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 Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]
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MessageSujet: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Mar 22 Mai - 18:00

    Comme à son habitude, l’albinos avait eu gain de cause. Drathir, folle de rage avait tout de même accepté le défi. Qui d’autre qu’elle était assez dingue pour l’accompagner dans ce périple après tout ? Rapidement, ils s’étaient habillés. Jesper qui avait prévu ce petit séjour depuis quelques jours, possédait un sac à dos avec du matériel et des vêtements adaptés. Pour la jeune femme, c’était différent. Mais il était prévoyant. Une habitude, de toujours anticipé. Dans son sac, il y avait déjà tout son matériel pour les premiers secours. Il avait toujours ça sur lui. En plus, il avait quelques rations de nourritures et un sac de couchage. C’est pas qu’il ne voulait pas en prendre deux mais c’est tellement rare ici… Il n’en avait pu s’en procurer qu’un et avec de nombreuses difficultés. Une veste épaisse en plus pour son amie… Au cas où. Elle a beau faire la fière, elle reste une simple humaine, fragile face à la nature.

    C’est très tôt dans la matinée qu’ils atteignirent le bord de la montagne. Le début de l’aventure en quelques sortes. Sur le chemin depuis les sources, il n’y avait pas eu beaucoup d’échange. Jesper voulait laisser Drathir digérer ce qui s’était passé. Il avait été assez dur et ne voulait pas en remettre une couche. Alors que l’air devenait plus frais et que la route grimpait, il se rapprocha de la blonde, emboitant son rythme. Certes, il était plus élevé que le sien mais c’était gérable, pour l’instant. Il tourna la tête vers la jeune femme et sourit.

    - Si tu as froid, j’ai pris une veste supplémentaire pour toi. N’attend pas de geler sur place pour la prendre, d’accord ?

    L’infirmier s’en voulait un peu pour leur altercation aux sources. En espérant qu’elle passe à autre chose et que leur relation redevienne comme avant. Même ces remarques acerbes et méchantes lui manquaient, pour dire. Mais Jesper voulait croire que tout cela ferait du bien à Drathir. Que ça lui permettra de réfléchir et de se remettre en question. Ne serait-ce qu’un minimum. Le paysage était simplement sublime. Le jeune homme était à la traine à force de stagner quelques secondes pour regarder l’environnement. On pouvait voir les montagnes sur la lueur des premiers rayons de soleil. On pouvait apercevoir la neige éternelle au sommet, encore très loin. Puis en rattrapant sa coéquipière, il lui donna un coup d’épaule.

    - Tu sais, personne n’a jamais atteint le sommet. Il parait qu’elle est sacrée cette montagne… T’en pense quoi ? T’es du genre à ne pas croire toutes ces conneries non ?

    Il suffit de l’observer quelques minutes pour définir cela. Elle semble très terre à terre et rationnel. Le genre de personne qui ne croit que ce qu’elle voit. Un peu comme Jesper, ça fait un point commun. Au fur et à mesure qu’ils grimpaient tous les deux, le froid se faisait un peu plus mordant par bourrasque. Au milieu de l’après-midi, ils décidèrent de faire une pause, Jesper un peu à la traîne quand même. Il n’avait pas l’entraînement pour être endurant… Contrairement à elle. Alors qu’il avalait une gorgée d’eau, il sourit en direction de son amie.

    - Soit tu me tue maintenant ou bien tu ralentis ton rythme… Et puis, ce ne serait pas une mauvaise idée de garder tes forces. Avec l’altitude, tu vas fatiguer plus vite, crois-moi. Et je ne pense pas qu’en Irlande, tu es déjà monté si haut…

    Ce n’était en rien une provocation ou un reproche. Il était réaliste et voulait mettre en garde son amie. Mine de rien, il voulait la protéger à son niveau et prendre soin d’elle. Dans le cas d’un combat, ce serait son rôle de le protéger mais là, c’est à lui de la préserver pour la suite. Car sait-elle ce qui l’attend vraiment pour la suite du chemin ? Il n’était même pas à la moitié de celui-ci. Le sommet était encore bien loin. Mais peut être que le Danois sous-estime sa coéquipière et qu’elle sait beaucoup plus de chose que lui sur la montagne. Sait-on jamais avec elle. Une fois la pause terminée, ils avancèrent encore un bon moment jusqu’à ce que la route devienne beaucoup moins praticable qu’avant… Il devait grimper et sauter par moment… Jesper décida de détendre l’atmosphère. Juste derrière la blonde, son regard s’attarda sur ses formes, de façon à qu’elle le voit.

    - Moi qui pensais t’avoir vu plus sexy que jamais dans les sources… T’es pas mal en aventurière, voulant braver la montagne.

    Il esquissa un sourire, voulant rire de sa propre connerie. Faites que Drathir lui réponde et qu’elle le remette à sa place. Faites que les choses redeviennent comme avant… Il ne jouait toujours pas. Il voulait lui décrocher un sourire. Même sournois.

    - J’attends impatiemment les cours particuliers d’escalade…

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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Mar 22 Mai - 19:45

    Il avait tout prévu. Alors que le périple venait tout juste de s’organiser, à la dernière minute, il possédait cependant déjà un sac de couchage, de la nourriture, son matériel de premier secours et une veste bien chaude en plus. Elle avait toujours été impressionnée par ces personnes prévoyantes, bien organisées, qui avaient toujours ce qu’il fallait au bon moment. Cela lui rappelait sa propre mère. Peu importe. Après avoir attendu que son compagnon soit prêt, la blonde avait pris la tête. D’elle-même, la rafleuse avait imposé un rythme assez soutenu, bien que cela ne sembla pas déranger l’albinos. Elle avait juste besoin de marcher, vite. Besoin de laisser derrière elle les mots de l’infirmier, des paroles un peu trop vraies à son goût. Mais il se retrouva bien vite à côté d’elle, lui signalant que la veste était pour elle, si elle en avait besoin. La concernée se contenta d’hausser les épaules, sans un mot de plus. Elle savait parfaitement qu’elle attendrait d’avoir vraiment froid pour s’emparer de cette veste, et encore, peut être devrait-il la forcer pour cela. La demoiselle avait sa fierté, ce n’était plus un secret. Mais soit, elle verrait bien en temps voulu. Quoi qu’il en soit, Jesper finit par être à la traîne à force d’admirer le paysage. Drathir quant à elle, ne l’attendait pas, au fond elle s’amusait à le voir courir pour la rattraper, et cette distance qui les séparait parfois lui faisait du bien. Elle avait besoin d’être tranquille. L’avait-il compris ? Probablement, même s’il ne pouvait s’empêcher de parler, de faire comme si rien ne s’était passé. Elle fut tirée de sa rêverie par le coup d’épaule de son comparse, en guise de réponse elle lui écrasa le pied et finit par répondre, l’ombre d’un sourire narquois aux lèvres.

    « Elle pourrait tout aussi bien être maudite que j’en aurais rien à cirer. Comme tu dis, ce ne sont que des conneries, et je ne laisserais pas une montagne avoir raison de moi. »

    Et puis quoi encore, elle n’allait pas se laisser abattre à cause d’une ascension un peu difficile. Et si cette montagne était vraiment sacrée, elle demandait à voir en quoi elle était si spéciale. Elle ne croyait pas aux rumeurs, ni à ce genre de croyances. Elle ne croyait que en ce qu’elle voyait, entendait et pensait. Les autres importaient peu. Quoi qu’il en soit les deux rafleurs reprirent donc leur route, toujours au rythme imposé par la belle. Ils finirent tout de même à faire une pause en milieu d’après-midi. Le soleil brillait, pourtant elle n’en ressentait presque plus la chaleur, elle ne sentait que les bourrasques glacées et les sensations que lui procuraient l’effort que réclamait une telle ascension. Alors que la demoiselle s’asseyait déjà sur un rocher, l’albinos lui signala qu’ils leur faudrait ralentir l’allure, au risque de vraiment fatiguer ensuite, et aussi parce qu’il ne parvenait plus à suivre. De nouveau un sourire narquois orna le visage de la demoiselle tandis qu’elle répliquait, moqueuse au possible.

    « La première proposition est toujours aussi tentante. Ptite nature va. »

    Cependant il avait raison, et elle le savait. Mais par fierté, elle avait attendu qu’il soit le premier à être en difficulté. Et en effet, dans son pays natal, elle n’avait jamais eu l’occasion de grimper aussi haut. Peu importe, il était inutile de le lui signaler. Prenant à son tour une gorgée d’eau, admirant encore une fois l’organisation de son compagnon, ils finirent alors par reprendre la route et les choses se corsèrent déjà. En effet, il ne suffisait plus de marcher désormais. Mais c’était loin de déplaire à la blonde, bien au contraire. Elle aimait ce sentiment de liberté, cette sensation. Elle aimait sentir ses muscles endoloris, elle aimait sauter, grimper. Elle prenait même un certain plaisir à l’attendre. Elle se sentait vivante, ces instants étaient importants à ses yeux, même si c’était bien la première fois qu’elle les partageait avec quelqu’un. D’habitude ce genre d’escapades était son plaisir personnel, privé. Pourtant il était là. Et il le lui rappela bien vite lorsque, alors qu’elle grimpait en haut d’un rocher, il ne se gêna pas pour l’observer avec insistance. Alors comme ça, elle était mieux en aventurière ? Pas étonnant, et elle préférait même cette vision des choses, préférant de loin être séduisante maintenant, plutôt que nue dans des sources chaudes. La blonde ne répondit rien cependant, se contentant de l’attendre une fois en haut de son piédestal. Une fois qu’il arriva à sa hauteur cependant, elle arborait un faux sourire amusé. Sourire qui devint charmeur alors qu’elle passait ses mains autour du cou de l’albinos, se retrouvant contre lui. Son visage à quelques centimètres du sien, elle lui souffla avec douceur.

    « Et cette montagne on va la braver à deux. Si ce n’est pas magnifique tout ça… »

    Elle rapprocha encore son visage, mais finit tout de même par se détourner soudainement, avec dans ses mains, la veste dont lui avait parlé Jesper. Probablement avait-il sentit la demoiselle s’en emparer dans le sac qu’il transportait, mais peu importe. Le but premier de la manœuvre n’avait pas été de le séduire, ou du moins tenter de le faire, mais bien de trouver un prétexte pour s’emparer du vêtement. Reprenant tranquillement la route, la blonde enfila dans le même temps son bien. Ce ne fut que lorsqu’il reprit la parole, annonçant qu’il avait hâte de recevoir des cours, qu’elle daigna tourner la tête dans sa direction, l’ombre d’un sourire malicieux aux lèvres. Elle répondit alors, ses mots se voulant rassurant, mais l’intonation de sa voix sonnant comme une menace.

    « Tu vas adorer. Et je suis un professeur très patient en plus. »

    La bonne blague. Elle, patiente ? Elle serait incapable d’expliquer quoi que se soit à quelqu’un sans le frapper s’il ne comprenait pas du premier coup. Et elle était loin d’expliquer convenablement également, car ce qui lui semblait logique et facile, l’était rarement pour les autres. Elle se demandait pourquoi tiens. Quoi qu’il en soit elle reprit donc sa route. Comme convenu, elle avait donc ralentit l’allure et parlait rarement, elle semblait presque concentrée. Concentrée mais incroyablement satisfaite. Elle se sentait bien, tout simplement. Et cela faisait un moment qu’elle avait voulu entamer ce périple, la présence de l’albinos ne changerait rien à son plaisir en cet instant. Peut-être même qu’il s’agissait d’un plus, en fait. Et elle veillait à ce qu’il ne risque rien. Quand le chemin devenait glissant, elle le lui signalait. Quand il ralentissait, elle calquait son rythme sur le sien et l’attendait. Quand il peinait, elle était toujours au bout, un bras tendu, l’aidant ainsi à finir une ascension plus délicate. Mais sans dire un mot, sans même un sourire. Elle ne voulait nullement débattre sur toutes ces attentions qu’elle pouvait lui offrir. De toute manière, elle savait déjà quoi répondre si jamais il le lui signalait. Mais le ferait-il ? Pas sûr. Suite à leur altercation, il semblait faire attention à ce qu’il disait, ne voulant la froisser. Quoi qu’il en soit, vint le moment où il faisait trop noir pour pouvoir poursuivre sans risque. Elle ne voyait plus trop où elle posait les pieds et, n’ayant pas la moindre envie de faire une chute mortelle, elle chercha alors un abri convenable. Elle s’estima satisfaite en découvrant une espèce de grotte, au flanc d’un pan rocheux. Cela les protégerait du vent. Désignant l’endroit du bout de l’index, elle annonça alors.

    « On devrait s’arrêter, ça sert à rien de continuer dans ses conditions et je sais pas si on trouvera un aussi bon endroit plus loin. »

    S’avançant à nouveau elle ne put retenir un soupir à la fois soulagé et satisfait quand elle put enfin s’asseoir, à l’abri du vent glacial. La veste que Jesper lui avait procuré avait été forte utile. Repoussant ses cheveux en arrière, elle finit par vriller son regard dans celui de son compagnon. Elle hésita un instant, jaugeant son propre état puis celui de l’albinos, elle finit cependant par prendre la parole. D’une voix tranquille, légèrement moqueuse, et un peu lasse. Difficile de cacher sa fatigue dans ces conditions.

    « Je veillerais la première. Promis, aucun méchant ne viendra perturber ton sommeil, ptite nature. »

    Quoi qu’il en soit, il était certain qu’elle ne lui dirait pas ça si elle était vraiment trop fatiguée pour assumer le rôle. Et il était hors de question que les deux dorment en même temps. Si elle ne craignait nullement la montagne en elle-même, c’était une autre histoire concernant les divers voleurs qui pouvaient vagabonder. Ou même un ours bien vicieux, qui sait. Elle n’en avait encore pas vu ici, mais après tout… pourquoi pas.
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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Mer 23 Mai - 20:49

    - Je n’ai pas dit que c’était des conneries. Mais que tu pensais que c’était des conneries, nuance. Tu sais, depuis que je suis arrivé ici… Je ne suis plus aussi cartésien que sur terre. Tout est possible dans cette dimension… Je crois que les gardiens nous l’ont déjà prouvé non ?

    Autant sur Terre, aucuns évènements paranormales est possible. Tout s’explique là-bas. Ici, l’infirmier a vu des choses qu’aucuns cauchemars ne peuvent prédire. Si vous saviez, le genre de créatures que peut cacher cette prison. Il y a de quoi, avoir des frissons dans le dos, sincèrement. Lors de la pause suivante, le jeune homme retrouvait un peu de sa Drathir d’antan. Il réussit à lui décrocher un sourire narquois. Dommage que ce soit en évoquant sa mort qu’il apparaisse mais bon. Chaque chose en son temps. Puis le désir de le voir mort n’est pas réel. Du moins, c’est ce qu’il essaye de penser. La jeune femme a beau dire le contraire, elle l’aime bien. Même un peu, ce qui l’empêche de le tuer, véritablement. Elle finit par placer qu’il était une petite nature. Il ne dit rien là-dessus, sachant qu’elle n’était pas loin de la vérité, probablement.

    - Tu as sûrement raison… Mais ça peut avoir ses avantages, tu sais ? Quand on nous croit fragile, on n’ose pas nous bousculer. On nous croit inoffensif, on devient transparent, on nous laisse tranquille… Et là, on peut passer à l’action et faire mal. Très mal, parfois.

    Etait-ce un message caché ? Pas vraiment. Ni une mise en garde. Mais Jesper croyait en ce qu’il disait. Est-ce que quelqu’un, parmi les Rafleurs, le soupçonnait ? Pas à sa connaissance. Et pourtant, sa vie à l’extérieur du groupe est bien rempli et si, rien que le minimum est découvert, il finirait mort. Mais ça, il s’en fout. Certes, l’albinos fait de son mieux pour ne pas mourir et tenter de retourner sur Terre. Si sa mort devait arriver, il veut finir sa vie libre, en faisant ce qu’il veut. Peu importe comment tout finira… Il veut rester lui-même. Après l’avoir enquiquiner une nouvelle fois, elle réagit rapidement. La blonde vint se coller contre lui, charmeuse en lui murmurant qu’ils allaient franchir cet obstacle ensemble… Au son de sa voix, il avait l’impression qu’elle parlait d’une lune de miel. Il sourit, amusé. Quand elle le quitta, elle mit la veste qu’il avait pour elle. Sacrée Drathir.

    - Tu as le droit de me remercier. De penser à toi et à ta santé ! Je te préserve. Même si tu fais tout pour foutre en l’air mon boulot en étant si inconsciente.

    L’infirmier finit par hausser les épaules puis continua de la suivre. Non sans faire une remarque sur ses futurs cours d’escalade.

    - On n’a pas la même définition de patience, je pense…

    Jesper pouvait expliquer quelque chose de simple pendant des heures à une personne si besoin. Drathir lui frapperait la tête après la première explication. Ou peut-être pense-t-elle que ça rentre mieux comme ça ? Le Danois prit note dans sa mémoire, un jour, il expliquerait que non, à la blonde. Par la suite, il ne dit rien de plus. Il se concentrait sur le chemin. Malgré son habitude des montagnes, il trouvait le chemin peu pratique et vraiment pas évident à parcourir. Il n’avait pas honte et savait qu’il était en difficulté par moment. Physiquement, il n’a pas de soucis mais il ne sait pas toujours comment appréhender l’obstacle. La jeune femme lui était d’une grande aide. Il suivait ses pas et ça allait. Puis de temps en temps, il voyait une main se tendre vers lui. Il lui adressait un sourire sincère à chaque fois mais il n’avait pas de retour. Tant pis… La nuit finit par les surprendre. En effet, on ne se rend pas compte de l’heure qu’il peut être quand on voit toujours le même paysage. Mais la lumière décline rapidement. Peu de temps après, la jeune femme lui indiqua un renfoncement dans la paroi rocheuse.

    - Ça me va ! Je pense que c’est une bonne idée. On sera à l’abri en plus.

    Alors qu’ils pénètrent dans la petite grotte, les deux amis s’assoient non sans un soupir de soulagement. Les muscles commençaient à être endoloris. Jesper ne savait pas si c’était le cas pour Drathir aussi et n’osait pas lui demander. A tous les coups, elle l’enverrait balader. Il haussa les épaules pour lui-même puis ouvrit son sac. Il sortit alors le sac de couchage puis le déroula au sol. Il fouilla dans son bazar puis en ressortis un petit sachet de nourriture. Il y avait un peu de tout là-dedans… Pas forcément fameux mais c’mieux que rien. Alors qu’il déballait un peu toutes ses affaires, comme s’il était chez lui, ordonnant bien tout quand même, Drathir le fixait. La jeune femme finit par lui dire qu’elle commencera par faire le guet cette nuit. Sans attendre de réponse, elle fila au bord de la grotte pour surveiller. Quelques minutes plus tard, il finit enfin de s’organiser. L’infirmier se leva puis prit à manger, à boire et rejoint son amie. Il s’assit à côté d’elle, se touchant. Il lui tendit la nourriture et l’eau.

    - Tiens, je sais que c’pas terrible mais bon… Faut que tu t’hydrates bien et que tu manges pour être en forme.

    Jesper regarda un moment la jeune femme près de lui, alors qu’elle prenait ce qu’il lui tendait. Puis avec un sourire, il vient déposer un baiser sur sa joue. Tendre mais plutôt furtif.

    - Merci pour ton aide en tout cas. Je savais que je pouvais compter sur toi. Et puis, t’es plus patiente que je ne le pensais… Si tu commences à avoir froid, tu vas dans le sac de couchage d’accord ? Il faut pas attendre, faut se réchauffer vite.

    Avec un dernier sourire, il finit par ouvrir sa boîte de nourriture et manger une cuillère. C’est carrément déguelasse mais il avait faim alors bon. Pourquoi avait-il embrassé Drathir sur la joue ? Uniquement parce qu’il en avait envie… Et puis, c’est comme ça. Depuis les sources, c’était différent. Il n’aimait pas trop cette ambiance. Il essaye juste de faire un retour en arrière. Il veut qu’elle le provoque… Car pour le moment, il ne se sent pas très à l’aise. Le Danois n’est pas fatigué, il a l’habitude de dormir très peu… Et il voulait rester avec elle. Ce serait cool qu’elle daigne lui parler, un peu. Pendant un instant, il resta le regard sur elle… A quoi pouvait-elle penser ?

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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Jeu 24 Mai - 20:30

    Il fallait admettre qu’il n’avait pas tort. Depuis qu’elle avait atterrit ici, des choses étranges se passaient. Rien que la présence d’un chat qui parle relevait de l’étrange. Mais elle ne voulait pas s’en préoccuper plus de ça. Car cela signifierait des problèmes supplémentaires, des doutes et des incertitudes en plus. Car elle ne pouvait affronter des dangers qu’elle ignorait, encore plus quand il s’agissait de malédictions ou de montagne sacrée. Comment pouvait-elle affronter pareil sorcellerie hein ? Et vu la prison, elle ne serait guère surprise de savoir que rien de bon ne l’attendait. Comme si cette île pouvait faire des cadeaux, la bonne blague. Peu importe, elle ne répliqua donc rien, admettant en silence qu’il était loin d’avoir tort. La conversation fut autrement plus intéressante, et sérieuse, lors de la pause durant l’après-midi. En effet, l’albinos lui signala que sa faiblesse lui permettait d’être discret, et ne pas se faire embêter. Il pouvait faire mal. Très mal. Oh que oui, il savait se montrer aimable, pour finalement vous balancer une réplique en pleine tête. Des répliques qui pouvaient faire mal en effet. Ce fut pour cela qu’un sourire amer orna le visage de la blonde, tandis qu’elle lâcha d’une voix moqueuse.

    « Je n’en doute pas une seule seconde. »

    Mais elle n’avait pas insisté, finissant même par oublier. Elle ne voulait plus remuer le couteau dans la plaie, surtout quand il s’agissait de la sienne. Ils avaient donc poursuivit leur route sans un mot de plus concernant ce qui avait pu se passer aux sources. Pour sa part, elle se contentait de l’aider quand il en avait besoin, recevant ainsi des sourires sincères, sans jamais y répondre. Il lui avait demandé de l’accompagner pour le protéger non ? Cela lui semblait également normal de l’empêcher de tomber et de se briser la nuque contre un rocher. Et dans le genre mort à la con c’est pas mal. Quoi qu’il en soit vint le moment où elle put s’emparer habilement de la veste que lui avait réservé son compagnon. Elle était bien chaude, et c’était loin d’être de trop vu l’air glacial ambiant. Lorsque l’infirmier répliqua, elle se contenta de tourner la tête, jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, tout en haussant un sourcil.

    « Plutôt crever que de te remercier. Et puis c’est un juste retour des choses, moi je t’empêche de t’étaler par terre et je protège des vilains. Une veste, c’est pas cher payé en comparaison. »

    S’autorisant un mince sourire narquois, elle reprit donc sa route. Parfois en tête, parfois avec le jeune homme à ses côtés. Cela lui importait peu désormais. Elle avait ignoré sa remarque concernant sa patience, il n’y avait de toute manière rien à répondre, il savait parfaitement qu’il s’agissait là d’une qualité qu’elle ne possédait pas. Mais elle le fut suffisamment pour ne pas s’énerver, il fallait avouer qu’il était loin d’être un cas désespéré, ce qui facilitait grandement les choses. Il s’en était même très bien sortit et, lorsque la nuit tomba, les deux comparses purent trouver un abri satisfaisant. Cela les protégeait grandement du vent, ce qui était toujours ça de pris ici. Une fois à l’intérieur, et après une brève hésitation, la blonde annonça qu’elle prendrait le premier tour de garde et fila vers l’entrée alors que l’albinos déballait déjà leurs affaires. Enfin… ces affaires à lui, plutôt. Elle pensait être tranquille, pensant qu’il irait dormir assez vite. Il en fut finalement tout autre. En effet l’infirmier arriva finalement à ses côtés, s’asseyant près d’elle tout en lui tendant eau et nourriture, lui signalant qu’il lui fallait reprendre des forces. S’autorisant un sourire moqueur, elle répliqua d’une voix faussement douce et agréable.

    « Merci papa, heureusement que tu es là ! »

    Elle avait la sale impression d’être surprotégée. Peut-être faisait-il ça pour avoir la sensation d’être utile, de la protéger à son niveau. Soit, laissons le faire, tout en répliquant avec cette ironie qui lui était propre. Quoi qu’il en soit, son sourire moqueur disparut quand les lèvres de Jesper se posèrent sur sa joue, y déposant un baiser furtif mais tendre. Cette tendresse qu’elle maudissait tant. Et pourquoi d’ailleurs ? Parce qu’elle n’y résistait pas ? Rah, autant oublier, ne pas y penser. Ignorer. Lâchant un soupir, la belle lui jeta un regard lourd de sous-entendus. Il était chiant. Agaçant. Pourtant, elle l'appréciait oui. Elle s’apprêtait à répliquer, mais le regard qu’il lui lança la dissuada. Il s’inquiétait. Il voulait oublier tout ce qui avait pu se passer aux sources, juste reprendre de zéro, espérant qu’elle oublie ce qu’il avait pu dire. Mais elle n’oubliait jamais, elle retenait, s’adaptait. Avançait. Lâchant un soupir, elle entama également ce qui lui servait de repas. C’était franchement dégueulasse en effet, mais au moins ça nourrissait. De nouveau elle soupira et prononça d’une voix nostalgique.

    « Je donnerais tout pour un hamburger dégoulinant de sauce. Ou un morceau de fromage, un vrai ! »

    Le fromage, ce qu’elle avait aimé ça. Levant de nouveau les yeux vers son interlocuteur, elle l’observa un instant. L’espace d’un instant, elle voulut lui annoncer qu’elle n’irait dans ce sac de couchage que pour le retrouver lui. Mais elle finit par s’abstenir, elle trouverait une autre occasion pour ça. Pour une fois, elle avait envie de se montrer sincère. Peut être parce qu’elle estimait que l’instant était favorable à ça. Elle qui, pour une fois, partageait une de ses escapade avec quelqu’un, elle pouvait probablement partager un peu de ses pensées. Elle prit donc la parole, d’une voix à la fois sérieuse, mais teintée par moment d’un réel amusement.

    « T’es chiant, vraiment. Mais je m’en suis rendu compte qu’après. Ce qui m’avait frappé chez toi, c’est que tu es prêt à tout pour défendre tes convictions, quitte à en mourir. C’est rare, trop rare. Tu te souviens quant au début de la soirée, tu m’as demandé qui j’avais tué ? Moi j’aimerais bien savoir qui tu as soigné. »

    L’ombre d’un sourire naquit sur les lèvres de la blonde. Léger. La question était rhétorique, elle s’était toujours plus ou moins douté que Jesper employait son temps libre à soigner d’autres personnes que les rafleurs. Son allégeance n’allait pas à Hurle, il n’était parmi eux que par intérêt, par nécessité. Peu importe. Mais elle ne doutait pas du fait qu’il employait les connaissances pour faire le bien autour de lui. Mais elle voulait qu’il le lui dise.
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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Dim 27 Mai - 9:37

    Jesper finit par hausser les épaules aux remarques de Drathir. Le contexte était étrange. Ses remarques tranchaient beaucoup plus. Vaut mieux, ne pas l’enquiquiner encore plus la pauvre. Sinon, ce serait un pain direct. La scène serait amusante mais l’infirmier n’est pas prêt à passer des heures à se faire excuser. Supplier la blonde, ce n’était pas son dada. Par contre, il imagine très bien le contraire… Mais il sait bien qu’il sera mort avant de pouvoir vivre ça. Malheureusement.
    Lors de leur pause pour la nuit, il avait tout préparé. Normalement, ils ne manqueraient de rien, du moins, pour l’instant. La seule chose qui inquiétait le Danois, c’était le froid. La nuit venue, ce serait dur… Et Drathir qui minimise tout ça, il était inquiet pour elle mais ne lui dirait pas directement. Juste à travers des petites attentions, qu’elle déteste, évidemment. Pour preuve, sa moquerie quand il lui apporte de la nourriture et de l’eau. Il se contenta de soupirer en s’asseyant.

    - T’as vraiment des réactions puériles parfois.

    Puis, sans vraiment réfléchir, il alla déposer un baiser sur la joue fraîche de son amie. Pour la remercier de ce qu’elle fait pour lui et d’être présente. Sa réaction était assez étrange. Dans un premier temps, elle avait l’air déstabilisé par la tendresse du geste mais elle se ressaisit et lui lança un regard qui voulait tout dire. Il l’énervait. Enfin, plutôt son geste conclu Jesper. Il était certain qu’elle faisait mine d’être souler. Mais qu’au fond, elle aimait bien sa tendresse et que ça l’adoucissait un peu. L’infirmier était fier de lui, se contenant de lui sourire. Puis comme si de rien était, elle déclarait vouloir manger un hamburger avec du fromage. Chose très diététique au fond. Il sourit. Un peu nostalgique à son tour. Prise de conscience…

    - C’est vrai… Je crois que j’ai déjà oublié ces goûts, ça fait si longtemps. Mais ce qui me manque le plus, c’est le poisson… Il n’a aucun goût ici.

    Il ne faut pas oublier que le jeune homme est d’origine nordique. Le poisson, en particulier le saumon était une spécialité. Il en mangeait plusieurs fois par semaine. Mais ce qui inquiétait le plus Jesper, c’était l’oubli. Il ne voulait pas oublier ces bonnes choses et ses souvenirs. Il ne voulait pas oublier sa vie sur Terre. Si sa mémoire gustative s’estompe… Ce sera laquelle ensuite ? Les odeurs ? Celles de la nature, de la ville, de la nourriture… Passant une main sur son visage, il reprit ses esprits et se concentra de nouveau sur la conversation de Drathir. Celle-ci était restée silencieuse un moment. Puis elle finit par lui dire ce qu’elle pensait. Vraiment. Et il lisait dans ses yeux qu’elle était sérieuse. Qu’elle avait envie de partager quelque chose avec lui… Heureux, Jesper essayait de ne pas le montrer mais il ne laissera pas passer ce moment… Peut-être pourrait-il se racheter auprès de la Belle.

    Seulement, il y a un petit souci. Après lui avoir dit qu’il était chiant puis de l’avoir complimenter sincèrement sur son caractère et ses convictions, elle lui posa une question très embarrassante. S’il lui répondait sincèrement, il pourrait avoir des soucis. Non pas qu’il n’a pas confiance en son amie. Mais… Elle a le sang chaud. Et il sait que quand elle est énervée, elle peut dire beaucoup de choses, blessante. Et si elle sort ça devant tout le monde comme un reproche, il était bon pour passer à l’échafaud. Personne ne sait ce qu’il fait, qui il soigne. On sait juste qu’il est infirmier chez les Rafleurs. Que faisait-il de ses journées ? Où était-il ? Oh, il y a bien un ou deux espion de Hurle qui l’avait suivi au début mais il se tenait à carreau car il savait qu’il était testé. Mais après presque cinq ans de service, il avait la confiance du Carrousel. Et il était libre. Bon, Drathir s’est confié, il ferait de même mais pas en totalité. Elle ne comprendrait pas qu’il est des relations avec des chimères. Il passerait outre ce détail, il le garde pour plus tard. Prenant une grande inspiration, il se lança.

    - Oh… C’est que… Enfin. Je soigne beaucoup de monde ici. Les Rafleurs sont loin d’être la majorité de mes patients, c’est plutôt le contraire. Et je coirs avoir soigné tout type de personne depuis mon arrivée. Mes journées, je les passe souvent à Close, dans le quartier pauvre. Il y a une population très demandeuse au niveau des soins. Mais ici, je n’y arrive pas. Si on était sur Terre, je pourrai sauver la totalité des malades. Et plus ça va, moins je le supporte. Voir un malade sur deux mourir, ça me gave sérieusement. Mais bon, il parait que c’est ce qu’on mérite vu qu’on a été envoyé ici.

    Jesper s’était laissé emporter par ses sentiments lors de son discours. L’infirmier en avait dit plus qu’il ne le pensait. Mais en plus de ça, il avait les poings serrés, son estomac noué, le regard fixant un horizon invisible dans la nuit qui les enveloppe. Il finit pas poser à terre sa nourriture, il n’avait plus faim. Ce qu’il avait dit, il le pensait vraiment. Et cela le rongeait chaque jour. Savoir que l’on peut aider des gens mais qu’on n’en a pas les moyens, c’est frustrant, rageant, énervant. C’est sa pire torture ici. Heureusement qu’il y avait des patients qui s’en sortaient pour l’empêcher de déprimer et de renoncer au métier. Que penserait Drathir de tout ça ? Il n’en sait strictement rien mais là, il n’est plus vraiment en état de discuter là-dessus. Comme s’il venait d’ouvrir une vieille blessure. Il finit par se lever.

    - Je vais m’allonger un peu. Fais attention à toi Drathir. Préviens-moi quand tes yeux se ferment tout seul.

    Le Danois vint déposer un nouveau baiser sur le front de la Blonde puis avec un sourire, il entra dans la grotte pour s’allonger sur le sac de couchage sans entrer à l’intérieur. Il n’avait pas froid. Mais il n’avait pas envie de dormir. Pourquoi était-il partit ? Pourquoi vouloir se miner le moral seul plutôt que de rester en compagnie de l’Irlandaise ? Sûrement parce que c’est son habitude, de fuir quand on s’intéresse à lui. Les mains sous la tête, il fixait un point invisible sur le plafond rocheux. Son sentiment d’impuissance avait mis à nu par Drathir. Car il ne soigner pas ici et c’était ce qui lui faisait le plus mal. Mais ce n’est pas de sa faute… Lui en voudrait-elle d’avoir fuis ? Il espère sincèrement que non et qu’elle reconnaitrait son effort, sa sincérité dans sa réponse.
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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Dim 27 Mai - 12:42


    Des réactions puériles ? Possible. Mais il fallait admettre que c’était rare. Quoi qu’il en soit la demoiselle décida de ne rien répondre, elle se moquait, il répliquait. Jusque-là tout était normal presque. Peut-être aurait-elle sourit s’il n’était pas venu déposer un baiser sur sa joue. Alors qu’elle montrait clairement son agacement, lui se contentait de sourire, presque fier de lui. Ce qu’il pouvait être chiant quand il voulait. Mais la belle décida de passer outre, se contentant de poursuivre la conversation, évoquant le plus naturellement du monde les hamburgers. La bonne bouffe lui manquait, certes ça n’avait rien de diététique, mais c’était bon, surtout si l’on comparait à ce qu’elle mangeait ici. L’albinos répondit que dans son cas, c’était surtout le poisson qui lui manquait. Pas étonnant, ça aurait pu être son cas également, mais elle n’aimait pas cet aliment. Dommage hein ? La belle ajouta alors, amusée, même si cela n’avait plus aucun rapport.

    « Le soleil me manque aussi. Bronzer sur la plage tout en demandant à un parfait inconnu de vous mettre de la crème solaire dans le dos. »

    Son sourire s’élargit, légèrement. Le nombre de fois où elle avait fait le coup. Et le soleil, cela lui manquait terriblement. Ici tout était sombre, froid. Effrayant pour la plupart. Mais peu importe. La conversation dévia à nouveau. En effet après une brève hésitation, la jeune femme décida de se montrer sérieuse, de s'ouvrir un peu. Déclarant ce qu’elle avait aimé chez lui, tout en nuançant un minimum. Il ne fallait pas non plus qu’elle se montre trop gentille. Mais ce fut pour finalement lui demander ce qu’il faisait de ses journées, qui soignait-il en dehors des rafleurs ? Elle espérait une réponse. Elle attendait une réponse. Car si, alors qu’elle faisait elle-même des efforts, il n’en faisait aucun, la blonde savait qu’ils iraient droit dans une impasse. Silencieuse, elle l’observa. Il hésitait, mais après une grande inspiration, il se décida à lui répondre. Et dans son discours, une précision la frappa, la faisant sourire légèrement. Elle releva alors l’information, d’une voix tranquille.

    « Tout type de personne hein ? »

    Même les chimères par conséquent ? Probablement. Après tout il refusait de tuer, lui ne devait donc pas vouer une haine aux chimères comme tout le monde. Drathir quant à elle, ne les haïssait pas non plus. Certes elle s’en méfiait énormément, car il s’agissait en quelque sorte d’une étrangeté à ses yeux, mais elle ne les détestait pas. Ils avaient juste le droit au même traitement que les autres, malheureusement. Elle tuait car c’est ce qu’elle faisait de mieux, parce qu’elle n’avait plus assez de compassion ou d’amour pour pouvoir aider les autres. Et puis si elle quittait les rafleurs, elle ne connaissait aucun autre moyen d’obtenir un semblant de liberté. Car ici, pour être libre, il fallait être fort. C’était aussi simple que cela à ses yeux, ou bien il fallait avoir de bons contacts. La prison était une jungle. Mais peu importe, elle abandonna sa rêverie pour se concentrer à nouveau sur son compagnon. Le sourire de la belle disparut progressivement, alors qu’elle l’observait. Lui, les poings serrés, le regard presque absent. Elle ne pouvait totalement comprendre ce qu’il ressentait, mais elle pouvait l’imaginer. Un infirmier, habitué à soigner avec les bons outils, désirant sauver des vies. Infirmier désormais condamné à travailler avec le peu qu’il pouvait trouver, ce qui était souvent insuffisant pour sauver la population. Il devait être frustré, et pas qu’un peu. Mais elle garda le silence, il n’y avait de toute manière rien à dire.

    Cependant elle fut surprise quand il posa alors sa nourriture et quand il finit par se redresser. Il désirait s’allonger un peu, et elle se devait de le prévenir quand elle serait trop fatiguée. Il déposa un baiser sur son front, toujours un sourire aux lèvres, puis il s’éloigna. La blonde le retint. Sa main se referma en effet sur le bras de l’albinos, il n’y avait cependant aucune brutalité dans son geste, au contraire. Il était doux. Vrillant son regard dans le sien, elle souffla alors.

    « Ne me critique plus quand je fuis mes sentiments ou ceux des autres. Toi aussi tu fuis, n’oublie donc pas que, comme toi, je me protège comme je peux. »

    Elle le lâcha alors, ses doigts glissant le long de son bras, jusqu’à son poignet, pour finalement le laisser tranquille. Elle se détourna alors, fixant l’extérieur sans un mot de plus. Elle espérait qu’il ne prendrait pas ses paroles pour une critique. Elle voulait juste lui faire comprendre que, comme elle, il fuyait pour se préserver. De quoi avait-il peur ? Elle l’ignorait. Il ne voulait pas révéler des choses sur lui, probablement pour éviter que les gens ne puissent l’atteindre. Comme quoi, ils avaient peut-être plus en commun qu’elle ne voulait l’admettre. Lâchant un soupir, l’Irlandaise finit par se concentrer sur ce qui se trouvait à l’extérieur de la grotte, attentive. De temps en temps elle jetait un coup d’œil par-dessus son épaule, observant son compagnon sans un mot de plus. Plusieurs heures passèrent et la belle commençait sincèrement à fatiguer. Elle s’apprêtait à le signaler à Jesper quand un bruit attira son attention dehors. Infime, elle avait cependant eu l’impression de bruits de pas, des bottes s’enfonçant dans la neige. Elle appela alors l’albinos, dans le but de le réveiller. Il valait mieux qu’il se prépare, au cas où, et même si ce n’était qu’une fausse alerte elle avait bien l’attention d’échanger les rôles. Ce ne fut qu’à ce moment-là qu’elle s’aventura dehors, légèrement.

    Elle n’y voyait presque rien, ce qui était sincèrement agaçant. Elle prit la décision de ne pas trop s’éloigner de la grotte. Attentive, sa main reposant sur sa dague, elle était sur le qui-vive. Elle aperçut alors un homme, face à elle, foncer dans sa direction. Il était maladroit, loin d’être discret, et il le fut encore moins quand il se mit à hurler, comme pour se donner du courage. Il avait une hache dans la main mais la tenait mal, il n’avait rien d’un combattant. Le pied de la demoiselle lui déboîta la mâchoire et l’expédia à terre. Cependant, le hurlement de cet abruti l’avait empêché d’entendre ce qui arrivait dans son dos et, sans trop comprendre ce qui lui arrivait, elle se retrouva à terre. Le vent glacial ajouté au contact de la neige contre ses vêtements ou sa peau, la congela sur place. Ravalant une insulte, elle envoya sa tête en arrière, offrant ainsi un magnifique coup de boule à l’homme qui tentait de la maintenir au sol. Elle en profita pour inverser leurs positions, se retrouvant ainsi au-dessus de son agresseur. De ses poings elle le frappa au visage, à deux reprises. Elle ne voulait pas le tuer, à cause de la présence de Jesper. Décidément, elle faisait beaucoup d’efforts pour lui, s’en était presque effrayant. Cependant l’homme glissa sa main jusqu’à hauteur de sa ceinture et en sortit un couteau, tentant de planter ce dernier dans le cœur de la belle. La jeune femme retourna rapidement le poignet de son adversaire, pointant ainsi la lame en direction de son cœur à lui. Mais dans le même temps, l’homme, probablement persuadé de pouvoir la tuer, s’était brutalement redressé afin de l’atteindre. Il se retrouva donc poignardé par sa propre lame. Lâchant un soupir, elle imaginait déjà le pire concernant la réaction de Jesper, la blonde recula alors, après s’être assurée de la mort – rapide – de son adversaire. Une fois debout elle retourna et découvrit sans trop de surprise que le premier voleur avait prit la fuite. Probablement ne reviendrait-il pas.

    Une fois de nouveau debout, et l’adrénaline du moment étant en train de passer, Drathir se mit à claquer des dents, retenant de nouveau une insulte. Là, elle avait sincèrement froid. Ôtant un maximum de neige, époussetant ses vêtements, elle observa encore les environs, attendant encore un moment avant de rentrer. Elle voulait s’assurer que personne d’autre ne viendrait pour le moment. Une fois rassurée sur leur sort, l’irlandaise rentra donc dans la grotte, grelotant. Jetant un coup d’œil à son compagnon, elle siffla, franchement agacée.

    « L’enfoiré, me foutre dans la neige avec un temps pareil. Tu m’excuseras hein, mais il est mort, c’est pas vraiment de ma faute en plus. Sur ce, on va échanger nos places. »

    Sans un mot de plus la jeune femme s’approcha du sac de couchage. Elle commença alors par se déshabiller, encore une fois la pudeur n’était pas de mise, surtout vu les circonstances. Elle déposa ses vêtements sur une roche, après avoir retiré la neige qui s’y trouvait, avant de se glisser dans le sac de couchage. Il y était encore, mais honnêtement elle s’en fichait. Elle avait trop froid là, surtout désormais nue. A peine se réfugia-t-elle dans cet abri de fortune qu’elle se sentit mieux. Mais, vu le peu de place, elle était tout contre l’infirmier et elle comprit bien vite que c’était sa chaleur qui lui permettait de se sentir mieux. Les doigts de la belle effleurèrent son cou, elle s’apprêtait à se reculer mais ce contact brûlant lui fit un bien fou. Lui devait avoir froid par conséquent, mais tant pis. Un peu d’égoïsme lui sauverait peut être la vie pour le coup.
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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Dim 27 Mai - 15:07

    - Le soleil, ce n’est pas trop mon truc… Et puis, ma peau ne le supporte pas. Pour la crème, je serai candidat pour t’en mettre par contre…

    Jesper lui sourit, la défiant un peu. Après ce qui s’est passé au Sources, lui étaler de la crème dans le dos n’était rien, clairement. Et puis, un peu de provocation ne pouvait faire de mal. Surtout qu’entre eux, c’était une raison de vivre. La conversation suivait son cours puis quand il décida de se confier à elle, elle ne retint qu’une chose. Il n’avait pas précisé quel genre de personne, il soignait et elle l’avait souligné. Sacrée Drathir, elle remarque toujours tout. Oui, il avait des chimères dans ses contacts. Oui, il en avait soigné. Et non, il ne le regrette pas. Bien au contraire. Ce sont des êtres très intelligents pour la plupart et leurs connaissances de cette dimension sont primordiales pour Jesper et son espoir de sortir d’ici.

    - Des natifs, beaucoup. Des perdus et des chimères. Après, très peu de personnes savent que je suis Rafleur. Je ne serai pas accueilli si bien, sinon.

    En disant cela, il sous entendait qu’il ne voulait pas qu’on crie sur tous les toits, qu’il était membre de ce groupe. C’était déjà un lourd fardeau, chaque jour. Et le fait d’être détesté de ses compagnons était un grand avantage. Personne le saluer en le croisant ni venait discuter. Le Danois avait sa petite réputation à Close. Ce n’était pas pour lui déplaire. Avoir un peu de chaleur humaine dans cette dimension, c’était son rayon de soleil. Cependant, Jesper s’était laissé submerger en s’ouvrant à Drathir. Ce n’était pas sa faute, à elle. Mais bien à lui, car c’était un sujet délicat et il n’aimait pas y penser. Lâchement, il lui dit qu’il allait se reposer. Pour éviter qu’elle ne fouille encore plus en lui. Mais au moment où il lui offrit un baiser sur le front, elle le retient… Et il sentit une douceur qu’il n’avait que trop peu sentit chez elle jusqu’à maintenant. Il en frissonnait. Touché.

    - Promis.

    Que pouvait-il dire de plus ? De toute façon, il n’y avait rien à ajouter dans le fond. La demoiselle avait bien remarqué son manège et ne lui retournait que justement, sa remarque antérieure. L’albinos lui avait reproché de fuir aux Sources et voilà qu’il faisait de même. Pour lui, ce n’était pas la même chose mais il ne voulait pas débattre avec la Belle. Jesper n’avait pas de mal et ne fuis pas les sentiments qu’il éprouve pour les autres. Là, le vrai souci, c’est lui avec lui-même. Rien à voir avec les autres contrairement à Drathir. M’enfin, on peut débattre des années sur ce sujet mais il ne voulait pas, il ne voulait plus. Tout en s’allongeant calmement, il réfléchit. A ses conditions, ses actions, un peu comme un bilan. Il n’était pas fameux mais ça pourrait être pire. Le jeune homme ne dormait pas, il n’y arrivait pas. C’est difficile quand on a la tête pleine de réflexions. Auxquelles, on n’a jamais de réponse fixe. Les heures passèrent…

    C’est alors que la blonde bougea. Il l’avait entendu, il ne dormait toujours pas. Mais alors que la silhouette de la jeune femme approchait, il fit demi-tour et lui signala qu’un bruit était proche. Jesper se contenta d’hausser les épaules et de lui dire de rentrer mais elle était déjà partie. Elle n’en fait qu’à sa tête. Sincèrement, il n’était pas inquiet pour elle. Car cela devait être un animal, rien de plus. Et puis Drathir était la meilleure combattante qu’il connaissait, elle sortirait vainqueur de n’importe quelle situation. Puis plus rien. Et oui, ce con s’était endormi. A croire que la présence de Drathir le gênait, qui sait. Ses yeux s’étaient fermés mais il restait attentif au début. Seulement, il relâcha son attention quelque seconde et c’est le drame. Le voilà endormi paisiblement. Ce n’est qu’en entendant Drathir jurer en revenant, qu’il sursauta et se rendit compte de sa débilité.

    - Mais… Il s’est passé quoi exactement. C’était des voleurs ? Animaux ?

    Puis avant même qu’il ne put bouger ou faire quoi que ce soit, la Belle se déshabilla sous ses yeux puis entra dans le sac de couchage. Entre nous, la vue était sublime mais il revint dans la réalité très rapidement. Drathir était tout simplement glacée. Ses vêtements trempés lui avait refroidit tout le corps. Elle avait eu le bon réflexe en se mettant nu mais le souci, c’est que le sac de couchage ne peut pas suffire à la réchauffer. Et quelque chose nous dit qu’elle s’en était rendu compte. Ils étaient collés l’un à l’autre et il sentait ses frissons au contact de sa chaleur. Pendant un moment, il ne sut quoi faire. Elle avait demandé à échanger les places donc il devait partir… Mais elle était si froide. Il sentait ses extrémités, elle lui donnait froid à lui aussi. Puis Drathir vint effacer ses doutes. Elle passa ses doigts congelés dans son cou. Avait-elle changé d’avis ? Tant pis, il lui devait bien ça après tout.

    - Je vais rester un peu avant de prendre le tour de veille… Même si ça ne t’enchantes pas, je pense que tu te réchaufferas plus vite si je suis contre toi.

    De toute façon, il n’attendait pas de réponse. Il se décolla de Drathir pendant un instant puis ôta son chandail. Et oui, rien de vaut un peau à peau mais il n’enlèvera rien d’autre. La fraîcheur de son amie le fit hésiter mais il prit son courage à deux mains puis se colla à elle. Son torse nu était complètement collé au dos de la Blonde. Il était sur le côté, allongé sur un de ses bras. Celui qui était libre enlaça le corps gelé. Son coude reposait sur sa hanche tandis que sa main était posée sur son ventre. L’infirmier savait que maintenant, elle ne lui demanderait pas de partir. Sa chaleur était trop important et le bien être qu’elle procurait à Drathir l’en dissuaderait. Puis finalement, il vint poser sa tête sur l’épaule de la jeune femme, respirant ainsi son odeur. Puis sans s’en rendre compte, il cala sa fréquence respiratoire sur la sienne. Son souffle réchauffait la nuque de la Belle. Machinalement, avec la pulpe de ses doigts, il caressa la peau rafraîchit de son ventre. Pour vu qu’elle n’attrapa pas de virus avec cette bêtise, il était légèrement inquiet.

    - Ça va mieux ?

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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Dim 27 Mai - 17:37

    Lorsqu’il lui avait annoncé qu’il serait partant pour lui mettre de la crème dans le dos, la jeune femme esquissa un sourire amusé. Elle prenait note, sait-on jamais. Mais elle n’eut pas le temps de s’attarder sur la question, car la conversation se poursuivait, l’albinos devenant la cible principale des interrogations de la belle. Elle avait d’ailleurs vu juste le concernant, il soignait bel et bien des chimères. Cela était loin de la déranger elle, mais ce ne serait pas le cas pour le reste des rafleurs, ou du moins la majorité d’entre eux. Surtout Hurle en fait. L’espace de quelques secondes la demoiselle se demanda ce qu’il se passerait si le chef venait à l’apprendre. Probablement qu’il ordonnerait l’exécution clair et nette de l’albinos. Ce qui n’était pas vraiment souhaitable, mine de rien elle y tenait à ce chieur. Elle se mit donc à imaginer sa réaction si cela venait à sa produire, mais bien vite elle abandonna, préférant ne pas y penser. Elle avait cependant bien compris le sous-entendu, de toute manière elle ne s’amusait pas à crier sur tous les toits le nom des rafleurs, évitant même d’annoncer qu’elle faisait partie du groupe, bien que cela devenait un peu plus évident à chaque rafle.

    Peu importe, bien vite l’infirmier s’était éclipsé. Lorsqu’elle l’avait effleuré, avec une douceur rare, elle l’avait senti frissonnée. Elle n’était pas habituée à de la tendresse, et lui n’était pas habitué à la sienne. C’était compréhensible, elle était rare. Mais lorsqu’il lui promit de la laisser tranquille à l’avenir, elle le lâcha et le laissa dormir paisiblement. Pour sa part, elle se contenta de surveiller les environs. Lorsqu’elle entendit le bruit, elle se précipita bien vite dehors, alors que Jesper lui disait déjà que c’était inutile, qu’il s’agissait probablement d’un animal. Cela la fit légèrement sourire. Elle ne se permettrait jamais ce genre de réflexions, bien trop méfiante pour se contenter d’une incertitude. Certes si c’était un animal et bien elle ne risquait rien, mais si c’était un adversaire elle préférait aller à sa rencontre plutôt que d’être prise par surprise. Surtout que dans ce cas précis, ce fut elle qui eut raison. Le combat avait d’ailleurs suivit et, une fois victorieuse, la jeune femme rentra de nouveau dans la grotte, frigorifiée. Franchement agacée, elle le fut encore plus devant la première remarque. Comment ça ? Il n’avait pas entendu l’autre abruti crier dehors ? Et en rentrant elle l’avait vu sursauté. Mon dieu, il dormait ? Vraiment ? Quel inconscient, et elle ne se gêna pas pour le lui signaler.

    « Tu te fous de moi ? Tu te rendors dans un moment pareil ? Oui je me débrouille bien mais je suis loin d’être invincible, ils auraient pu m’avoir et ils auraient juste eu à te saigner, t’aurais rien vu venir ! »

    Et mourir dans son sommeil, c’était bien une mort débile au possible. La blonde avait haussé le ton, sans trop le vouloir. Elle savait bien que son agacement était principalement dû à l’homme qui avait osé la mettre dans un tel état. Elle avait froid, il l’avait bien eu quand même, bref cela suffisait pour la mettre en rogne. Et de savoir que lui ne se méfiait de rien, quelle idée. N’avait-il aucun instinct de survie ? Voulait-il vraiment mourir ou quoi ? Dans ce cas il suffisait de demander, elle l’aiderait sans soucis. Lâchant un soupir, dans le but de se calmer, ce fut tout en se déshabillant que la belle poursuivit, d’une voix un peu plus calme bien que l’on pouvait toujours y lire une pointe d’énervement.

    « Rien de bien grave. Deux voleurs, mais le premier criait comme un dingue, j’ai pas entendu l’autre qui arrivait dans mon dos. Il m’a balancé à terre et voilà… Lui est mort, l’autre s’est enfui, je pense pas qu’il reviendra mais sait-on jamais, tu feras gaffe cette fois. »

    Elle se retrouva alors dans le sac de couchage, mais compris bien vite que ce ne serait pas suffisant. Elle le constata quand ses doigts effleurèrent le cou de son compagnon. Il était brûlant. Le message passa. L’albinos lui signala que même si elle était contre, il comptait bien rester pour la réchauffer, ça irait plus vite. Elle garda le silence. Comment pouvait-elle être contre ? Elle était trop fière pour le lui demander directement, mais sa présence était plus qu’agréable, surtout en ce moment. Surtout quand il retira son chandail, se retrouvant torse nu. Après une brève hésitation il vint se coller contre elle, elle en soupira de bien-être. Ça devait être bien moins agréable pour lui, mais tant pis. Par instinct, elle glissa ses jambes entre les siennes, cherchant de la chaleur malgré la couche de vêtements. Elle en profita d’ailleurs pour lui signaler ce détail, après tout il avait relancé une pointe de provocation avec le coup de la crème solaire, elle pouvait bien se permettre de reprendre ce jeu également. Du moins un peu.

    « C’est tout ce que tu retires pour me venir en aide ? Ingrat. »

    S’autorisant un sourire, elle ne put retenir un frisson quand le bras de l’albinos s’enroula autour de sa taille, sa main venant caresser son ventre. Il vint même nicher sa tête sur son épaule, alors qu’elle sentait son souffle chaud à hauteur de son cou. Elle ferma les yeux, se concentrant sur sa respiration et celle de son compagnon, se concentrant sur son souffle et sur ses caresses, même infimes. D’ailleurs la blonde finit par poser l’une de ses mains sur celle de l’infirmier, entremêlant leurs doigts. Quelle ironie, il fallait attendre qu’elle soit franchement mal pour profiter à nouveau de ce genre de contacts. Il finit d’ailleurs par lui demander si ça allait mieux désormais. Il fallut quelques secondes à la belle pour répondre. Elle hésitait à lui dire oui, mais après tout il valait mieux qu’elle le laisse au plus vite, c’était préférable, sinon encore une minute de plus et elle le gardait contre lui jusqu’au bout. Et de toute manière elle était fatiguée, probablement s’endormirait-elle assez vite. Ce fut donc dans un souffle qu’elle daigna lui répondre.

    « Oui… Tu feras attention lors de ton tour de garde, et au moindre souci tu me réveilles. T’es une chouette bouillote et ça m’ennuierait de la perdre pour les nuits suivantes. »

    Comme d’habitude elle se sentait obligée, pour se protéger, de tourner sa phrase en moquerie. Elle préférait lui dire qu’il lui était utile, et que ce serait bête qu’il se fasse tuer, plutôt que de lui annoncer honnêtement qu’elle s’inquiétait pour lui. Elle ignorait tout des capacités de l’albinos, ignorant à quel point il savait se défendre ou non. Et si le voleur revenait, et avec des amis ? Aurait-il le temps de la prévenir, aurait-elle le temps de l’aider ? Rah. Drathir dut retenir un sifflement agacé. Voilà pourquoi elle ne voulait pas s’attacher aux gens, parce qu’ensuite on s’inquiétait pour eux, et elle se prenait la tête pour des broutilles. Elle ne voulait plus de ça. Surtout dans cette prison. Elle avait des ennemis, et ils n’hésiteraient pas à se servir des proches de la demoiselle pour l’atteindre. La distance qu’elle s’imposait entre elle et les autres était une nécessité. Pour sa survie, et celle de ceux qu’elle aurait eu le malheur d’apprécier. Soupirant à nouveau, elle décida de penser à autre chose, ou même de ne plus penser à rien. Elle aimerait juste s’endormir, et vite. Mais bizarrement la présence de son compagnon la maintenait éveillée. D'ailleurs elle ne l'avait toujours pas lâché.
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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Mer 30 Mai - 15:24

    - Je ne vois pas pourquoi tu t’énerves comme ça. Ils t’auraient rendus un service en me tuant non ? Un polluant de moins dans ton existence.

    Bim. Pour qui elle se prend. Crier comme ça, à peine réveiller. Mais Jesper savait ce qu’il en était au fond. Il l’avait senti dans la voix de son amie. Il semblerait bien qu’elle s’inquiète pour lui. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Bien sûr, il ne le lui demanderait pas, la réponse serait incisive. L’albinos n’avait pas envie de se moquer d’elle à cet instant. Il avait chaud au cœur. Il ne l’admettrait pas devant elle, oh que non. Mais ça lui faisait plaisir de ressentir ce sentiment. Quelqu’un qui tient à vous. Qui s’inquiète pour vous. Ça nous aide à nous sentir exister, tout simplement. Si on lui avait dit que ce serait Drathir qui éveillerait ce sentiment en lui. Grosse tranche de rigolade. En attendant, il regardait, plutôt crédule, la Blonde se mettre nue. Dormait-il encore ? Etait-ce un rêve ? Négatif. Il sentit très bien le glaçon qui entra dans le sac de couchage. Elle ne le ménageait pas. Puis elle finit par lui raconter sa petite aventure.

    - Bah au moins, tu as pu assouvir sa soif de combat et de sang. Tu seras moins frustré les jours à venir. Mais du coup, tu m’as sauvé la vie… Tu ne regrettes pas trop ?

    Il sourit puis sentant que la Belle cherchait la chaleur, il mit son corps à sa disposition. C’était la moindre des choses. Au fond de lui, il savait qu’il lui devait une fière chandelle. Mais qu’était Drathir à ses yeux ? Une amie ? Une protectrice ? Personne ? … Il n’en savait rien à l’heure actuelle. Enfin si, il savait. C’était toute ces personnes à la fois et bien plus. C’est déroutant d’être perdu dans ses propres réflexions. Soit. Torse nu, il se mit complètement contre elle. Ayant un maximum de contact avec la jeune femme. Il frissonnait sous sa fraîcheur et elle sous sa chaleur. C’était un vrai échange, un partage. Ce contact finit par être agréable. Tellement qu’il finit par vraiment la prendre dans ses bras, s’autorisant des gestes tendre. Il lâcha même un petit rire quand elle lui dit qu’il pouvait faire mieux pour la réchauffer. Décidemment. Est-ce ses actions seraient bien vu, au moins une fois, par Drathir ? Il pensait bien faire mais pour elle, ce n’était jamais suffisant…

    - Bon d’accord mais n’en profites pas trop, d’accord ?

    L’infirmier déboutonna son pantalon noir, puis s’éloigna quelques secondes de son amie pour le faire glisser jusqu’à ses pieds. Ce qu’il faisait pour elle. Mais en même temps, elle sait qu’il ne refuse rien. Elle abuse de sa gentillesse, sans scrupule. Une fois le bas ôté, il se remit contre Drathir. Il confina alors ses jambes gelées avec les siennes quand elle les lui colla dessus. Rien de pire que des pieds froid quand on est chaud. Pendant un court instant, il s’imaginait la situation inverse… Très tentant. Se lover contre une Drathir brûlante et dénudée. Valait mieux sortir ce genre de pensées de la tête… Il sentit alors la main de la Belle venir prendre la sienne et la serrer. Etrange, venant d’elle. La jeune femme finit par dire que ça allait mieux et qu’il devait faire attention lors de son tour de garde. Comment lui dire…

    - Tu me vires déjà ? Je suis plutôt bien là… Et puis, merci de t’inquiéter pour moi…

    Comme pour joindre le geste à la parole, il se serra encore un peu plus comme si c’était possible. Sa main continuait les douces caresses sur son ventre. Mais n’y tenant plus, il osa déposer ses lèvres dans la nuque de la Blonde. Bah oui, l’odeur de sa peau l’affamer depuis quelques minutes… Drathir semblait fatiguée. La marche avait été longue dans la journée puis avec ces derniers évènements. Sa main libre vint lisser les cheveux de son amie. Cependant il n’arrêtait pas de laisser glisser ses lèvres le long de sa nuque et de son épaule. S’il s’écoutait, il pourrait embrasser sa peau durant des heures. Mais elle devait tenir à ce qu’il fasse son tour de garde. Pour lui, il n’y avait aucun intérêt… Mais bon. En fait, il attendait qu’elle s’endorme pour s’en aller. Jusque qu’à son endormissement, il lui tiendrait chaud et ses baisers pourraient la détendre. Il savait pertinemment que Drathir appréciait cela sinon, il ne le ferait pas. Il n’oserait pas.
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Rafleur
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MessageSujet: Re: Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]   Mer 30 Mai - 19:54

    Elle avait dû retenir un sifflement agacé lorsqu’il insinua que sa mort aurait dû lui faire plaisir. Cependant le sourire qu’il arborait le contraire faisait comprendre qu’il n’en pensait pas un mot. Il l’avait senti, il avait compris qu’elle tenait à lui, suffisamment pour s’être inquiété de son sort. L’espace de quelques secondes. Suffisamment pour qu’elle se retrouve énervée, face à tant d’inconscience. Etait-elle la seule ici à prendre ses précautions ? Bah, peu importe. Après s’être déshabillée la demoiselle s’était donc lovée dans le sac de couchage, plus précisément contre l’albinos. Alors qu’elle lui racontait ce qui s’était passé, et alors qu’elle s’attendait à un reproche concernant la mort d’un des deux voleurs, l’infirmier se contenta de signaler qu’au moins elle venait de calmer ses nerfs pour les prochains jours. La blonde haussa un sourcil. Elle ne tuait pas pour se défouler, loin de là. A ce compte-là, elle préférait largement aller au club de catch de l’autre gamine, comme ça elle explosait la tronche de prétentieux et se faisait un peu d’argent. Mais de là à tuer pour se calmer, elle n’était pas une psychopathe non plus. Mais la jeune femme garda le silence à ce niveau, se contentant tout de même d’une réplique concernant le reste de sa phrase. Ce fut d’une voix sérieuse qu’elle répondit.

    « Quand tu m’as proposé de venir tu m’as demandé de te protéger je te signale, c’est ce que je fais. Du mieux que je peux, parce que tu me facilites pas la tâche ! »

    Comme si c’était naturel, comme si tout se résumait à un simple contrat. Que de mensonges, mais elle avait trop de fierté pour le lui dire. De toute manière, vu le sourire qu’il avait arboré un peu plus tôt, il avait très bien compris qu’elle s’était inquiétée. C’était bien ça le problème avec lui, il insistait et obtenait gain de cause, et il était loin d’être con. Des qualités qui devenaient presque défauts. Peu importe, la blonde fut tirée de sa rêverie lorsque, alors qu’elle se réchauffait considérablement au contact de son compagnon, ce dernier finit par refermer ses bras autour d’elle. Une étreinte délicate, qui lui fit un bien fou. La belle abusa alors un peu plus de la situation, signalant qu’il aurait pu retirer un vêtement en plus. Jesper en rit, et contre toute attente, s’exécuta. Honnêtement elle ne s’y était pas attendue, mais son sourire s’élargit alors, amusée. Tournant légèrement la tête elle vrilla ses prunelles dans celles de son interlocuteur, celui-ci venant de lui demander de ne pas trop profiter de lui. Les yeux brillants, elle répliqua d’une voix faussement innocente.

    « C’est pas du tout mon genre. »

    Elle l’observa faire, sans un mot de plus. Une fois que le concerné retira pour de bon son pantalon noir, il vint de nouveau se coller contre elle. Alors qu’une des mains de l’albinos se posa de nouveau sur son ventre, elle s’empara de cette même main, s’amusant à entrelacer leurs doigts. Les jambes de la belle se retrouvèrent coincées entre celles de son compagnon, ce qui lui apportait une chaleur supplémentaire. Il fallait admettre que dans ces conditions, ça allait tout de suite bien mieux. Elle eut une pensée pour l’infirmier, des pieds glacés c’est ce qu’il y avait de pire, pourtant il ne bronchait pas. Cela la fit sourire, légèrement. Mais ce sourire disparut lorsqu’il la remercia de s’inquiéter pour lui. En guise de réponse, la rafleuse se contenta de garder le silence. Elle ne voulait pas débattre là-dessus. De toute manière son attention fut bien vite détournée. L’albinos venait en effet de la serrer un peu plus contre lui, si cela était possible. De nouveau elle eut cette sensation, la même qu’aux sources, celle de ne voir que lui. De ne sentir que lui. Quelqu’un aurait pu pénétrer dans la grotte qu’elle ne l’aurait pas vu venir. Elle ne sentait que ces mains, l’une caressant son ventre et l’autre dans ses cheveux.

    Puis elle sentit ses lèvres, dans son cou. Ce fut à ce moment précis que la respiration de la belle s’accéléra, légèrement. Elle s’en voulut aussitôt, elle avait bien remarqué que l’infirmier avait calé sa respiration sur la sienne, il devait donc avoir senti ce changement de rythme, même passager. Mais il l’avait surprise. Et il venait de trouver son point faible, il n’était pas difficile de lui arracher un frisson en venant déposer un baiser dans sa nuque, comme il le faisait actuellement. Tentant de retenir quelques frissons, certains lui échappèrent, elle finit tout de même par s’habituer au contact de ses lèvres sur sa peau. Et cela ne faisait qu’ajouter un peu plus à son bien être actuel. Même si cela faisait également naître en elle un certain malaise, une certaine peur. Peu importe, elle lâcha dans un souffle.

    « Demain t’auras qu’à te rouler dans la neige si tu veux, et on remet ça. »

    S’autorisant un sourire, la blonde finit par garder le silence. Se laissant bercer par les caresses et baisers que lui prodiguait l’infirmier. Elle finit bien vite par s’endormir, pensant que ce ne serait qu’à ce moment-là qu’il daignerait surveiller les environs. Elle se trompait lourdement. En effet. Ce fut par instinct, ou par habitude plutôt, qu’elle finit par se réveiller à une heure convenable. Il y avait suffisamment de lumière pour pouvoir reprendre la route. Alors qu’elle faisait ce constat, un autre fait la frappa. Jesper était encore à ses côtés. Tournant la tête, elle le découvrit en effet en train de dormir, alors qu’il la serrait toujours dans ses bras. L’observant, une foule de sentiments l’envahit alors. Contradictoires. Retenant un soupir, elle décida de se laisser aller à tout ce qu’elle pouvait ressentir. Ce fut pour cela que tout d’abord les lèvres de la belle se posèrent dans le cou du concerné, glissant bien vite le long de sa peau pour remonter jusqu’à ses lèvres. Elle l’embrassa alors, délicatement, alors qu’elle effleurait sa joue du bout des doigts Sa main glissa finalement jusqu’à sa gorge, toujours avec cette délicatesse rare. Puis le changement fut radical. La main de la belle se referma autour de la gorge de l’albinos, sans la moindre tendresse désormais, alors que ses lèvres quittèrent celles du concerné. Exerçant une pression sur sa gorge, c’était suffisant pour le réveiller définitivement et d’une manière assez brutale, mais pas suffisant pour l’étouffer non plus, elle ne tenait pas à le tuer. Cependant le regard assassin qu’elle lui adressa était bien réel lui. Regard qui ne dura pas.

    Contre toute attente, la demoiselle se retrouva maîtrisée. Elle n’avait rien vu venir. Et honnêtement, elle ne s’était pas réellement méfiée de l’albinos. A force de le voir loin des combats, à force de savoir qu’elle était meilleure que lui dans ce domaine, elle en oubliait qu’il avait tout de même des capacités. Enfin, oublier, disons plutôt qu’elle ne l’avait jamais vraiment su. Alors qu’elle se retrouvait coincée à terre, elle observa l’infirmier avec surprise. Elle qui s’apprêtait à lui signaler qu’il n’avait pas veillé, la voila comme une conne, battue, immobile. Que pouvait-elle faire désormais ? Poursuivre son engueulade comme elle l’avait convenue ? Oui. Elle allait faire ça tiens. Ne pas se laisser abattre, remplacer la surprise qui peignait son visage par de la froideur. Elle lâcha donc sa remarque, froidement.

    « Tu n’as pas veillé. Que tu ne tiennes pas à ta vie est une chose, je peux rien y faire. Mais je pensais que tu tenais à la mienne. Me serais-je trompée ? »

    Il n’avait pas veillé. N’importe qui aurait pu venir et ça aurait été fini, pour elle comme pour lui. Elle lui faisait confiance, et voila ce qu’il faisait. Il dormait tout simplement. Elle ne supportait pas ces instants. Elle se demandait même parfois pourquoi il était toujours en vie. Lui qui lui rappelait sans cesse qu’ils étaient en prison, que ce n’était pas comparable à la terre. Comment pouvait-il faire preuve de tant de négligence ? Et en plus de se mettre en danger, il venait d’en faire de même avec elle. Peut être pensait-il qu’elle en faisait trop, alors qu’elle estimait qu’il s’agissait du minimum. Ne faire confiance à personne, ne pas se fier à la nature ici. Rien. Etre constamment sur ses gardes, c’est à cela qu’elle devait sa survie. Peu importe. Ce fut après un court silence qu’elle ajouta, prenant enfin pleinement conscience du fait qu’il venait de l’avoir. Vexée la demoiselle ? Un peu. Mais elle était loin d’atteindre son maximum.

    « Tu vas me lâcher maintenant ou juste profiter de la situation ? »
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Et ils arrivèrent au sommet... [Pv. Drathir]
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