incertitude. Le Danois aime tout maîtriser, en particulier ses émotions. Tout doit être comme il le veut. Mais elle, elle le déstabilise souvent. Foutue Drathir. Naturellement, il avait reprit ses massages. Ses mains étaient maintenant au niveau des omoplates de la jeune femme. Il sourit.

    - Je n'imaginais pas que tu pouvais être si détendue parfois... Tu sembles tellement méfiante, toujours sur les gardes. En tout cas, tu as le dos bien musclé, c'est effrayant...
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Sam 14 Avr - 12:12

    Quatre années passées ici, étais ce suffisant pour remplacer tout ce qu’il a pu vivre avant ? Certes sa vie dans la prison l’avait forgée, mais pas autant que sa vie antérieure, pas autant que ce qu’il avait vécu dans son pays natal. Quel était-il d’ailleurs ? Elle n’en savait rien, elle ignorait tout de lui. Si elle lui demandait, lui dirait-il d’où il venait ? Lui dirait-il s’il avait des frères et sœurs ? Ou étais ce genre de détails qu’il souhaitait passer sous silence, comme tout le reste ? Bah, la blonde se posait trop de questions. Et qu’est ce qui la frustrait autant, le fait de ne pas avoir de réponses à ses questions ou bien… Non, mieux vaut ne pas y penser. Ce qui la fit légèrement sourire, ce fut quand il précisa que cette absence de réponse convenait à certains, devenant parfois les amis de l’infirmier, et les autres pouvaient donc crever dans leur coin. Et elle, pouvait-elle crever dans son coin également ? La jeune femme n’avait pas l’impression d’être dans le même panier que les autres pour autant. Peut être parce qu’ils se détestaient presque autant qu’ils s’appréciaient. Quoi qu’il en soit elle ne trouva rien à répondre à sa première phrase. Il n’y avait rien à dire, elle ne le ferait pas changer d’avis, et c’était bien dommage. La conversation vira finalement, et l’albinos la rassura en lui disant qu’il n’allait pas lui sauter dessus. Un sourire narquois vint orner le visage de la belle qui répliqua aussitôt, moqueuse.

    « Pour ça je m’inquiète pas, t’en serais incapable. »

    C’était toujours l’impression qu’elle avait eu. Qu’il serait incapable de la tuer, tout comme il serait incapable de l’aimer – même l’espace d’une nuit – sans trop savoir pourquoi elle pensait ça. A ses yeux, l’infirmier était soit gay, soit nullement intéressé en général, alors pourquoi s’intéresserait-il à elle hein ? Et la demoiselle estimait que si elle était incapable de lui faire vraiment du mal, alors il en était de même pour lui. Il s’agissait peut être d’un raisonnement idiot et naïf, mais elle s’y fiait, tout simplement. Mais évidemment elle ne lui dirait jamais une telle chose. Elle pouvait parler de son passé sans retenue, mais c’était bien différent quand il s’agissait de ses sentiments. Au fond c’était l’opposé de Jesper, lui semblait capable de dire ce qu’il ressentait, contrairement à elle. Ils étaient différents, totalement, et apparemment trop pour avoir une conversation sans se sauter à la gorge, une conversation où ils seraient d’accord. Retenant un soupir, elle réfléchissait trop, la rafleuse se contenta de reprendre leur discussion initiale, à laquelle il répondit tout d’abord par un sourire, avant d’enchaîner.

    Non, il n’était pas idiot et savait parfaitement qu’il avait sa place, bien qu’il soit très mal vu des autres rafleurs. Et il avait raison sur le fait que beaucoup pouvait raconter des conneries, et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle n’évoquait pas le passé des autres, ou rarement. Mais pour Jesper c’est différent, elle pensait – peut être à tort – qu’il ne lui mentirait pas. Il n’était pas ce genre d’homme, elle l’avait toujours vu comme quelqu’un de franc et sincère. Sincère dans ces mots, ces sentiments. Alors s’il lui avouait quelque chose, elle estimait qu’il s’agirait probablement de la vérité. L’infirmier finit sa tirade en annonçant qu’il préférait se taire, plutôt que de renier son histoire. Aux yeux de la blonde, il s’agissait d’un paradoxe. Aussi décida-t-elle de lui en faire part, d’une voix tranquille. La voix de celle qui pense avoir raison, mais qui n’essayera pas de vous faire changer d’avis. Elle exprimait juste sa pensée, sa conviction.

    « Pour moi, se taire revient à tout renier. Et... »

    Elle se tut. Bordel. Elle détestait discuter avec lui, car c’était dans des moments comme celui qu’elle prenait conscience qu’elle n’avait rien à dire. Qu’elle ne pouvait rien dire. Comment osait-elle annoncer que le silence revenait à renier, alors qu’elle était elle même incapable de dire à quelqu’un qu’elle l’appréciait. Elle reniait constamment ses sentiments, et elle se permettait de lui faire la morale. Retenant un grognement agacé, la jeune femme ne poursuivit donc pas sa phrase et se contenta d’hausser les épaules. Et pour éviter de penser à tout ça, elle décida de tourner la tête pour observer son interlocuteur, un sourire narquois ornant de nouveau son visage, et elle le provoqua. Evoquant son propre passé. Et en réponse à cette provocation, elle eut juste le droit à un mince sourire, ce qui suffit à faire disparaître le sien. Cela ne présageait rien de bon. La main de l’albinos remonta le long de son cou, suivant avec précision une artère. Il ne tuait pas, mais savait où frapper. Et pas que physiquement, ses coups pouvaient être psychologique, surtout avec elle, c’était si facile… Et il le prouva encore.

    Sa main poursuivait sa route, jusqu’à se poser délicatement sur sa joue. Elle dut retenir un frisson. Elle détestait tant de tendresse, et ce fut pire encore quand l’infirmier approcha son visage du sien. Elle n’avait pas peur, savait qu’il ne ferait rien. Il était incapable de l’aimer. Alors qu’elle s’attendait à ce qu’il dévie brutalement, pour finalement éclater de rire, il en fut finalement tout autre. Ses lèvres effleurèrent celles de son interlocuteur, et ce dernier finit par les poser sur le front de la belle. Dans un baiser abominablement tendre. Elle avait envie de le frapper. Sa main, dans l’eau, devint poing. Elle le détestait. Il la mettait vraiment dans tous ses états. Probablement parce qu’il était le seul à s’autoriser tant de proximité et de douceur sans forcement réclamer quelque chose en retour. Il ne voulait ni passer une nuit avec elle, ni se servir d’elle pour atteindre un objectif quelconque. Et c’était toute sincérité qui la perturbait. Mais il était hors de question d’être la seule dans ce cas, hors de question qu’elle soit la seule à être tourmentée. Ce fut pour cela que, après un court silence, la rafleuse vrilla ses prunelles dans celles de l’albinos avant de demander, sincèrement mais toujours avec cette pointe de provocation. Elle voulait qu’il se pose des questions lui aussi, tout comme elle.

    « Dans ce cas, que pourrais-tu m’offrir Jesper ? »

    Jouait-elle avec lui ? Non, pas vraiment. Il s’agissait d’une forme de vengeance, pour tout ce qu’il – inconsciemment peut être – lui infligeait depuis le début. Elle ne savait vraiment pas comment définir leur relation, hormis qu’elle trouvait ça vraiment malsain par instant. Comme si c’était à celui qui gênera ou blessera le plus l’autre, tout en restant là pour lui. Et à cause de ça, il n’était pas un ami, ni un ennemi non plus. Alors qu’était-il ? Elle n’en savait rien – décidément elle ne sait pas grand-chose avec lui – et le concerné se contenta de renforcer ses incertitudes. Reprenant son massage, la demoiselle nota qu’il avait descendu d’un cran, il sourit et lui signala qu’elle était incroyablement détendue pour une fois, moins méfiante. Etait-il vraiment obligé de lui signaler ça ? La demoiselle réagit d’instinct, comme s’il s’agissait d’une agression contre sa personne, elle se crispa aussitôt et détourna bien vite le regard, se laissant de nouveau aller contre son interlocuteur. Mais plus tendue. Elle répliqua, moqueuse.

    « Ce serait bien mieux si tu n’étais pas là. Et quoi, il te plaît pas mon dos ? »

    Tournant de nouveau la tête, la jeune femme porta sa main à hauteur du visage de l’infirmier et vint caresser sa joue du bout des doigts, jusqu’à son menton. Vrillant ses prunelles dans les siennes, la blonde ajouta dans un murmure à la fois chaud et moqueur.

    « On dirait pas pourtant… »

    Ce ne fut qu’à ce moment là qu’elle se détendit de nouveau. Elle allait tout de suite mieux quand c’était à son tour de répondre. Ses répliques l’apaisaient, lui donnaient le sentiment d’être au dessus de toute pique qu’on pourrait lui lancer. Mais cette certitude volait en éclat quand il reprenait la parole.Il avait ce don de la mettre dans tous ses états.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Mar 17 Avr - 9:26

    Plus le temps passait dans ces Sources, plus la situation était étrange. Imaginez vous être spectateur de cette scène. Deux individus qui se cherchent tout d'abord puis qui vont jusqu'à vouloir blesser l'autre. Et maintenant, ils sont à une proximité qui frôle l’ambiguë. Jesper n'avait pas ce recul dans l'instant. A vrai dire, c'est toujours comme cela avec Drathir. Et puis, il est trop occupé à réfléchir. La blonde aime jouer avec lui. Et lui, il aime se prendre au jeu et le lui rendre. Mais souvent, comme maintenant, il commence à s'y perdre. Et au final, ça ne donne rien de bon, malheureusement. Et voilà qu'elle revenait à la charge.

    - Pourquoi penses-tu ça ? Je suis sûr que tu as peur. Peur d'être faible, au point de laisser quelqu'un t'aimer. Surtout si c'est moi.

    C'est vrai après tout. Jesper, celui qu'elle détestait, qu'elle voulait toujours rabaisser. Si elle le laissait l'aimer, rien qu'un petit laps de temps. Ce serait une déshonneur pour elle. Et le pire, ce serait qu'elle aime, sa façon de l'aimer. Rien qu'à cette pensée, l'infirmier sourit. Comme si c'était possible. Comme quoi, cette prison rend dingue. Si vous aviez connus le jeune homme, avant son arrivé. Se taire revient à tout renier. C'est une façon de voir les choses, qui n'est pas la sienne. Après tout, chacun ses valeurs. Ils venaient probablement de pays différents. La culture est différente. C'est peut être, une des raisons qui fait, qu'ils ne s'entendent pas. Et puis, il y a l'éducation et l'expérience de la vie. Ça change un homme, ça. Il soupira légèrement.

    - Je respecte ta façon de voir les choses, moi.

    C'était dit. Depuis le début, c'est elle qui cherche à lui faire changer d'avis, à lui montrer qu'il a tort. De son côté, il n'a jamais rien demandé à Drathir. Il essaye juste de lui montrer qu'il n'a peut être pas tort et que c'est sa façon de penser. Mais il avait un respect pour la demoiselle. Ce qu'elle n'avait pas du tout pour lui. Elle pense avoir raison et avoir la meilleure façon de penser. Et après, c'est lui qui n'a pas l'esprit ouvert.

    Le jeune homme ne savait pas vraiment pourquoi, il avait réagit ainsi. Pourquoi s'était-il approché si près d'elle ? Pourquoi avait-il été la provoquer à la limite du baiser ? Bizarrement, il n'avait pas de réponse concrète. C'est juste la situation. Drathir s'était tourné vers lui, ses yeux plongés dans les siens. C'était une belle vision de la blonde et il avait envie de faire ce geste. C'est là, qu'il commence à se perdre. Et s'il n'était pas si indifférent qu'il le pensait ? Non, ce n'est pas possible. Il n'avait pas le droit. Elle ne pouvait pas gagner, encore. C'est pour cela, qu'au dernier moment, il l'embrassa sur le front. Mais il était bel et bien partit pour l'embrasser tout court. Foutue Drathir. Mais il avait sentit, une réaction de la part de la belle. Comme quoi, il n'était peut être pas seul, dans le flou. Et comme si elle se doutait de tout, elle l'acheva avec une de ses questions.

    - Tu tentes d'abuser de moi ? Tu sais très bien que je ferai mon possible pour offrir à ceux que j'apprécie, ce qu'ils veulent. Tant que ça reste compatible avec mes valeurs.

    Bon, la réponse était très limite. Lui même, ne savait pas quoi répondre. Ce qui est vrai, c'est sa générosité. Si Drathir lui demande un service, correct, il le lui rendrait. De même s'il avait besoin d'aide pour quoi que ce soit. Mais quand elle lui posa la question, il l'avait ressentit tout autrement. Entre les lignes, il cru comprendre qu'elle lui demandait s'il était capable de lui offrir de l'amour. Contrairement à ce qu'elle pense, il en est capable. Jesper était convaincu qu'il pouvait aimer Drathir. Pourquoi ? Déjà, parce que son caractère lui plaisait. Parce que son physique était loin d'être repoussant. Mais l'infirmier s'était refusé de se perdre encore une fois, dans l'amour. Surtout avec elle. Elle le détruirait... Et s'en amuserait. Sur ce sujet, Jesper était fragile, il le savait.

    Alors que ses pensées étaient très occupées, le jeune homme passait ses doigts le long de la colonne vertébrale de son amie. Il sentait ses muscles, saillant. Elle serait un beau modèle pour apprendre l'anatomie. Au moins, on pouvait apercevoir l'emplacement exact de chaque muscle. Et encore, elle était détendue, imaginez là, bandant tout ça. Jesper laissa échapper le mot « effrayant » mais ce n'était pas péjoratif. C'était surtout pour appuyer le fait, que ses coups devaient être dévastateur et donc, effrayant. Mais suite à sa remarque, elle se raidit immédiatement. Drathir déteste quand on lui dit qu'elle était en état de faiblesse. Puis elle laissa entendre qu'il aimait son dos. Ce qui le fit sourire.

    - Je n'ai rien dis. Il ne me déplaît pas ton dos... Le reste non plus. Mais arrêtes de chercher des compliments, tu es la mieux placé pour connaître le potentiel de ton physique.

    D'ailleurs, elle en joue souvent. Drathir est belle. C'est un fait. Mais Jesper ne lui ferait jamais le plaisir de le lui dire ouvertement. Pourquoi ? Parce qu'elle le sait et que ce serait trop lui faire plaisir. Et puis quoi, encore. Les mains de l'infirmier glissèrent encore, passant des omoplates aux reins de la blonde. Il massait le bas de sa colonne ainsi que ses flancs. Là, il se dit qu'il devait peut être stoppé le jeu. Sinon, ça finirait par ne plus en être un. Surtout qu'elle était en train de le regarder, lui caresser la joue. Alors qu'elle se détendait de nouveau, sa mains se posèrent fermement sur sa taille.

    - Je crois que tu as assez abusé de mes mains, non ? Dire que tu m'en fous plein la gueule et moi, je t'offre un massage dans les Sources. Je suis vraiment con. Mais j'ai remarqué que tu as des cicatrices... Parfois proche des points vitaux. Tu les connais tous ?

    Ce n'est pas faux, ce qu'il venait de lui dire. Il avait sentit une cicatrice proche de l'omoplate. C'était pratiquement l'axe du poumon. Indirectement, Jesper lui proposait son aide pour qu'elle se protège un peu mieux. Il s'attendait à une veste énorme. Après tout, il insinuait qu'elle manquait de connaissances... Mais bon, à elle de faire la part des autres. Et puis, en sachant comment se protéger, on sait mieux où frapper chez l'adversaire. Il y a de nombreuses artères, découverte qui peuvent rapidement tuer un homme. Le corps est à la fois résistant mais tellement fragile... Alors qu'il lui proposait cela, ses yeux restaient plongés dans ceux de la blonde, leur visage toujours aussi proche et ses mains sur sa taille. Il avait besoin d'un peu de distance, par peur de se perdre vraiment.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Mar 17 Avr - 13:01

    Elle ne supportait pas ces moments. Ces instants où il semblait lire en elle comme dans un livre ouvert, avec une aisance frustrante. Etait-elle aussi prévisible, ou était-il juste particulièrement perspicace ? Probablement un peu des deux. Oui elle avait peur, peur d’aimer ou d’être aimé. Ça rend faible, ça fait souffrir inutilement. Les bons sentiments sont pour ceux qui ont du temps à perdre, ou ceux qui ont suffisamment de courage pour prendre le risque de voir les êtres qu’ils aiment disparaître. Pour sa part elle n’avait pas ce courage, et s’en moquait pas mal. Elle préférait haïr les gens, plutôt que de les aimer. C’était plus simple à vivre, surtout que si la haine vient à s’estomper, c’est rien, elle reprendra sa vie tranquillement. Or quand on a aimé, c’est beaucoup plus problématique. Et serais encore plus dur s’il s’agissait de Jesper ? S’il se mettait à l’aimer, serais ce plus difficile pour elle que s’il avait s’agit d’un autre ? Oh que oui. Parce qu’il semble tellement sincère, dans tout ce qu’il fait. La blonde était habituée à voir les gens servir leurs buts, si bien qu’on ne sait plus vraiment démêler le vrai du faux. Avec l’albinos, c’était différent, mais il était hors de question qu’elle le lui dise. Il se sentirait important, ce qu’elle ne souhaitait pas. Elle voulait l’agacer, elle voulait probablement qu’il la déteste ou la méprise comme tous les autres. Elle ne voulait pas de son amour, car elle ne saurait quoi en faire.

    « Pourquoi toi plus qu’un autre ? »

    Bizarrement elle n’avait pas pris la peine de nier ces précédents propos. Libre à lui de penser ce qu’il voulait, elle aurait beau vouloir le convaincre du contraire, il ne la croirait pas. Alors à quoi bon ? Et si elle se mettait à débattre sur le fait qu’elle est oui ou non peur des sentiments, les siens ou ceux des autres, elle finirait par s’énerver. Par se trahir. Alors elle avait juste posté une autre question en retour. Elle voulait avoir son avis sur la question, oui, pourquoi lui plus qu’un autre ? Qu’avait-il de plus, ou de moins. Mais l’infirmier finit par enchaîner, affirmant qu’il respectait sa façon de voir les choses. La blonde esquissa un sourire amusé devant l’insinuation, alors ainsi elle ne respectait pas son choix ? Bien sûr que si, et de manière générale il fallait avouer qu’elle le respectait tout court. Mais comment pouvait-il le savoir. Ses pensées devenaient convictions, et de ce fait on la pensait intolérante. Au fond elle laissait bien les autres penser ce qu’ils voulaient, elle leur aura dit franchement sa façon de voir les choses, après libre à eux de faire ce qu’ils voulaient. C’est bien pour cela qu’elle n’avait plus évoqué le passé de l’albinos, ils avaient eu une discussion là-dessus, elle n’avait mené à rien. Soit.

    Etait alors venu ce fameux baiser, enfin celui sur le front tout du moins. Et alors elle avait voulu savoir ce qu’il pouvait lui offrir. Il ne s’agissait nullement d’une invitation, ni d’un sous entendu concernant ses propres sentiments. Elle ne voulait savoir qu’une chose, ce qu’il pensait lui, ce qu’il ressentait lui. S’il était capable de deviner les peurs de la demoiselle, elle n’était pas aussi perspicace et se devait de poser des questions pour comprendre. Elle parvenait mieux à déceler des sentiments dans une voix, cela sonnait comme une évidence à ses yeux. Il en était de même quand il s’agissait d’un regard ou d’un geste, bien que parfois elle fasse exprès d’ignorer les messages qu’on pouvait lui transmettre ainsi. C’était tellement plus simple de faire comme si de rien n’était. Quoi qu’il en soit la réponse de son interlocuteur ne lui apporta rien. Il esquivait la question et la jeune femme ne se gêna pas pour le lui signaler, d’une voix à la fois tranquille et tranchante. Elle ne se contenterait pas d’une réponse aussi facile, et aussi éloignée de la question de départ.

    « Je ne te demande pas ce que tu ferais pour les autres. Mais ce que tu ferais pour moi. »

    Elle se moquait totalement de la manière dont il pouvait se comporter avec les autres, la manière dont il pouvait leur parler. Egoïste, la seule chose qui l’intéressait c’était elle. La façon dont il la percevait, dont il la jugeait. Comment la voyait-il, et par conséquent que ferait-il pour elle ? Que pouvait-il lui offrir ? Drathir tournait toujours le dos à son interlocuteur, peut être étais ce pour cela qu’elle ne pouvait deviner ces pensées que lorsqu’il parlait, à défaut de pouvoir le voir. Quoi que, actuellement elle pouvait le sentir. Alors que les mains de l’infirmier continuaient de vagabonder sur le dos de la blonde, désormais à hauteur de ses omoplates. L’espace d’une seconde elle songea à la cicatrice qui lui barrait le dos mais ne s’en soucia pas plus que ça, il s’agissait d’une marque comme d’une autre. Elle s’était donc amusée à lui signaler que son dos semblait pourtant lui plaire. Ayant tourné la tête, la rafleuse avait ancré ses prunelles dans celles de son interlocuteur, caressant sa joue du bout des doigts, dans un geste à la fois délicat et distrait. Jesper reprit alors la parole, annonçant que rien ne lui déplaisait. Le sourire de la blonde s’élargit lentement, amusé. Elle voulut répliquer mais se retrouva muette quand les mains de l’albinos descendirent encore un peu, arrivant à hauteur de ses reins. Il fallait avouer qu’elle ne l’avait jamais connu aussi audacieux, ou bien étais ce vraiment naturel de par sa condition d’infirmier ? Ça lui semblait peu probable. Ces mêmes mains finirent par se poser sur sa taille, pour ne plus bouger.

    Il lui signala alors qu’elle était en train de profiter de lui. Ce n’était pas totalement faux, le contact était loin d’être désagréable, surtout en ce moment. Elle ne saurait dire ce qui était le plus chaud, l’eau ou bien ses mains sur sa peau. Quoi qu’il en soit la blonde sauta bien évidemment sur l’occasion. La main qu’elle avait posé sur sa joue remonta finalement et vint se nicher dans la chevelure de neige de son interlocuteur. Au même moment elle s’était à moitié retournée, désormais de profil, les mains de l’infirmier avaient glissés dans le même temps, l’une se retrouvant dans le dos de la belle, et l’autre sur son ventre. Sans que cela ne semble la gêner le moins du monde. Ce ne fut qu’à ce moment là qu’elle murmura alors, légèrement moqueuse.

    « Abuser de tes mains ? Je me demande lequel de nous deux y prend le plus de plaisir. »

    Elle se demanda alors si, pour la contredire, il irait jusqu’à retirer ses mains. Ce que, au fond, elle ne souhaitait pas. Ce fut pour cela que sa main libre se posa par-dessus de celle de l’albinos qui se trouvait sur son ventre. Elle daigna enfin se soucier du reste de la phrase de son interlocuteur. Les points vitaux hein ? Elle ne pouvait pas se vanter d’être une experte en la matière, ce fut l’expérience, bien plus que la théorie, qui lui a appris tout ce qu’elle sait aujourd’hui. Il ne serait donc pas étonnant qu’elle ait quelques lacunes, et encore une fois cela lui donnait une bien belle occasion, une occasion qu’il ne fallait louper sous aucun prétexte. Elle ajouta donc, sur le même ton.

    « Je t’en prie… Montre moi. »

    Elle profitait de la situation, et pas qu’un peu. L’ombre d’un sourire aux lèvres, elle ne le lâchait pas du regard et encore une fois leurs visages se retrouvaient proche l’un de l’autre. Elle ne s’en soucia pas. Ce n’était pas tant la proximité avec Jesper qui la gênait que quand cette même proximité devenait tendresse, comme lorsqu’il avait déposé un baiser sur son front. Actuellement elle ne voyait que des mains sur de la peau, de la simple chaire. Cependant, l’espace d’une seconde, elle se soucia de lui. N’allait-elle pas trop loin dans la provocation ? Jesper était cet homme sincère, qu’elle jugeait presque fragile dans ses sentiments – d’une manière différent à la sienne – et contre toute attente, l’idée de jouer aussi loin lui paraissait soudainement malsaine vis-à-vis de lui. Elle lui avait demandé ce qu’il serait capable de lui offrir, en sachant elle même qu’elle n’aurait rien à donner en retour. Absolument rien. Ce fut pour cela que, en douceur certes mais d’un coup tout de même, elle ramena la main qu’elle avait niché dans ses cheveux et celle qui reposait sur son ventre contre elle et de nouveau elle lui tourna le dos. En guise de justification, il n’eut le droit qu’à quelques mots, murmurés sur un ton las.

    « Bah, oubli. »

    Au fond peut être étais ce mieux pour elle aussi.
    Car si elle ne parvenait pas à mettre de mots sur leur relation, c’est qu’elle était trop floue pour s’y adonner pleinement.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Ven 20 Avr - 11:39

    - Parce que tu es persuadé que je ne peux pas aimer. Si je te prouve le contraire, tu seras doublement mise en échec. Car je t'aurais aimé et parce que tu auras cédé.

    Suite à cette phrase, il sourit. Puis déposa un léger baiser au creux du cou de la belle. Pourquoi voulait-elle toujours savoir des choses qui ne servent à rien. Comme si Drathir, s'intéressait réellement à ce qu'il pouvait lui offrir. Jesper avait plein de réponses à cette question. Seulement, il ne voulait pas lui faire plaisir. Ce qu'il recherchait, c'était la solution qui l'énerverait un minimum... Ou bien, qui l'a ferait réfléchir. Connaissant la jeune femme, il n'aurait rien en échange. C'est le genre de personne qui profite mais ne donne pas. Mais soit. Peut être que dans son passée, elle a trop donner et que maintenant, c'est une coque vide. Tant de suppositions, sans fondements, évidemment. En belle égoïste qu'est Drathir, elle voulait plus de précisions. Lui qui voulait éviter une engueulade de plus. En fait, elle ne peut vivre sans conflit, c'est ce qui rythme sa vie... Et Jesper se trouve en être une grosse, source de conflit. Cela expliquerait probablement son attirance vers lui...

    - Hum... Je pourrai t'offrir tant Drathir. Je pense que tu me connais un peu maintenant et tu te doutes que si je m'investit pour quelqu'un, je le fais vraiment. Je peux t'offrir mon amitié mais tu le sais déjà. Je pourrai t'offrir plus, sans aucun doute mais ce serait me tuer à petit feu avec toi... Puis, peut être que bientôt, je pourrai t'offrir la sortie de cette prison.

    La réponse ne pouvait pas être plus sincère. Et adapté à Drathir. Son amitié, elle l'avait déjà même si leur relation était plus qu'étrange. Quand il parle de plus, c'est d'amour. L'infirmier ne cache pas son attirance pour la jeune femme et ses sentiments mais il s'y refuse. Car comme il le dit, ce serait du suicide... Elle lui pomperait tout. Non pas qu'elle n'est pas capable d'aimer... Quoique. Mais elle est incapable, à priori d'avoir une relation stable avec quelqu'un. Pour sa dernière phrase, lorsqu'il lui évoque la sortie de cette dimension, il pense toucher un point sensible. Si ces souvenirs sont bons, Drathir ne souhaite pas sortir d'ici comme la plupart des Rafleurs. Encore une fois, Jesper était l'exception. Voyons voir comme elle va réagir.

    Une fois qu'il la prit par la taille, Jesper avait décidé de ralentir son audace et de prendre une pause. Il sentait clairement le jeu lui échapper à chaque seconde. Ce n'était pas son habitude de jouer avec une telle proximité physique. Et oui, après tout, ce n'est qu'un humain. Comme si elle avait sentit sa faiblesse, la blonde se tourna sur le côté et vient passer sa main dans ses cheveux. Le jeune homme ne pu retenir un frisson. Une de ses mains était sur le ventre de Drathir, ses doigts parcouraient la peau, sentant ses muscles abdominaux. Décidément, c'est une vraie bête cette femme. L'autre main était au creux de ses reins. Jesper du prendre une grande inspiration puis sourit à la remarque de son amie.

    - Je ne cache pas que ta peau est agréable à parcourir... Puis, je révise mon anatomie comme ça.

    Contre toute attente, il sentit la main de Drathir, se poser sur la sienne, au niveau de son abdomen. Étonnant de sa part. Avait-elle peur qu'il fuit ? Ou bien, elle préparait un mauvais coup ? Non, pas maintenant. Comme pour le défier, suite à sa remarque sur sa cicatrice, elle lui demanda de lui montrer les faiblesses du corps. Jesper ne savait pas trop quoi penser sur le moment. C'était très dangereux de la suivre sur ce terrain. Mais s'il s'avoue vaincu, il va en entendre parler les dix prochaines années de sa vie, à chaque fois qu'il croiserait sa route. Alors qu'il était dans ses pensées, elle fit brusquement volte face, lui tournant le dos et rompant tout contact de son côté mais à part ses mains sur sa taille. Il sourit alors, ne pensant pas qu'elle abandonnerait avant lui.

    - Tu as peur Drathir ?

    Ne suivant que son instinct, il s'élança dans sa démonstration. Une de ses mains remonta le flanc de la demoiselle puis passa dans son dos, puis sa nuque pour finir par émerger. Il remonta son visage puis son index pointa sa tempe. Pendant ce temps, son autre bras, enserra Drathir par la taille. Puis il commença à lui donner quelques explications, amusé.

    - Artère temporale... Si tu arrives à infliger un bon coup de garde avec la garde de ton arme, tu peux étourdir l'adversaire facilement et si tu déclenches l’hémorragie, il ne se relèvera pas de si tôt...

    Jesper était plutôt concentré, à vrai dire, il ne se préoccupait pas vraiment de ce que ressentait Drathir à cet instant. Il essayait tant bien que mal de retrouver ses connaissances. Son index descendit sur la joue de la jeune femme, la gauche. Puis passa sous le lobe de son oreille et s'arrêta au milieu de son cou, légèrement sur la gauche. Puis, il compressa un peu l'artère de la demoiselle pour qu'elle sente les battements régulier.

    - Celle là, tu la connais je suppose. Carotide... Peu profonde, si tu la tranche, ton adversaire se vide de son sang en moins de cinq minutes...

    Encore une fois, son index repartit en chemin. A ce moment même, il n'y avait plus qu'eux ici au yeux de Jesper. Jamais, il n'aurait pensé donner un cours à Drathir mais est-ce réellement ce qu'elle veut ? Son doigt descendit encore, passant sa clavicule. Il s'arrêta dans le creux de celle-ci. Le jeune homme l'enserrait toujours contre lui. Pas brusquement, pas du tout même. De toute façon, tout ses gestes étaient douceur. Sa main était sur son ventre, le caressant naturellement de temps à autre.

    - Artère sous clavière. De plus, si tu la tranche, tu as des chances d'avoir le muscle en même temps. En plus de saigner abondamment, ton adversaire ne peut plus utiliser son bras. Intéressant non ? Mais elle est assez profonde, il faut avoir une bonne ouverte pour frapper ici...

    Suivant la gravité, son doigt descendit, suivant son système circulatoire. Enfin, les plus grosse artère quoi. Il passa entre sa poitrine, ce n'était pas fait exprès, il suivait réellement le chemin. Il effleura légèrement son sein gauche, s'approchant du cœur. Puis à ce moment là, il arrêta. Comme s'il prenait conscience de la situation et de ce qu'il était en train de faire. Il y a deux minutes, il ne voyait qu'un schéma en Drathir et maintenant, c'était son amie. Étrange comme sensation. La proximité lui sembla osé. Il ne pouvait pas enfreindre son intimité de la sorte... Mais pourtant, c'est elle qui lui avait demandé non ? Mais l'infirmier connaissait le chemin en sa totalité et les futures zones à approcher sont plutôt... Intimidante. Surtout dans cette situation à vrai dire. Foutu Drathir, elle était en train de reprendre le dessus, il était un peu déstabilisé.

    - Euh... Je vais peut être arrêté là.

    Cependant, son bras barrait toujours sa taille et il caressait toujours son ventre de temps à autre. Dans le flou, il attendait une réaction de son amie, pour l'en sortir... Ou l'y enfoncer encore plus.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Ven 20 Avr - 16:46

    Il la comprenait bien dis donc. Elle n’aurait pas vraiment pensé au fait que, en aimant, elle se serait trompée sur son compte. C’est vrai que ça aurait le don de l’énerver. Ce qui fut plus amusant, ce fut quand il insinua qu’en plus, il l’aimerait elle, et qu’elle finirait par lui céder. Un sourire naquit sur le visage de la blonde, amusée. Il jouait bien les prétentieux sûrs d’eux dis donc. Pensait-il vraiment pouvoir se faire aimer d’elle ? Aux yeux de la concernée, cela semblait impossible, mais comme elle était incapable d’avouer à quelqu’un qu’elle l’appréciait, il était normal qu’elle ait du mal à s’imaginer amoureuse de l’albinos. Et, comme pour appuyer ses paroles, l’infirmier vint déposer un baiser dans le cou de la demoiselle. Celle-ci dut retenir un frisson, trop occupée dans ses pensées, elle ne l’avait pas vraiment vu venir. Et elle se sentit perdue. Non pas dans ses sentiments, mais plutôt concernant la manière d’agir avec lui. Par moments il se contentait de se moquer d’elle, de la provoquer et la chercher. A d’autres moments ils se contentaient de discuter plus sereinement, et voila que désormais il ponctuait ses phrases de caresses ou de baisers qui avaient le don de l’effrayer. A cause de la tendresse qui suintait de chacun de ses gestes, de l’attachement qu’il lui vouait sans même le nier. En comparaison elle avait presque l’impression d’être un monstre dénué de sentiments, or c’était faux, et elle au moins le savait. Mais il la faisait douter. Parfois. Un peu. Et vint alors le moment où il lui énonça, plus clairement, tout ce qu’il pourrait lui offrir.

    En effet elle ne doutait plus du fait que l’albinos s’impliquait toujours quand il s’agissait de ses relations. Au fond c’était cela qui l’effrayait, plus que tout autre chose. Il lui confia alors qu’elle était son amie, ce qui ne l’étonnait pas vraiment, ils ne se sautaient pas constamment à la gorge et vu la tournure que prenait les événements actuellement on pouvait même se demander s’ils n’étaient pas plus que des amis. Mais alors que la blonde ne savait pas totalement comment définir sa relation avec Jesper, ce dernier le savait parfaitement. Il pourrait lui offrir de l’amour. Sans aucun doute. Ces simples mots lui firent l’effet d’une baffe. Elle n’avait jamais rien demandé. Bien qu’égoïste, bien que profiteuse, la jeune femme ne demandait jamais rien, ou alors juste pour plaisanter. Certes elle s’acharnait concernant le passé de l’infirmier, mais ne venait-elle pas, un peu plus tôt, de laisser tomber avec une facilité déconcertante ? Elle n’avait rien demandé, elle ne désirait rien. De peur de briser ce qu’on pourrait lui donner, de peur de tordre le cou à une amitié, de peur de piétiner l’amour qu’on lui offrirait. Elle n’était pas faîtes pour ces bons sentiments, n’était plus capable de les subir. Et lui, le plus simplement du monde, venait de lui annoncer que oui il était capable d’aimer. Il serait capable de l’aimer elle, mais il savait parfaitement que cela le consumerait. Il était si proche de la vérité qu’elle en frissonna.

    Que se passerait-il s’il l’aimait pour de bon ? Rien ne changerait, et le problème était bien là. Elle prendrait cet amour, sans jamais le lui rendre. Elle se contenterait encore et toujours de ses sourires narquois, de ses répliques acides, et conserverait toujours ses sentiments sans jamais les dévoiler. Comment pouvait-on aimer, de manière durable, un mur ? Elle ne lui ferait que du mal, car elle ne savait rien faire d’autre. Alors que, malgré son précédent frisson, la blonde tentait d’afficher un air impassible, son cœur tambourinait dans sa poitrine. Elle faisait tout pour se faire mépriser des gens, ou bien elle ne se faisait désirer que l’espace d’une nuit, et elle se rendait compte que cela ne fonctionnait pas. Pas avec lui. A croire qu’elle lui plaisait, vraiment. Comment étais ce possible.Il était fou, probablement. Elle ne voyait aucune autre explication. Quoi qu’il en soit, elle put se ressaisir lorsque l’infirmier lui proposa également de trouver une sortie, pour quitter cette prison. Sautant sur l’occasion, pour éviter de répondre à cette pseudo déclaration, la rafleuse finit par hausser les épaules, se contentant de répliquer comme s’il s’agissait là d’une réponse évidente.

    « Partir d’ici ? Pour retourner dans un monde qui ne veut plus de moi, pour passer le reste de mes jours à fuir les flics ? Non merci. Je préfère faire de cette île mon monde. Histoire d’avoir enfin la paix. »

    Lentement le regard de la belle se posa sur l’eau et l’espace de quelques secondes elle fut absente. Non, elle ne voulait pas quitter cette île. L’idée de partir, et ainsi affirmer une sorte de supériorité, était tentante. Mais plus rien ne l’attendait de l’autre côté, alors à quoi bon. La seule chose qu’elle regrettait, c’était les paysages de son pays natal. Les couleurs, le vent frais, et tant d’autres choses. Mais il s’agissait là d’un manque superficiel, elle pouvait s’en passer. Cependant elle ne put s’empêcher de lâcher dans un souffle.

    « La seule chose qui me manque, c’est la mer. »

    Mais elle haussa bien vite les épaules, signifiant que ce manque était dérisoire. Elle ne voulait pas partir. Si bien qu’elle ne se soucia pas vraiment du fait que lui, trouverait peut être la sortie un jour. Elle lui souhaitait bien du courage, au fond elle ne croyait pas vraiment en cette histoire. Sous prétexte qu’un homme, une légende, avait réussit à s’enfuir, tout le monde voulait tenter le coup. Mais aucun n’avait réussit. Si ça se trouve, cette légende n’était même pas partie, peut être Amsel avait-il juste été bouffé par un ours et rien de plus. Quoi qu’il en soit, elle doutait du fait que Jesper puisse réussir. De toute manière, il mettrait du temps, le problème ne se posait donc pas pour le moment. Et alors que le jeu de l’albinos prenait fin, ses mains sur la taille de la demoiselle, cette dernière poussa plus loin la provocation. Une main dans ses cheveux, l’autre par-dessus celle de son interlocuteur, elle le poussa à lui faire la leçon. Il avait frissonné, elle l’avait bien sentit. Elle n’eut alors qu’une envie, pousser le jeu plus loin. Elle savait l’effet qu’elle pouvait lui faire, et ne désirait s’en servir que pour affirmer sa supériorité. Comment aurait-elle pu l’aimer ? Elle ne lui ferait que du mal. Alors elle avait finit par se détourner.

    Elle venait de lui offrir une chance, celle de tout arrêter, avant qu’il ne soit vraiment trop tard. Et pourtant il ne prit pas la peine de saisir cette opportunité, au contraire. Etais ce par fierté, par envie ? Ou bien était-il juste satisfait de voir qu’elle avait abandonnée la première ? Elle l’ignorait, quoi qu’il en soit il se jeta de lui-même dans la gueule du loup. Il avait commencé par cette provocation, prenant son geste pour de la peur. Non, pour le coup elle n’était nullement effrayée. Au fond elle avait juste voulu l’aider, stopper ses provocations. Si une simple main dans les cheveux le faisait frissonner de la sorte, alors elle n’osait penser à la suite. Et alors qu’elle s’apprêtait à le lui expliquer, l’une des mains du rafleur remonta le long de son dos, de sa nuque et il finit par pointer sa tempe du bout de l’index. De son autre bras il la serra un peu plus contre lui. Les explications qu’il lui susurra alors étaient prononcées sur un ton amusé. Bon dieu, elle ne savait jamais sur quel pied danser avec lui. Mais elle se doutait que maintenant qu’il était partit, il ne s’arrêterait pas tout de suite. Ce fut pour cela que la belle inspira une fois, un bon coup, ce qui suffit à la calmer. Soit, elle allait le laisser jouer. Elle n’en resta pas moins attentive. Artère temporale. Son index glissa le long de sa joue et vint se loger à un point bien connu à hauteur de son cou, il compressa légèrement l’artère afin qu’elle en sente les pulsations. Carotide. Il passa alors à la clavicule. Artère sous Clavière. La rafleuse se sentit obligée d’inspirer une nouvelle fois, plus discrètement. Comme lorsqu’il s’était mis à la masser, la douceur de ces gestes la frappa de plein fouet. Elle ne sentait que ça, une main qui glissait sans cesse alors qu’il poursuivait ses explications, et l’autre qui effleurait constamment son ventre. Naturellement. Délicatement. Et il poursuivit.

    Elle ne savait pas jusqu’où il comptait aller, mais elle le laissait faire. Et elle aurait continué pendant un long moment. Elle ne broncha pas lorsque sa main descendit encore et vint effleurer son sein. Il venait de s’arrêter. Comme s’il prenait tout juste conscience de la situation. Elle sentit presque son embarras. Et il décida qu’il valait peut être mieux s’arrêter. Oh que non, ça n’allait pas se passer comme ça. Elle avait voulu tout arrêter pour lui, il n’avait fait que se moquer. Pourtant elle comptait bien lui laisser une autre chance, mais il serait encore plus difficile de la saisir au vol. Du dos de la main la jeune femme vint caresser le torse de son compagnon, glissant jusqu’à arriver à hauteur de son cou, qu’elle caressa distraitement, tout en usant de cette douceur presque cruelle qui lui était propre. Lentement elle tourna la tête et vint déposer un baiser dans le cou de son interlocuteur, ses lèvres remontèrent alors et vinrent chatouiller son oreille, au creux de laquelle elle susurra quelques mots.

    « Tu as peur Jesper ? »

    Remployant les mots qu’il avait utilisé précédemment, la rafleuse n’en avait cependant pas finit avec lui. Alors qu’elle effleurait son cou du bout des doigts, sa bouche quant à elle traçait une route brulante sur sa peau jusqu’à la limite de ses lèvres. Invitation, ou juste un aperçu de ce qui risquait de se passer, impossible de le savoir. Drathir reprit alors la parole, dans un murmure à la fois moqueur et sérieux. A la fois teinté de légèreté et de désir.

    « A toi de choisir, c’est ta dernière chance de tout arrêter si tu le souhaites. Après… je ne peux plus te garantir quoi que se soit. »

    Elle n’esquissa pas un geste supplémentaire. Il y avait toujours son bras, logé à hauteur de son cou, ses lèvres finirent d’ailleurs par retourner taquiner la peau à cet endroit. Evidemment elle n’avait pas non plus oublié les mains de l’infirmier, dont les gestes la tentaient vraiment. Mais il l’avait compris, elle le tuerait, à la manière d’un poison. S’il décidait de poursuivre, probablement qu’elle l’embrasserait pour de bon au final, mais cela ne signifierait que peu de choses pour elle. Un désir certain certes, mais un amour passager. L’aimer le temps d’une nuit. Et elle estimait qu’il ne s’agissait probablement pas de ce qu’il désirait. Alors elle le tentait, mais lui offrait tout de même une seconde chance. Ce fut pour cela qu’elle ajouta dans un souffle.

    « Car il est hors de question que je sois la méchante de l’histoire.

    Tu avais les cartes en mains. Mais n’oublie pas.
    Elle ne te ferais que du mal.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Mer 25 Avr - 17:09

    - Non, nous avons encore notre place là-bas. Il suffit juste, de prendre certaines précautions. D’en faire ton monde ? Je te croyais moins naïve. Ce sera tout sauf ton monde, ici. Il ne le sera jamais.

    Qu’a-t-elle dans le cerveau, cette blonde ? Elle ne se rend pas compte de la situation de la prison ou bien pense-t-elle être différente des autres ? Au-dessus de chaque prisonnier, plane une épée Damoclès. D’un instant à l’autre, par le claquement de doigts d’un des Trois, nous pouvons mourir. C’est aussi simple que cela. Comment peut-on penser faire de son monde, un lieu irréel. Au final, tout n’est que mirage ici. Rien n’est naturel. Drathir se sent probablement favorisé par sa place au sein des Rafleurs. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que si les gardiens acceptent la présence de ce groupe, c’est qu’il leur est utile. Pendant que la population craint les rafles, ils ne sont pas emmerdés. Les Rafleurs sont aux services des Trois. Sans le savoir, probablement. Jesper en était désolé pour elle. Elle vit dans un songe. Pour vu qu’il la préserve encore longtemps… Quand elle finit par lâcher faiblement, que la mer lui manque. Il lui sourit.

    - La mer… C’était la principale frontière de mon pays. Mais bon, on ne pouvait pas aller s’y baigner. S’il y a que ça qui te manque…

    Jesper avait du mal à y croire. Il ne connaissait pas son histoire. Mais il doit bien y avoir une personne, un lieu, un sentiment ou un produit de leur monde qui lui manque. Pas simplement la mer. L’infirmier, de son côté, ne pourrait pas énumérer tout ce qui lui tenait à cœur et qu’il a perdu subitement. Alors qu’il divagué de nouveau, ses doigts parcouraient toujours la peau nue de Drathir avec une douceur infime.
    Suite à la provocation de la jeune femme, Jesper s’était jeté dans la gueule du loup, grande ouverte. Comme un novice, il s’était laissé emporter par le courant. Le voilà, lié étroitement à la blonde dans les Sources Chaude, à lui expliqué quelle artères viser en combat. Au début, très concentré sur sa leçon, il avait voulu lui montrer ce qu’il savait et que c’était utile. Mais rapidement, il se rendit compte que le contact, la complicité et la relation qu’il entretenait en ce moment, devenait trop complexe. Tellement complexe qu’il ne savait plus où il en était lui-même. Comme si on jouait à un jeu et que l’on perdait le fil de la réalité. Il jouait avec son charme, elle aussi. Il voulait lui faire croire que ça fonctionnait mais maintenant, son charme ne l’avait-il pas vraiment atteint. Jesper voulait tout de même se rassurer. Il avait senti son amie tendue et gênée lors de sa démonstration. Est-elle dans le même état que lui ? Sûrement pas, elle n’a pas sa fragilité… Peut-elle seulement l’imaginer ou la comprendre ?

    - De ce que tu peux me faire ? Oui. J’ai peur de toi…

    Lorsqu’il sentit ses baisers dans son cou, il frémit. Elle était en train de lui rendre la pareille. Sa peau se réchauffait au fur et à mesure que la main de la demoiselle la parcourait. Jesper n’est pas hypocrite. Il reconnait que la douceur de Drathir est agréable. Mais il a peur. Peur de son charme, d’être son jouet et rien d’autre à ses yeux. Et lui, en pauvre homme fragile, il serait blessé. Car il lui offrirait beaucoup et en laisserait, évidemment. Le Danois jurait intérieurement. Tiraillé par ses esprits. Elle était là, suspendue à son cou, à l’embrasser. S’il écoutait, il la tuerait. Pour ne plus à avoir cette discussion perpétuelle dans sa tête. Elle était vraiment chiante. Par tous les moyens, elle le coincer. Il devait trouver quelques choses. Il devait continuer dans son jeu et avoir un plan pour reprendre le dessus à un moment. Après tout, être intime avec la belle ne lui donnerait pas plus d’indice sur elle et ses possible, faiblesse ? Cela ne serait-il pas un atout pour lui en mettre plein la tronche. Pff. Un vrai calvaire cette fille. Mais elle ne l’emportera pas au paradis. Elle vient le provoquer à l’extrême… Ses lèvres proches des siennes, lui proposant au même moment de tout arrêter. Il avait envie de rire. Nerveusement. S’il arrêtait tout, elle le ferait chier avec ça pendant cinquante ans. Au moins.

    - C’est faux. Le choix vient de nous deux. Je ne fais que répondre à tes demandes… Simplement.

    Son bras enserré toujours la demoiselle, l’autre vient prendre sa nuque délicatement. On aurait dit qu’il la massait de douces caresses. Quand elle souffla sa seconde phrase, il sourit. Il avait une idée. Son regard croisa celui de Drathir puis il vint coller ses lèvres délicatement aux siennes. Ce n’était pas un baiser pour un baiser. Non. Jesper jouait la carte de la tendresse. Il lui offrit alors un baiser tendre. A deux reprises. Alors comme ça, elle ne voulait pas passer pour la méchante ? Cela veut dire qu’elle possède ce sentiment, actuellement. Alors autant lui donner de la tendresse, de l’amour… Pour que ce sentiment grandisse en elle. Il voulait qu’elle ressente la culpabilité. Si elle n’en a pas pour ses victimes, elle en a pour lui, apparemment. Pourquoi d’ailleurs ? L’appréciait-elle vraiment ? Et si jamais, la demoiselle avait un brin de confiance en lui… Et qu’il brisait tout ça avec son jeu débile et sa mise hasardeuse ? Non… Il ne voulait pas lui faire de mal. Même s’il la détestait vraiment et voulait sa mort par moment. Tant de sentiments contraires. Pour la rassurer, il vient lui caresser le visage comme pour calmer un nouveau-né.

    - Tu n’es pas méchante Drathir. Tu as une façon de penser et d’agir différente de la mienne, c’est tout. Faut que je m’y fasse.

    Certes, à ses yeux, elle était horrible comme femme. Mais en se mettant à sa place, en essayant de la comprendre, ça va mieux. Seulement, par moment… Jesper imagine que tout le monde réagit comme lui. Il soupire lentement. Que pensait-elle de son baiser ? Déçu, probablement… Surtout qu’elle a dû en connaitre des amants. L’infirmier était loin d’être un Don Juan. C’était quelqu’un de simple, ne cherchant pas à charmer à tout va, bien au contraire. Le cerveau en vrac, ne sachant plus où donner la tête. Il s’ordonna de ne plus penser à rien. C’est ainsi qu’il déposa un nouveau baiser sur les lèvres de la blonde avant de poser sa tête sur son épaule. Son nez contre sa peau, il ferma les yeux en inspirant profondément. Stop. Juste un peu de calme. Puis instinctivement, il ramena ses bras autour de Drathir. La serrant contre lui comme s’il chercher du réconfort. Ne serait-ce qu’un peu. On dirait vraiment un gamin… Ou un homme perdu, aux yeux des plus avertis. Il n’était pas triste, pas désespéré, pas peureux. Il voulait juste que tout s’arrête, profiter du moment. Il sentait venir la raillerie de la blonde mais il essaye de la devancer.

    - Tu sais Drathir, tu peux tout arrêter, toi aussi… J’imagine que tu es mal à l’aise…

    Il sourit. Un peu malsain mais bon. Etreignant toujours la blonde, il fit mine de lui mordre le cou… Que vas-tu faire Drathir ? Comment vas-tu réagir ? Attention à toi car la suite des évènements sera une réponse à ta réaction…
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Mer 25 Avr - 19:07

    En faire son monde oui. Ça pouvait en effet être naïf comme raisonnement. Mais elle y croyait, elle s’y raccrochait car c’est ce qui lui semblait le mieux à faire, le but le plus facile à atteindre. Entre tenter de trouver une sortie, puis passer le reste de ses jours à vivre comme une fugitive dans un monde qui ne veut plus d’elle, ou bien tenter de renverser les dirigeants et de devenir une privilégiée ici. Le choix était vite fait. A ses yeux, les rafleurs étaient sa seule chance. Une dernière chance. Elle n’avait plus le choix et si jamais elle ne parvenait pas à obtenir ce qu’elle voulait, la blonde n’avait franchement aucune idée de ce qu’elle pourrait faire par la suite. Alors elle se donnait à fond dans ce qu’elle faisait actuellement, car elle n’avait plus le choix, car c’est ce qu’elle faisait de mieux. Les mots que Jesper prononça la fit sourire faiblement, un sourire narquois. Et ce fut sur le même ton qu’elle répliqua dans un murmure.

    « Que peux tu savoir de ma place là bas ? Personne ne m’attend, alors je n’ai plus rien à y faire. »

    Elle n’avait pas relevé le fait qu’il lui avait clairement dit qu’elle était naïve. Libre à lui de penser ce qu’il voulait, elle s’en moquait. On se raccrochait tous à quelque chose, et elle ne faisait pas exception. Quoi qu’il en soit l’infirmier poursuivit, annonçant que la mer représentait la principale frontière de son pays, mais qu’elle était trop froide pour s’y baigner. La blonde s’autorisa un mince sourire, amusé. Il venait de lui en dire un peu sur lui, donnant un faible indice. Mais elle n’était pas du genre à jouer aux devinettes, ce fut pour cela qu’elle lui demanda de but en blanc quel était le nom de ce pays. Libre à lui ensuite de ne pas répondre, mais elle estimait qu’il ne s’agissait pas d’une question trop personnel pourtant.

    « Et tu viens d’où ? »

    Par la suite les choses s’étaient compliquées. La belle l’avait provoqué au possible, déposant un baiser dans son cou avant de lui demander s’il avait peur. Et la réponse fut oui. Il avait peur de ce qu’elle pouvait lui faire, peur d’elle. Cela ne l’étonnait pas. Elle le savait parfaitement, elle avait conscience que quoi qu’elle ferait, elle le blesserait, d’une manière ou d’une autre. Elle était trop fière et trop obstinée pour laisser les autres devenirs des obstacles. Alors elle rasait tout sur son passage, oubliant les sentiments, oubliant la notion de bien ou de mal. Il n’y avait que ses règles à elle, ses objectifs, ses envies. Capricieuse dans un sens, elle ne supportait pas quand quelque chose échappait à son contrôle, et elle était trop fière pour laisser quelqu’un prendre le dessus. Et pourtant il était là, à avouer ses faiblesses et ses craintes, sans retenue. Comme s’il se confiait. Au fond, elle se rendit compte qu’elle ne désirait nullement le blesser, mais encore une fois sa fierté venait se placer au dessus du reste. Ce fut donc par fierté que ses lèvres poursuivirent leur route jusqu’à effleurer celles de son compagnon. Ce fut donc par fierté que sa main continuait à caresser doucement le cou de l’infirmier. Il lui annonça alors que le choix venait des deux partis, pas que de lui. Elle n’était pas tout à fait d’accord, il pouvait toujours tout arrêter qu’elle ne lui dirait rien. Oh certes, elle l’emmerderait avec ça pendant un bon moment. Mais n’étais ce pas préférable ? Il disait lui-même qu’il avait peur de ce qu’elle pouvait lui faire, pourtant il continuait le jeu, tentait encore et encore de reprendre le dessus. Malheureusement pour elle, il venait officiellement de trouver son point faible.

    Il venait de remonter une de ses mains à hauteurs de sa nuque, la caressant de nouveau. Ayant tourné la tête lors de sa provocation, elle le fixait désormais dans les yeux. Elle s’était attendue à pas mal de choses, mais pas à ça. Pas à ce baiser, tendre, quand les lèvres de l’albinos se posèrent pour de bon sur les siennes. Elle avait fermé les yeux, et c’était une mauvaise idée, car de ce fait elle ne sentait plus que lui. Ce baiser qu’il lui offrait, ces mains qui ne cessaient d’effleurer sa peau. Tout n’était que douceur, tendresse. Tout n’était que bon sentiments. Elle en frissonna, manqua de le repousser. La main qu’elle avait portée à hauteur du cou de son compagnon glissa jusqu’à ses cheveux de neige, s’y nicha, et quand il l’embrassa elle s’y accrocha. Pas au point de lui faire mal non, mais cela était suffisant pour qu’il comprenne l’effet que cela lui faisait. Elle était folle. Elle aurait voulu le frapper, et en fut finalement incapable, se contentant de se raccrocher à lui comme à une bouée. Pourquoi était-il comme ça ? Alors que tout le monde l’utilisait, d’une manière ou d’une autre. Alors que le monde entier lui était indifférent, et que le monde entier la méprisait. Lui était là, comme le seul à l’apprécier, comme le seul à pouvoir l’aimer. Le seul à lui offrir toute cette tendresse. Oh non elle n’y était pas habituée, elle préférait la fuir, l’éviter. Les sentiments tuent. Et alors qu’il se reculait, elle pensait que c’était fini, mais il se contenta de recommencer. Et ce fut le même enfer. Puis il se recula pour de bon. Elle inspira un bon coup, ne tentant même plus de se cacher, c’était inutile. Il venait de gagner une bataille, elle le savait. Elle en frissonna encore. Ce ne fut qu’à ce moment précis que la main qu’elle avait niché dans ses cheveux descendit, arrivant à hauteur de son torse. Dans le même temps elle se tourna complètement, lui faisant face et de son côté, il lui caressa la joue, tout en lui annonçant qu’elle n’était pas méchante. Juste différente. Elle répliqua aussitôt, narquoise.

    « C’est pas ce que tu dis quand j’égorge un gosse. »

    Reprendre le dessus. Utiliser l’ironie comme d’une protection. Il l’avait eu par surprise tout à l’heure, et elle avait été faible. Il ne fallait pas que ça se reproduise. Il ne fallait pas qu’elle perde, pas face à lui. Mais il n’avait pas finit, de nouveau il approcha son visage du sien, mais cette fois elle était prête. Elle ne broncha pas. Mais n’en resta pas moins soulagée quand il vint poser sa tête sur son épaule. Son cœur commençait tout juste à battre de nouveau à une allure normal. Elle le détestait. Elle crevait d’envie de lui foutre un coup de poing, mais ce n’était pas la solution. Elle devait continuer avec ce jeu de proximité, elle devait gagner ce jeu. Elle s’autorisa un mince sourire, presque triste. Elle ne voulait pas lui faire du mal, mais dans ces circonstances, elle n’avait presque pas le choix. Il y avait toujours sa fierté, et celle de Jesper aussi. Ou bien, si ce n’était cette fierté, qu’est ce qui le poussait à poursuivre ce jeu ? Qu’est ce qui le poussait à l’embrasser avec tant de tendresse, qu’est ce qui l’incitait à la rendre folle ? Peu importe, elle allait bien sûr se venger, sans trop savoir où ça la mènerait, sans trop savoir si ça marcherait. Lentement elle glissa une de ses mains dans la chevelure de l’albinos, tandis que l’autre caressait distraitement son torse. Il prit alors la parole, ajoutant dans un souffle qu’elle pouvait également tout arrêter si elle le désirait. Elle était probablement mal à l’aise.

    Les bras de l’infirmier se refermèrent autour de sa taille, l’attirant un peu plus contre lui. Il fit mine de lui mordre le cou. Un ensemble de gestes qui la perturbaient. Elle n’y était pas habituée, ne le serait probablement jamais. Et elle s’en méfiait comme de la peste. Les sentiments tuent. Quoi qu’il en soit, face à la phrase de son compagnon, elle inclina légèrement la tête en avant et lui susurra à l’oreille, de cette voix à la fois douce et cruelle.

    « Je pourrais… Tout comme tu pourrais m’aimer n’est ce pas ? »

    C’est ce qu’il lui avait dit, et désormais elle réutilisait ses mots. Quoi qu’il en soit, il était hors de question qu’elle abandonne, et il était également hors de question qu’elle lui offre une pause. Ce fut pour cela que, alors qu’elle murmurait encore ses quelques paroles, la main qu’elle avait posée sur son torse glissa, remontant jusqu’à son cou, puis son menton. Elle empoigna ce dernier avec délicatesse, mais elle refusa la moindre opposition quand elle le souleva, le forçant à redresser la tête, pour l’embrasser à son tour. Il y avait une pointe de tendresse, légère, comme pour lui signaler qu’elle ne se ferait plus avoir par ces bons sentiments, comme pour montrer que cela ne l’atteignait plus. Ce n’était qu’une façade, mais peut être ne l’apprendrait-il pas. Quoi qu’il en soit, ce fut surtout la fougue qui donnait le ton. Une de ses mains vagabonda de nouveau dans les cheveux de son compagnon, tandis qu’elle passa son autre bras autour de son cou. Et elle l’attira contre lui, totalement cette fois. Ce n’était plus un simple jeu de proximité, mais un véritable corps à corps. Elle excellait dans ce domaine, devait le prouver, devait gagner. Sans la moindre hésitation elle se plaqua contre lui, tout en continuant son baiser. Elle n’y mit fin qu’au bout d’un moment, vrillant ses prunelles vertes dans celles de son compagnon. Elle ajouta alors dans un souffle.

    « Tu abandonnes ou tu t’abandonnes, je ne te laisserais pas d’autre choix. »

    Par fierté. Par fierté elle se refusait de perdre. Par fierté elle lui ferait mal.
    Elle se dégoûtait presque.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Sam 28 Avr - 22:15

    - Tout le monde a sa place Drathir.

    Jesper haussa les épaules, il savait très bien que le point de vue de son amie était buté. Tant pis pour elle et surtout pour lui, car il n’arriverait pas à lui faire entendre ce qu’il pense. La tolérance n’est pas le fort de Drathir. Quand elle évoquait la mer, il se rappelait de son propre pays. C’est fou, quand on vit dans le présent, dans l’autre monde, on en marre de tout. On râle après tout. On ne se rend pas compte de la chance que l’on a. Aujourd’hui, alors qu’il avait perdu tout ça, il se rendait bien compte de la chance qu’il avait. Et ce n’est pas la baignade avec une belle jeune femme nue qui remplacera ce bonheur passé. Mais bon, ça peut tout de même améliorer son malheur d’ici. Il esquissa un sourire quand elle lui demanda d’où il venait. Pourquoi tout le monde saute sur l’occasion d’en apprendre plus sur lui ? Mais bon, ça ne lui donnera rien de le savoir. A part le sentiment d’avoir appris quelque chose.

    - Je viens d’Europe, du Danemark.

    Tout le monde aurait pu le deviner. Vu sons teint, il ne venait pas d’un pays du Sud. A la suite de cet échange, beaucoup de choses se sont passées. Très vite. Ils se provoquaient sans cesse avec leur charme. Jusqu’au moment où ils se perdaient. Drathir le tentait sans cesse, il voulait tenir et répondre et ensuite, c’est elle qui allait plus loin. Mais Jesper avait gagné une bataille, il le savait. Lorsqu’il l’avait embrassé, la demoiselle était mal à l’aise. Le jeune homme était tendre et offrait de la douceur à la blonde. Apparemment, elle n’aimait pas trop ça ou plutôt, elle appréciait trop ça et elle s’en voulait. Bien fait. Mais elle n’en restait pas et voulait le faire réagir de nouveau avec sa remarque. Puis, il faut dire que les doigts de Drathir sur sa peau, le faisait frissonner par moment.

    - Tu sais, tu finiras par payer, tout ce que tu as fait.

    L’infirmier pensait vraiment ce qu’il venait de dire. Bien sûr, en homme de science, il n’avait aucune croyance, naïf. La blonde est connue dans toute la prison. Elle est haut placée, comme on dit, parmi les Rafleurs et le jour de la chute du groupe, elle sera une des têtes à faire tomber. Mais à peine ces pensées l’envahissent, la demoiselle attaque. Il sent ses mains dans ses cheveux et sur son torse. Il ressent sa chaleur et sa proximité aussi. Ce qu’elle peut dégager, c’est fou. Se mordillant la lèvre inférieure, il la laissa faire, sans rien dire. Et son odeur… Si prenante. Pourquoi était-elle si désirable, pourquoi rendait-elle ça, si compliqué. Il finit par sourire à son murmure. Voilà la vraie Drathir. Elle cherche à le blesser avec sa douceur, à le mettre au pied du mur, à jouer de sa faiblesse. Mais au final, elle ne faisait que l’encourager. S’il était blessé, ce serait sa faute.

    - Tu sembles la plus troublé de nous deux par l’amour Drathir. Tu vas perdre si on continue…

    Rapidement, très rapidement, tout s’enchaîna. Drathir avait commencé en douceur. Elle le prenait par le menton, puis l’embrassait avec fougue. Jesper n’était pas fan de ce genre de baiser. Lui, c’était la douceur qu’il aimait. Puis elle passe un bras autour de son cou et il sentit le corps de la belle contre le sien. C’était chaud. Par le sens propre du terme. Le corps de la belle était chaud et il réchauffa le sien. Cela faisait si longtemps. Longtemps qu’une autre âme n’avait réchauffé la sienne. Comme par instinct, il la prit dans ses bras. A la fin du baiser, il ne dit rien pendant un petit moment. Comment lui faire comprendre qu’il ne voulait pas ça. Ces baisers, ces gestes, il les veut différemment.

    - Tu as déjà aimé ?

    Il n'attendait pas vraiment de réponse. C’est un regard assez triste qu’il lui adresse. Il était tellement désolé pour elle. Perdre la capacité à aimer, c’est terrible. Jesper finit par se dire que c’était impossible. Peut-être qu’il faut éveiller cet amour, caché très profondément en elle. Il ne la lâchait pas. Ce contact était particulier et le jeune homme n’avait pas envie qu’il se brise. Il n’y avait pas que du désir, c’était un bien être. Maintenant, l’infirmier ne pensait plus vraiment au jeu. Avec sa douceur, il vient poser de nouveau ses lèvres sur celles de la blonde. Avec délicatesse, ses lèvres glissèrent sur la commissure des siennes. Puis elles arrivèrent dans son cou puis ses épaules. Après cette descente, il se détacha d’elle puis la prit par la taille. Ses mains glissèrent avec légèreté sur ses hanches et l’infirmier recommençait le chemin de baiser sur Drathir. Il gardait la proximité, puis la découvrait peu à peu avec sa bouche. Il lâcha d’un souffle. La défiant.

    - C’est moi ou tu t’abandonnes entre mes mains ?

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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Dim 29 Avr - 1:04

    Tout le monde avait sa place. Elle ne répondit rien, ne trouvait rien à dire. Que pouvait-elle ajouter à cela ? Encore une fois ils n’étaient pas d’accord. On avait tué les personnes qui comptaient à ses yeux, et désormais elle commettait elle même des meurtres, chaque jour. Comment pouvait-on parler de place dans le monde ? Cette place étant constamment en danger, menacée. Rien n’était acquis, l’on partait toujours de rien. Or elle n’avait plus de temps à perdre, elle ne voulait pas repartir de zéro dans un monde qui n’avait de toute manière plus aucune signification à ses yeux. On lui avait pris sa famille, et probablement lui avait-on pris bien plus dans le fond. Elle ne voulait plus rien avoir à faire avec un monde pourri jusqu’à la moelle. Quoi qu’il en soit, ce fut grâce à ce désaccord que la demoiselle parvint à soutirer une simple information. Le pays d’origine de l’albinos, au final elle ne fut pas très surprise d’entendre le nom du Danemark lui échapper. Bien qu’elle n’aurait jamais deviné seule, cela lui paraissait désormais logique. Cependant elle ignorait tout de ce pays, n’y étant jamais allé et ne s’étant pas particulièrement renseignée à ce sujet. Ce fut donc sur le ton tranquille de la conversation que la blonde lui offrit également le nom de son pays d’origine.

    « Je viens d’Irlande. »

    Cela lui semblait normal de lui offrir l’information. Peut être s’en moquait-il, mais elle en doutait, Jesper désirait des informations dans le fond. Pour mieux la comprendre, la cerner. Certes sa nationalité n’avait peut être que peu d’importance, mais au moins ils étaient quitte. Mais elle n’eut pas vraiment le temps d’y penser, ou même de s’attarder sur le sujet. Le jeu se poursuivait. Un baiser, une caresse, un frisson. Chacun jouait avec les nerfs de l’autre, avec ses faiblesses. Faire fléchir l’autre, s’imposer et dominer. C’était ce qu’elle avait toujours voulu faire. Imposer ses idées et ses principes, dominer par tout les moyens, être supérieure. Et pourtant en cet instant elle se perdait, totalement. Car les armes de l’albinos étaient fatales. Alors que tout le monde préférait l’insulter, la frapper ou la rabaisser, lui préférait l’aimer, la caresser avec douceur, l’embrasser avec tendresse. Que pouvait-elle faire face à ça ? Elle voulu répliquer, de par des baisers déposés dans le cou de l’infirmier, une main qui glissait le long de son torse. Elle reçut quelques frissons en guise de réaction, ce qui suffit à la faire sourire légèrement. Sourire qui s’accentua quand son interlocuteur lui signala, le plus sérieusement du monde, qu’elle finira par payer pour ses actes. Et ce fut sur le même ton qu’elle répondit, malgré le sourire amusé qui ornait désormais son visage.

    « Si tu savais comme cela m’importe peu. Mais ne t’en fais pas, tu ne te débarrasseras pas aussi facilement de moi. »

    Ce qui l’amusait le plus, c’était le rôle qu’il lui donnait. Elle avait l’impression d’être importante au sein des rafleurs, vu la manière dont il en parlait. Or elle ne l’était pas. Elle n’était qu’un amusement aux yeux d’Hurle, sa curiosité du moment. Si elle le décevait ne serais ce qu’une fois, il lui retirerait le moindre privilège qu’elle aurait pu acquérir. Son rang de capitaine n’avait aucune signification, elle restait sur la corde raide. De plus elle était persuadée qu’elle ne conserverait pas son rang très longtemps. Et honnêtement, elle était en prison, chaque jour était un combat. Evidemment qu’elle finirait par crever, jeune probablement. Mais elle ne s’en souciait pas, ne regrettait rien. Et elle s’en préoccupa encore moins en découvrant l’albinos se mordre légèrement la lèvre. Il se prêtait au jeu, s’y perdait lui aussi. Et au fond cela la rassurait, de ne pas être la seule. Si elle devait tomber, elle s’assurerait qu’il tombe avec elle. Elle s’amusa alors à le provoquer, se jouant de ses faiblesses. Mais il n’y était plus sensible, ou tout du moins plus autant. Alors qu’il possédait des armes, elle perdait progressivement les siennes. Ça devenait vraiment problématique. Encore plus quand il insinua qu’elle était la plus gênée des deux, et qu’à ce rythme là elle perdrait la partie. Pour de bon. Elle en profita pour l’embrasser, avec cette fougue qui ne plaisait pas toujours mais qui lui était propre.

    Elle l’attira contre lui, une main nichée tandis qu’elle passait son autre bas autour de son cou. Elle avait enfin l’impression de ne plus être la seule à subir. Et alors que le baiser prenait fin, ses mains vagabondèrent ailleurs, caressant chaque parcelle de la peau de son compagnon. Ce dernier, presque naturellement, referma ses bras autour d’elle. Elle ne sentait que lui. Sa peau, son odeur, ses mains. Surtout ses mains. Et elle eut enfin la réponse à la question qu’elle s’était posée un peu plus tôt. Ce n’était pas l’eau qui était aussi chaude, c’était lui. La chaleur qui émanait de lui, d’elle. D’eux. Ce ne fut qu’à ce moment précis, alors que leur baiser prenait fin, que les lèvres de la belle glissèrent le long de sa joue, jusqu’au creux de son oreille. Elle y susurra alors quelques mots, d’une voix douce, chaude, mais dans laquelle on pouvait noter sa détermination, son obstination. Sa fierté.

    « Il est hors de question que je perde. »

    Sa bouche descendit alors, y déposant sa marque dans le cou de l’albinos. La blonde finit par se reculer légèrement, suffisamment pour croiser le regard de son compagnon. Ce dernier lui jeta un coup d’œil triste, alors qu’il lui demandait si elle avait déjà aimé. L’ombre d’un sourire amusé naquit sur les lèvres de la belle. Elle avait attendu cette question, était même surprise qu’il ne lui ait pas posé plus tôt, et elle savait déjà ce qu’elle avait à répondre à ça. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle avait aimé oui. Elle avait eu quelques petits copains, durant ses années de lycées et le début de ses années à la fac. Comme tout le monde elle avait aimé, rompu, pleuré, appelé une amie pour se faire consoler. Comme tout le monde elle avait connu des hauts et des bas, des joies et des peines. Puis il y a eu la mort de ses parents, ce qui a tout changé. Ce qui a bouleversé sa vie. Elle avait passé cinq ans à fuir, tout en préparant une vengeance. Il n’y avait plus que de la haine, et le temps qui lui était précieux. Ce fut pour cela qu’elle décida tout de même de lui répondre, le plus simplement du monde.

    « J’ai aimé oui, il y a longtemps. Mais par la suite je n’en ai plus eu l’occasion, par manque de temps et par manque d’envie surtout. Ça n’apporte que des emmerdes. »

    Elle aurait voulu ajouter que c’était beaucoup plus simple ainsi, mais elle finit par s’en abstenir. A part passer pour quelqu’un de faible, elle n’aurait rien gagné d’autre. Ce fut donc sans un mot de plus qu’elle accueillit de nouveau les lèvres de l’infirmier contre les siennes. Elle ne fut pas vraiment surprise de retrouver cette douceur. Elle avait compris le message, seulement, allait-elle respecter sa demande ? Allait-elle poursuivre avec cette fougue, témoin de son désir. Ou avec cette tendresse, témoin de ce moment privilégié. Elle réfléchissait encore à la question quand les lèvres de son compagnon glissèrent jusqu’à son cou, son épaule. Il se détacha un peu d’elle, les mains qu’il avait porté à sa taille descendirent jusqu’à ses hanches ce qui lui permettait de garder un semblant de proximité. Et cela lui permettait surtout de poursuivre sa route, sa bouche glissa encore, parsemant sa peau de baisers jusqu’à la naissance de ses seins et plus encore. Elle en frissonna. Elle le laissait totalement faire, c’était le moins que l’on puisse dire, finissant même par se cambrer légèrement. Une de ses mains restait nichée dans la chevelure de l’albinos, tandis que l’autre continuait de vagabonder, glissant le long de son torse jusqu’à ses cuisses, remontant pour finalement se retrouver dans son dos. Il finit bien évidemment par lui signaler qu’au final, c’était elle qui s’abandonnait. Oh que oui. Mais maintenant qu’il le lui avait dit, elle comptait bien remédier à la situation. Et entre la fougue et la tendresse, elle avait finit par faire son choix. Elle ne devait pas être la seule à être dans cet état. Si elle devait tomber, alors il tomberait avec elle. Vrillant son regard dans le sien, elle ne le lâcha pas des yeux alors qu’elle enroulait l’une de ses jambes autour de celle de son interlocuteur, ni quand elle se retrouva de nouveau contre lui. Elle daigna enfin lui répondre, de cette voix chaude, qui contrastait cependant avec le sourire narquois qu’elle arborait.

    « Ne te fais pas d’idées, c’est juste pour te permettre de réviser ton anatomie. En revanche… Je suis ravie de te faire un tel effet, je pense pouvoir me vanter d’être l’une des rares. Non ? »

    Ce fut en le regardant qu’elle prononça le début de sa phrase, mais ce fut au creux de son oreille qu’elle poursuivit. En effet, à sa connaissance Jesper n’était pas vraiment du genre à enchaîner les conquêtes. Pourtant ils étaient tout les deux là. Bah, autant ne pas y penser. Ses lèvres glissèrent jusqu’à son cou et elle s’amusa à déposer un baiser au niveau de sa carotide, puis elle descendit et parsema sa peau de baisers, s’attardant également sur la clavicule, pour poursuivre sur son torse. Les mains de la belle accompagnaient le mouvement. Quoi qu’il en soit elle finit par enrouler ses jambes autour du bassin de son compagnon. Passant ses bras autour de son cou, elle s’agrippait totalement à lui. L’on pouvait désormais vraiment dire qu’elle s’abandonnait entre ses mains. S’étant évidemment redressée pour cela, l’eau lui arrivait désormais seulement à hauteur du ventre et elle se retrouvait dorénavant plus grande que l’albinos, enfin peut être pas, disons au moins qu'elle arrivait à sa hauteur. Du bout des doigts elle effleurait ses omoplates, sa nuque. Et elle l’embrassa à nouveau, elle n’eut pas spécialement à fournir d’efforts pour lui rendre cette douceur qu’il lui offrait. Mais elle décida qu’il valait mieux ne pas se demander pourquoi cela lui était si facile, elle préférait se dire que ce n’était qu’un jeu, qu’elle devait gagner. Et que pour cela elle se devait de jouer un rôle. Jouer la carte de la tendresse elle aussi, même si elle n’y était pas habituée. Juste le rendre fou. Et elle comptait bien y parvenir. Un nouveau frisson lui échappa, causé cette fois par le vent glacial contre sa nuque et une partie de son dos. Vrillant ses prunelles vertes dans celles de son interlocuteur, elle ajouta dans un souffle provocant.

    « Réchauffe moi. »

    Et dire qu’un peu plus tôt dans la soirée, c’était elle qui lui avait fait cette proposition. Elle s’en souvenait bien, et peut être étais ce pour ça qu’elle le lui demandait désormais.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Jeu 10 Mai - 9:45

    - Je pensais qu’il n’y avait que des roux, en Irlande…

    Bien sûr, c’était une boutade. Mais il ne voulait pas louper une occasion de l’embêter. Maintenant, c’était une habitude, un vrai rituel. Par contre, en évoquant l’Irlande, il se dit qu’une bonne bière, ce serait bien. Une fois, il avait été dans ce pays et il avait goûté la meilleure des bières. Dommage que celle de la prison est un goût de pisse. Mais bon, il y a pire comme manque, que l’alcool. Et la dernière fois que l’infirmier s’est laissé aller dans la débauche, la situation est devenue… Trop étrange. Foutue Zita. Une vraie... Bref. Elle le paiera. Pour en revenir à Drathir. Jesper était étonné de sa provenance. Vu sa façon de penser assez primaire, il aurait parié sur les Etats-Unis. Finalement, ils étaient voisins. Européens. Il sourit légèrement en imaginant une rencontre fortuite entre eux. Il ne se serait sûrement pas retourné sur une fille si vulgaire. Mais quand on apprend à la connaître, elle vaut le coup. Au moins pour passer le temps. Puis elle finit par lui dire qu’elle se moquait de payer ses actes.

    - Oh tu sais, la mort est ce que je te souhaite le plus. Il y a tellement pire comme souffrance à endurer.

    Jesper était sérieux et sincère. Bien sûr, il ne voulait pas qu’elle meurt là, maintenant. Mais si un jour, elle devait répondre de ses crimes, la mise à mort serait le mieux. Bizarrement, le jeune homme sentit un frisson dans le dos en imaginant la belle souffrir. Même s’il voulait la blesser avec ses mots et paroles, il aurait du mal à supporter de la voir souffrir. Et pourtant, ne le mérite-t-elle pas ? Puis ses pensées furent interrompues par un de ces baisers plein de fougue qu’il avait du mal à encaisser. Drathir jouait sur la mauvaise corde si elle voulait le charmer. Cela ne l’enchantait pas, au contraire. C’est donc la seule douceur qu’elle peut lui renvoyer avec ce qu’il lui offre ? Si c’est le cas, elle ne fait aucuns efforts. Lors du baiser, elle se colla à lui, ses mains commençaient à être baladeuses. Normal, un corps de rêve comme le sien entre ses mains, elle ne peut résister. La blague. Elle se fout vraiment de sa gueule. Jesper sait bien qu’il est loin d’être un être parfait physiquement et Drathir doit avoir l’habitue à beaucoup mieux alors elle joue. Elle joue avec lui, il en était certain. Il ferma tout de même les yeux en sentant les baisers brûlants de la blonde descendre sur son torse et sourit même en entendant sa remarque. D’une voix calme, il lui souffla.

    - Détrompes toi. Soit tu perds, soit nous perdons ensemble.

    A ce stade, l’issue était prévisible. D’ailleurs, n’avaient-ils pas déjà perdus, tous les deux ? Ils ont succombés à leur jeu de charme et sont en train de s’offrir l’un à l’autre tout en nourrissant l’espoir de dominer l’adversaire. Mais ils sont déjà à genoux et ont abdiquer. Ils ne maîtrisent plus rien depuis un moment. Voyant que la jeune femme n’arrivait pas à lui offrir de douceur, il doutait fortement. Avait-elle déjà aimé ? Cela était-il si loin qu’elle ne savait plus comment faire ? Pas mal de questions se bousculaient dans sa tête. Mais aucune réponse. Jusqu’à ce qu’elle sourit entre deux baisers sur son torse pour lui sire que si, mais qu’elle n’avait plus eu l’occasion. Ce qu’elle peut être lâche. Et pourtant, elle ne le sait pas.

    - Fuis… Fuis Drathir. C’est beaucoup facile que d’affronter ses peurs.

    Mais finalement, il la laissa tranquille. Jesper aurait pu l’achever avec cette confession. Mais quelque chose l’en empêchait. Drathir avait dû souffrir en amour. Son attitude l’affirmait. Elle n’avait aucune confiance et semble surprise face aux gestes doux et sensuels. Même s’il l’emmerdait tout le temps et qu’il voulait la blesser par moment pour lui rabattre son claquet, il se dit qu’elle ne méritait pas qu’on joue avec ses sentiments. C’est un terrain dangereux, qui peut marquer à vie, un individu. Tout en réfléchissant à ça, il déposait des baisers sur le buste de Drathir, osant descendre jusqu’à la naissance de sa poitrine. Mais gardant une certaine limite. Pour détendre l’atmosphère, il fit remarquer à son amie qu’elle était en train de s’abandonner, ce qui était réellement le cas.

    - Je connais déjà parfaitement mon anatomie. Contrairement à toi… Tu dois encore avoir des choses à découvrir. Je ne vois pas pourquoi tu me dis ça. J’imagine que tu es habitué à faire de l’effet, tu sais tellement bien jouer de tes charmes.

    L’infirmier n’avait pas particulièrement apprécié sa remarque concernant l’effet qu’elle lui procure. Certes, Drathir est une belle femme et la situation dans laquelle, il se trouve, fait que… Comment ne pas succomber. A force de se chercher, de se rapprocher, elle l’avait pris dans son filet. Mais n’était-elle pas dans le sien également ? Ils sont encore à égalité dans cette lutte. Pendant qu’elle parlait, elle l’avait fixait et il avait senti la jambe de la blonde serré sa taille et s’approcher contre lui. Pour répondre à son geste, il s’était collé à elle, l’avait embrassé sur les lèvres alors que sa main posée sur sa hanche parcourait sa cuisse à hauteur de sa taille maintenant. Elle voulait qu’il succombe au plaisir. Elle voulait qu’il craque et lui saute littéralement dessus. Qu’il perde le contrôle. Certes, la situation était en train de se réchauffer. Mais Jesper était calme et ce n’est pas dans son habitude de laisser ses hormones prendre le dessus. Drathir l’embrassait, il ne disait rien… Il profitait, oui. Puis finalement, la belle finit par s’agripper à lui, l’entourant de ses jambes à la taille. Il sourit en plaçant ses mains sur ses reins pour la maintenir contre lui. Il sourit en la regardant.

    - T’es plus lourde que ce que je pensais. Même dans l’eau, je le ressens.

    Le comportement de Drathir était en train de changer. Jesper ne retrouvait plus cette fougue qui lui déplaisait. Non, elle était en train de venir sur son terrain. La douceur et la chaleur de ses baisers étaient en train de l’adoucir. C’était agréable. Cela fait un moment qu’il n’a pas ressenti ça. Le jeune homme lâcha un soupir. Tout devenait agréable. Ses baisers, sa proximité, sa chaleur, sa tendresse, sa douceur… Mais une ombre venait gâcher le tableau. C’était naturel ou pas ? Puis elle lui demanda de la réchauffer. Il sourit simplement. Les mains de l’albinos se posèrent sur le haut des cuisses, juste sous ses fesses. A son tour, il vint l’embrasse dans le cou, sur ses épaules, ses lèvres descendirent dangereusement. Il sentait la fraîcheur de la peau de l’Irlandaise. Il imaginait donc que ses baisers étaient brulants pour elle. Elle voulait de la chaleur, non ? Il osa finalement et relevant la blonde à l’aide de ses bras, il caressa de ses lèvres, la moindre parcelle de peau de sa poitrine. Drathir ne bronchait pas. Il prit son temps et toute sa douceur. Elle se détendait, il le sentait. Il la lâcha sans crier garde, alors qu’elle basculait en arrière, il la retient lorsque l’eau arriva à son cou, histoire qu’elle est juste la tête hors de l’eau. Il s’approcha d’elle, son corps en grande partie sur le sien. Il l’embrassa encore une fois.

    - Tu as encore froid ?

    L’infirmier pensait que non. Elle est tout aussi sensible que lui à la situation et se réchauffe donc rapidement. Si on lui avait dit, qu’un jour, il serait là, dans cette position avec Drathir, il aurait ri de bon cœur. Ses doigts parcouraient la peau de la belle, ses formes, ses imperfections. Dans un élan de tendresse, il déposa un baiser sur le bout de son nez et planta son regard dans le sien. Il prit une voix douce pour une remarque si cinglante. Elle devait réagir. Même se refroidir si elle avait une conscience.

    - Drathir, je ne te laisserai pas jouer avec moi. Et je ne jouerai pas avec toi.

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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Jeu 10 Mai - 18:14

    Perdre. Etais ce vraiment la seule possibilité qui s’offrait à elle ? Elle espérait que non, mais plus le temps passait plus elle se demandait comment gagner. Et plus elle se demandait si cela était vraiment nécessaire. De toute manière elle ne pouvait plus rien y faire. Elle avait ce sentiment de ne plus rien contrôler, de s’abandonner, d’être à sa merci. Au fond elle lui faisait un minimum confiance, au point de ne plus se préoccuper du poignard qu’on pourrait lui planter dans le dos. Au point qu’elle ignora toutes ses précédentes remarques, il n’y avait de toute manière rien à ajouter à une boutade sur les irlandais ni sur le fait que la mort était préférable sur cette île. Car elle était d’accord. Et leur jeu se poursuivait, de même que les baisers et les caresses, la blonde finissant même par évoquer le sujet épineux qu’était l’amour. Elle n’esquissa plus le moindre mouvement l’espace de quelques secondes, le temps d’encaisser la réplique de l’albinos. Oui elle fuyait, cela lui arrivait dans de nombreux cas même si cela ne la dérangeait nullement. Sauf quand on venait à évoquer ses sentiments. Elle reniait ces derniers, et les fuyait, car elle en avait peur. Trop. Le plus dur fut probablement que ce soit Jesper lui-même qui lui fasse cette remarque, elle ne s’y était pas vraiment attendue. Mais que pouvait-elle répondre à cela ? Rien. Elle ne pouvait que se souvenir, se rappeler qu’il s’était aventuré sur ce terrain, et qu’il ne s’était pas montrer tendre.

    Les lèvres de l’infirmier poursuivirent leur route, traçant un chemin brûlant sur la peau de la belle. Elle s’abandonnait, mais ne désirait pas l’admettre. Quoi qu’il en soit sa réplique n’eut pas l’air de plaire à son compagnon, ce dernier lui signalant encore une fois qu’elle savait se débrouiller pour plaire, qu’elle était habituée à faire de l’effet. La rafleuse recula légèrement sa tête, vrillant ainsi ses prunelles dans celles, rouges, de l’infirmier. Il la prenait pour qui ? Une pute particulièrement sexy, qui le sait, et qui du coup saute sur tout ce qui bouge ? Et lorsque l’on trouve une femme belle ou désirable, fallait-il s’abstenir de le lui dire sous prétexte qu’elle le sait ? Un compliment faisait toujours plaisir. Mais soit, encore une fois elle ne dirait rien, ignorant encore la remarque. De toute manière les lèvres de son compagnon se posèrent de nouveau sur les siennes tandis que la main du concerné remontait le long de sa cuisse, à hauteur de sa taille. Elle finit d’ailleurs par enrouler ses jambes autour du bassin de l’infirmier, le haut de son corps se retrouvant désormais hors de l’eau. La remarque de l’albinos, cette fois, la fit légèrement sourire. Et elle répliqua, amusée.

    « C’est loin d’être vexant. Et puis ça te fera les muscles au moins. »

    Elle se contenta de l’embrasser par la suite, avec cette douceur qu’il désirait tant et qui la perturbait tant. Cette tendresse qui, malgré tout, devenait plus simple à offrir. Comme si il rendait ça naturel. Etait-elle en train de perdre ? Peut être, probablement. Mais il perdrait avec elle, c’était suffisant. Mais désormais elle sentait la morsure du vent contre sa peau, ce qui suffisait largement pour lui arracher des frissons. Provocantes, la blonde lui avait donc demandé d’intervenir, de la réchauffer. Ce qu’il fit, sans un mot de plus. Ses mains glissèrent, des reins jusqu’aux cuisses, et ses lèvres en firent autant, de son cou jusqu’à sa poitrine. Poitrine qu’il parsema de baisers, lentement, tendrement. Elle frissonna, et ce n’était plus à cause du vent. Détendue, elle s’abandonnait, totalement. Au point qu’elle fut surprise d’être lâchée aussi soudainement, puis rattrapée à l’ultime instant. L’eau chaude lui fit un bien fou, bien que cela n’égalait en rien les baisers brûlants que l’albinos venait de lui offrir. Ce dernier se retrouva au dessus d’elle, penché en avant, pour finalement l’embrasser à nouveau. Les mains de la belle étaient passées du torse à sa nuque et sa chevelure de neige.

    Jesper lui demanda alors si elle avait encore froid. Oh que non. Elle s’apprêtait d’ailleurs à le lui dire, amusée, quand finalement un baiser sur le bout de son nez la stoppa dans son élan. Et il prit la parole. D’une voix terriblement douce, pour une réplique qui ne l’était pas. Elle savait se montrer douce et cruelle, elle constata alors qu’il pouvait l’être tout autant. Et l’on pouvait dire que ce fut la goutte qui fit déborder le vase. La réplique de trop. La blessure de trop. Son premier reflexe fut de s’en vouloir, terriblement. Quelle idiote. S’abandonnant ainsi dans ses bras, elle avait voulu oublié le reste et avait désormais la sensation d’un poignard dans le dos, au creux de ses reins, endroit qu’il était en train d’effleurer. Il osait dire qu’il ne jouait pas ? Il osait ? Les prunelles de la belle se plantèrent dans celles de son interlocuteur, et l’on pouvait voir que la colère les faisait étinceler. Elle n’avait pas apprécié. Ce fut en restant lové dans ses bras que la rafleuse murmura, dans un sifflement glacial.

    « Tu ne joues pas ? Alors puis je savoir pourquoi, malgré les fois où je désirais reculer pour ne pas te blesser, tu revenais à la charge ? Pourquoi tu sembles également désirer me voir perdre. Pourquoi t’amuses tu à me faire cet effet, me détendre, pour mieux me poignarder ensuite ? »

    Un poignard, elle ne voyait plus que ça. Ce poignard qu’elle avait ignoré à chaque fois qu’il le lui plantait, en usant de ces mots, ces répliques auxquelles elle n’avait rien répondu. Au fur et à mesure qu’elle avait parlé, on pouvait la sentir se crisper, on pouvait voir cette flamme dans ses yeux. Elle n’avait pas apprécié. Ce fut pour cela qu’elle le lâcha pour de bon, contournant ce corps au dessus d’elle pour se placer à côté de lui, et finalement reculer de quelques pas. Atteignant de nouveau le rebord, la jeune femme s’y adossa, sans pour autant lâcher des yeux son interlocuteur. Un sourire narquois ornait de nouveau son visage et elle haussa les épaules, comme pour montrer qu’elle se moquait de toute cette affaire. Mais c’était loin d’être le cas, ce qu’elle prouva en reprenant la parole. Toujours de cette voix cassante, donnant l’impression d’un serpent crachant son venin. Et de chacun de ses mots suintait une ironie pure.

    « Mais ce n’est rien. Voyons ce que je peux faire d’autre. Considérons donc que j’ai perdu contre toi, mais comme je sais user de mes charmes, j’ai qu’à m’en taper un autre, afin de ne pas perdre ma soirée. Ou bien je n’ai qu’à fuir, c’est ce que je fais de mieux selon toi. »

    Tout. Elle lui ressortait tout. Chacune de ces répliques qui l’avaient surprise, dérangée. Son sourire s’accentua alors et elle ajouta, d’une voix faussement satisfaite.

    « Merci de m’avoir rappelé pourquoi il était inutile de s’attacher aux gens. »

    Après un dernier regard, assassin, la belle se détourna et sortit de l’eau sans hésiter. S’emparant de la serviette qui trônait sur son tas de vêtements, elle l’enroula autour d’elle, n’accordant plus une once d’attention à l’albinos.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Sam 12 Mai - 22:05

    - C’est ça. Tu ne me feras pas croire que tu penses à ne pas me blesser. Depuis que je te connais, c’est ce que tu recherches. Certes, c’est un jeu que tu as commencé et que je refuse que tu gagnes. Mais n’inverses pas les rôles, tu veux stopper tout en pensant le contraire.

    Jesper, irrité par la réaction de Drathir, s’éloigna d’elle en refusant qu’elle reste contre lui. Il la connaissait depuis un moment mais sa mauvaise fois commençait à l’énervé pour le coup. C’était un moment historique. L’infirmier perdait légèrement de sa patience légendaire. Il ne supporte pas de la voir énerver. Il ne supporte pas d’entendre les reproches qu’elle lui fait. Tout ça pour quoi ? Parce qu’elle a été blessé et qu’il a gagné. Bien sûr, il n’allait pas le lui dire mais tous les deux le savaient maintenant. C’est simple, quand Drathir n’a pas ce qu’elle veut, elle fuit. Affronter une difficulté, elle ne sait pas faire. Mais il ne pouvait pas la laisser dire certaines choses. Il plongea son regard dans le sien, sérieux.

    - Ce n’est parce que tu ne peux que mimer la douceur et l’amour qu’il en est de même pour moi. Je n’ai pas peur de ce que je ressens. Tout ce que j’ai fait, je voulais le faire et j’en avais envie. Et je ne te poignarde pas, j’essaie de te faire réagir. Je t’apprécie Drathir, bien plus que tu ne le penses ou ne veuille l’admettre.

    La jeune femme était blessée. Malgré les apparences, Jesper ressentait que quelques choses étaient brisées. Un brin de culpabilité envahissait l’albinos. Peut-être qu’il n’aurait pas dû… Qu’il était trop tôt. Non. Elle est intelligente. Il était sûr qu’elle allait réfléchir à tout ça et en tirer les bonnes conclusions. En mettant le point sur ce qui n’allait pas chez elle, elle peut l’améliorer et avancer. Tant pis si elle lui fait la gueule, il assume totalement. Finalement, elle s’éloigna à son tour de lui, se rapprochant du rebord pour s’appuyer. Elle ruminait. Elle doit se retenir de le tuer, c’est sûr. Il prit une inspiration en encaissant tout ce qu’elle avait sur le cœur.

    - Tu sais Drathir… J’ai l’impression que c’est la première fois de la soirée que tu me dis ce que tu penses réellement. Que tu sors ce que tu as sur le cœur.

    Ce qu’elle venait de dire, c’est tout ce qu’il pensait. Comme quoi, ils se comprennent plutôt bien. Et puis, cela montre aussi l’intelligence de la blonde. Il n’ne doutait pas d’ailleurs même s’il la prend ouvertement pour une conne parfois. Mais c’est juste histoire de l’embêter. Est-ce que Drathir imagine à quel point, il tient à elle ? Sans parler de sentiment. Jesper l’aime bien et aimerait la protéger mais il n’a pas les épaules. La situation inverse serait plus plausible même. Si seulement, elle acceptait d’être naturelle avec lui. Peut-être qu’avec le temps… Puis la belle sortit de l’eau et prit sa serviette en partant. Non sans une remarque qui lui fit mal. Avait-il tout fichu en l’air ? Et merde… Pourquoi ne pouvait-il pas la laisser tranquille ?

    - Drathir… Attends.

    L’infirmier s’approcha du rebord puis sortit de l’eau rapidement. Il avança quelques pas avant de prendre sa serviette et de rejoindre son amie. Il attacha habilement sa serviette autour de sa taille. Un fois près d’elle, il osa poser sa main sur son épaule pour qu’elle lui accorde son attention. Il ne pouvait pas la laisser s’en aller comme ça. Il ne pouvait la laisser lui faire la tronche et lui en vouloir à vie. Non.

    - Tu te trompes sur moi… T’es énervée mais tu sais bien que je te veux pas de mal et encore moins de mettre un coup de couteau dans le dos. En attendant, laisses moi encore une chance, j’ai un truc à te proposer.

    Un sourire apparut sur les lèvres de l’albinos. Puis se retournant vers l’ouest, on pouvait apercevoir la montagne. Elle était éclairée par les faibles rayons de lune. Il pointa alors son doigt vers l’immensité du paysage.

    - Je veux aller là-haut. Et je veux que tu m’y accompagne. Je suis une vraie bille, incapable de me défendre en cas de mauvaises surprises. Sois mon garde du corps pendant ce voyage. En échange, tu pourras me dire toutes les méchancetés que je t'inspire depuis des années.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources [Pv. Drathir]   Dim 13 Mai - 9:54

    Voulait-elle vraiment le blesser ? Oui et non. Au fond il s’agissait d’un cercle vicieux, l’un tentait d’emmerder l’autre, ce dernier répliquant aussitôt, et ainsi de suite. Un enchaînement qui finissait toujours par aller trop loin, comme en cet instant, faisant de sorte que l’un des deux craquait. Cette fois ci, c’était elle qui avait abandonné. De toute manière elle ne lui devait rien, et préférait largement mettre fin à la soirée plutôt que de rester tout en écoutant l’infirmier lui dire des choses qu’elle ne veut pas entendre. Peu importe, elle restait tout de même obligée de l’écouter, encore un peu. Face à sa première remarque, la blonde se contenta de serrer les dents. Elle aurait bien voulu lui dire de se taire, qu’il ne savait rien de ses intentions ou envies. Mais c’était faux. Il lisait en elle avec beaucoup trop de facilité d’ailleurs. Voila pourquoi elle le détestait presque autant qu’elle l’appréciait. Parce qu’il était le seul à voir ce qu’elle tentait de cacher au monde entier, il était le seul à voir son humanité, le seul à voir ses faiblesses. Et cela lui faisait peur, cela la perturbait. Elle ne savait jamais comment il allait agir avec elle, et par conséquent elle ne savait pas non plus comment se comporter avec lui. Quoi qu’il en soit, l’albinos vint à lui dire qu’il voulait juste la faire réagir, non pas la poignarder. De nouveau la jeune femme s’énerva, toujours adossé contre le rebord du bassin.

    « Me faire réagir ? Mais tu veux quoi, me transformer en bisounours ? »

    Son regard flamboyait désormais tandis que ses mains, sous l’eau, devenaient poings. Elle avait tenté d’ignorer la fin de sa phrase, lorsqu’il disait l’apprécier. Elle détestait ces instants. Ces moments où, alors que n’importe qui se serait mit à l’insulter ou se moquer ouvertement d’elle afin de l’enfoncer encore plus, lui voulait la retenir. Il la prenait par les sentiments. Et peut être étais ce pire que tout. Mais alors qu’elle était en proie à un véritable conflit intérieur, il l’agaça à nouveau, lui signalant que c’était la première fois qu’elle parlait ouvertement, dévoilant ainsi ses pensées et sentiments. Elle resta bouche bée l’espace de quelques secondes. Pourquoi lui faisait-il toujours ce genre de remarque. Que pouvait-elle répondre à cela ? Ce fut pour cela que, bien moins assurée qu’au début, elle répliqua d’une voix hargneuse. Une colère qui était censé compenser ce manque d’assurance.

    « Tu… Bordel t’as pas compris que c’était le genre de chose à ne pas dire ou tu le fais exprès ?! »

    Bah peu importe. Il fallait juste qu’elle parte, pour de bon. Ce fut pour cela que, après une dernière réplique amère, la jeune femme sortit de l’eau, enroulant sa serviette autour d’elle, alors qu’elle s’apprêtait déjà à se rhabiller. Fuir. Mais c’était déjà trop tard, de nouveau la voix de l’albinos parvint à ses oreilles. Attends. De nouveau la rafleuse serra les dents, agacée. Elle n’aimait pas quand il lui disait ça, n’aimait pas quand il désirait la retenir. Car, bien souvent, il y parvenait. Elle savait parfaitement qu’elle s’énervait pour rien, savait que sa réaction était démesurée. Peut être espérait-elle qu’ainsi il l’oublierait, arrêterait d’insister auprès d’elle. Quoi qu’il en soit la belle inspira lentement, jusqu’à ce qu’il pose une main sur son épaule. Se redressant, elle fit volte face, conservant cet air froid, distant. Mais évidemment il avait raison, il ne voulait pas la blesser, tout du moins pas réellement. Les deux rafleurs se cherchaient constamment, par jeu, par envie, par agacement aussi. Mais jamais ils ne s’étaient blessés jusque là. Cependant il était hors de question qu’elle admette être en tort. Elle était trop fière pour cela.

    Drathir finit par hausser un sourcil quand il lui proposa de lui laisser une nouvelle chance. Se demandant en quel honneur elle devrait faire une telle chose, elle finit par obtenir la réponse quand l’infirmier pointa du doigt le sommet enneigé. Il voulait y aller. Plus important il aimerait y aller avec elle, surtout qu’il serait incapable de se défendre et se ferait tuer si elle ne le protégeait pas. Elle se demanda si le coup de la protection n’était qu’un moyen de la faire céder, plutôt que de lui dire franchement qu’il voulait juste y aller avec elle. Peu importe. Peut être se faisait-elle des idées, pourquoi voudrait-il aller là haut en sa compagnie, juste parce qu’il l’aime bien ? Tenait-il à elle pour partager ça avec elle ? Lâchant un soupir, la blonde passa une main dans ses cheveux, décidant qu’il valait mieux ne plus penser à rien. Rien, si ce n’est cette fameuse proposition. Par principe, elle hésita. Par fierté surtout, elle prit son temps pour répondre, voulant donner l’impression qu’elle voulait surtout partir. Alors qu’au fond, la question ne se posait même pas, c’était oui. La belle avait toujours voulu y aller également et bien que le chemin soit aisé – donnant l’impression d’une ballade de santé – au début, malgré le froid, elle se doutait qu’à la fin, il leur faudrait probablement escalader quelques pans rocheux pour atteindre véritablement le sommet. Et cette idée l’enchantait. L’idée d’une ascension en pleine nuit et avec des conditions climatiques qui rendront la tâche difficile également, était un défi intéressant. Ce fut finalement dans un nouveau soupir qu’elle finit par accepter.

    « Ton marché est nul, je n’ai pas besoin de ton autorisation pour t’insulter. M’enfin… Allons y. Mais si tu me ralentis je te tue. »

    Sérieuse, elle finit quand même par s’autoriser un mince sourire. La voila désormais impatiente. Ce fut donc sans un mot de plus qu’elle se rhabilla, sans trop se soucier de la présence de l’infirmier. Faut dire que, après ce qu’il venait de se passer, la pudeur n’était plus de mise. Ce ne fut qu’une fois de nouveau vêtue, qu’elle hésita une nouvelle fois. Certes elle n’était pas du genre frileuse, mais se retrouver au sommet d’une montagne avec un simple pull, ça risque d’être un peu juste. Bah, tant pis, elle aviserait le moment venu. Quoi qu’il en soit elle attendit donc son compagnon, se contentant de réajuster le fourreau de sa dague à hauteur de sa ceinture. Une fois qu’il fut également prêt elle s’avança alors, inspirant une nouvelle fois. Oui, on pouvait dire qu’il avait parfaitement réussi son coup, maudit soit-il. Elle prit alors la tête, prenant la direction de la montagne non loin, ce ne fut qu’en cours de route qu’elle daigna demander à Jesper.

    « Tu as déjà fait de l’escalade ? Vaut mieux si tu veux vraiment arriver tout en haut. »
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