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 Bienvenue dans mon monde [pv Vladimir Amdusias]
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Chimère
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MessageSujet: Bienvenue dans mon monde [pv Vladimir Amdusias]   Mer 23 Mai - 18:40



Les bas-fonds. Un lieu qu'il n'est pas bon de fréquenter lorsque l'on ne souhaite pas s'attirer des ennuis. Un lieu qui regroupe les déchets de cette prison. Du simple prisonnier en fuite, au criminel le plus célèbre, vous serez probablement surpris de votre promenade. Prenez garde, ici, tout peut arriver. Si vous continuez votre chemin dans ce quartier sinistre, vous passerez forcément devant un bâtiment de trois étages, délabré et aux fenêtres cloturées. Certains le connaissent très bien, d'autres n'en n'ont jamais entendu parlé. Il s'agit là d'un commerce d'humains. Vous savez, ces fameux commerces où l'on vend des hommes et des femmes en tout genre pour de l'argent. Et bien, juste devant, vous verrez surement une jeune fille adossée contre le mur, recrachant la fumée d'une cigarette et le regard vide. Cette fille fait partie de ce monde, de ce cauchemar. Prudence O'Connor, tel est son nom. Un nom attribué dès son arrivée ici. Un nom qui ne serait jamais retenu, puisque le nom importe peu, mais son corps beaucoup. Les choses étaient ainsi, et elle ne pouvait rien n'y changer. Être prisonnière de son destin était tout bonnement une atrocité.

Laissant tomber sa cigarette sur le sol, elle vint l'écraser de son pied droit, s'accordant un dernier soupir. Comment pouvait-être le monde extérieur ? Prudence était née dans cette prison, elle était née chimère. Pour vous dire que la vie n'était guère clémente avec elle. Abandonnée, puis recueillie dans ce lieu de débauche, la jeune fille ignorait tout de la joie. Posant ses yeux sur un homme qui s'approchait, elle se décolla du mur et jeta sa chevelure dans son dos.


- On y va ma belle ?

- Je t'attendais.

Mensonge. En réalité, elle aurait aimé qu'il ne vienne jamais. Cet homme se trouvait être un habitué qui appréciait particulièrement notre esclave, et qui revenait chaque semaine pour passer un moment en sa compagnie. Prudence s'engouffra dans l'enceinte du bâtiment, montant les escaliers qui menait à sa chambre. A peine eut-elle refermée la porte que son client se jeta sur elle, glissant ses mains impures sur son corps de chimère. Fermant les yeux, ne disant rien, se laissant parcourir, Prudence attendit que l'enfer se termine. Lorsqu'enfin il se retira d'elle, vidé, crevé, elle se leva pour se rhabiller.

- Va me chercher à manger, j'ai la dale.

Hochant la tête, Prudence sortit, l'argent en main. Portant sa main jusqu'à son coeur, elle serra son poing. A chaque fois c'était pareil. Elle ne ressentait aucun plaisir, et elle se sentait souillée. Comme tout bon esclave, elle devait obéir aux désirs des clients. Que ce soit pour du sexe, ou pour n'importe quoi d'autres. Ainsi, elle se mis à déambuler dans les rues des bas-fonds, cherchant désespérement quelqu'un qui lui vendrait de la nourriture. Vêtue d'une robe courte et sale, Prudence faisait peine à voir. Elle avait froid, et elle ne voulait pas retourner là-bas. S'arrêtant au coin d'une ruelle sombre, elle s'accroupit pour pleurer. N'y avait-il personne pour lui venir en aide ? Pour la sauver de ce mauvais rêve ? Effleurant sa cuisse en métal de ses doigts tremblants, elle repensa aux rafleurs. Ils pouvaient être n'importe où. Ils chassaient les gens comme elle. Se redressant subitement, elle heurta un homme.
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MessageSujet: Re: Bienvenue dans mon monde [pv Vladimir Amdusias]   Mer 23 Mai - 20:31

Au fil des années, Vladimir avait appris à éduquer sa propre pensée, à intégrer des principes méthodiques de raisonnement, à ne pas être déconcentré. Plus étonnant encore, les questions sans réponses défilaient dans l'esprit de Vladimir, et quand l'une d'elle demeurait sans réponse, les autres disparaissaient. Et certaines peuvent demeurer sans réponse pendant très longtemps... N'y avait-il donc pas de soleil dans cet univers ? La raison, si tant est qu'elle soit d'une quelconque utilité désormais, aurait amené notre prisonnier à supposer que oui. Aucune vie ne peut subsister sans soleil. Aucune vie que Vladimir eut connu tout du moins. Mais après tout, il était encore étranger à ce sol. Il n'avait été jeté hors de ce long couloir qu'il y a un mois à peine, et n'avait depuis cessé de tourner en rond autour de ce qui lentement semblait être une ville. Une ville sale, une ville pauvre, pavée de terre métallisée et de fers poussiéreux.
Vladimir n'était pas une bête sauvage, et pourtant il avait agi comme un rapace farouche depuis son arrivée, n'osant échanger ni regard ni parole avec autrui, priant le ciel de faire tomber quelque pitance. Qu'on l'eut connu auparavant ou non, on devinait pourtant bien que ce mode de vie ne lui était pas totalement étranger. La chair de rat ne lui était pas désagréable, et c'est à peine si les morceaux de métal qu'il recrachait le dérangeaient.

Au fil des semaines, ses agissements changèrent de forme, et Vladimir eut plus de facilité à survivre quand il parvint à vendre ses services et à louer ses talents. Mais au delà de cette vie en terre battue, au delà de ces toits de taule, de ces oiseaux aux voix d'orgues de barbarie et de cet intense brouillard, Vladimir était blessé de n'avoir vu ni jour ni étoile depuis un mois maintenant. Un mois que le temps, aux yeux de Vladimir, s'était arrêté, qu'il n'y avait plus de frontière ou de différence entre le jour et la nuit. Est-ce ainsi que va le temps par ici ? Les autres semblent dormir et veiller au même moment à chaque instant. Jamais la ville ne s'éteignait, et jamais elle n'était allumée. C'est à se demander si ceux qui vivent ici savent seulement ce qu'est qu'une étoile. Et si ce n'est pas la terre que Vladimir foule, alors c'est un monde de fous.

Au fil des jours, Vladimir s'était sali de sueur, de poussière et de fumée. Les traits du labeur se marquaient sur ses bras, et ceux de la fatigue sur son visage. Lui qui autrefois connaissait l'heure simplement en levant les yeux au ciel avait perdu ses repères. Son dernier repas, qu'il fût hier ou cent ans plus tôt, était de toute manière bien trop léger. Son dernier somme, il ne s'en souvenait plus. Il avait passé ces derniers jours à accomplir mille choses sans importances qui ressemblaient à une montagne une fois cumulées. En fait, Vladimir se demanda avec surprise s'il avait vraiment vécu ces dernières semaines, ou s'il avait fait le plus étrange des rêves. Ses pieds et ses paumes endoloris le convinrent du contraire. Le temps ne s'arrêterait vraiment que lorsque Vladimir fermerait les yeux pour un sommeil comme il n'en a pas connu depuis longtemps.

Traînant ses pieds alourdis le long d'un chemin dont il ne voyait pas le bout, il cherchait avant tout un endroit pour se reposer. Mais les hommes qui l'entourent savent-ils seulement ce qu'est que le sommeil ? La seule manière de sommeiller dans ce vacarme constant semblait être la mort, ou la fatigue telle que Vladimir la subissait. Il eut pu s'écrouler là, au milieu de cette route, que cela n'aurait dérangé personne, lui le dernier. Mais quelque chose poussait Vladimir à continuer sa marche. Au travers du brouillard, au milieu de ce qui semblait être l'horizon, il y avait une lueur cuivrée que Vladimir assimila inconsciemment à un coucher de soleil. Dans sa quête pour le sommeil dont l'issue, qu'elle fut la vie -pour le repos- ou la mort -pour la fatigue, n'avait aucune importance aux yeux de Vladimir, il en avait oublié de blâmer le ciel pour ce qu'il endurait et pour les étoiles dont il l'avait privé. En fait, il avait oublié presque tout. Ses pensées étaient comme l'eau s'évaporant en épaisse brume dans une boîte, et menaçant de la faire exploser.

Puis, ce brouillard grandit et s'imposa au regard de Vladimir. Tout devint flou. La lumière de cuivre s'envola tandis que Vladimir tombait. Tous les muscles de ses jambes avaient abandonné, et s'appliquaient alors à tirer l'entièreté de son être dans un gouffre. Mourir maintenant, Vladimir s'en sentait tout à fait prêt, et sa fatigue s'évapora d'autant plus facilement que cette lueur devant lui prenait la forme d'une constellation. Un instant, l'image d'un bateau vacillant dans une tempête lui traversa l'esprit, puis il ferma les yeux.

Puis ce fut une sensation, qui s'éloignait bien de l'océan. La joue de Vladimir, violemment choquée contre du fer, puis son corps tout entier s'écroulant à terre. Jamais, se dit alors Vladimir comme si cet impact lui avait rendu sa lucidité, la vie ne lui avait paru aussi vide, et jamais la mort ne lui avait paru aussi salvatrice.

Quand il repris ses esprits et qu'il releva les yeux comme une mécanique contorsionnée aux muscles rouillés, Vladimir tomba nez à nez avec une femme. Ce n'était pas tant sa physionomie ou la couleur de ses yeux que la surprenante proximité entre leurs deux visages qui fit sortir Vladimir de l'état dans lequel il s'était trouvé depuis des mois. il était à cet instant bien incapable de dire s'il avait déjà vu un être humain, et regardait alors cette femme comme s'il n'avait approché aucun être vivant depuis des millénaires. Il fallut attendre quelques secondes de silence pour que Vladimir récupère subitement ses esprits et se relève entièrement.

Des millions de pensées se bousculaient dans son esprit. Il s'agissait pour la plupart de questions au sujet de cet univers. Au final, une question transcenda tout ce que Vladimir avait été, tout ce que Vladimir avait dit, toute convenance, toute son histoire et toute son évolution. Une question qui déchira ce que des semaines de mutisme avaient cousu entre ses lèvres.

«Êtes vous un monstre ?»
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MessageSujet: Re: Bienvenue dans mon monde [pv Vladimir Amdusias]   Jeu 24 Mai - 16:49


Alors que Prudence voulait se relever, sa cuisse métalique vint cogner la joue d'un jeune homme, lui aussi user par la vie. Il s'était alors effondré par terre, laissant l'esclave abasourdi. En fait, elle ne s'était pas attendue à voir débouler quelqu'un. Peut-être que ses souhaits s'étaient finalement exaucés ? Et si c'était lui, son sauveur ? Non, impossible. Les gens étaient si égoïstes dans cette prison... ils ne vivaient que pour eux. La seule issue était la mort, et étrangement, elle devenait de plus en plus enviable.

L'homme en question semblait à bout de force, voire complètement perdu. Son regard, tout comme son âme, donnait l'impression de se ranimer. Leurs visages se trouvaient proches et pourtant, elle ne fit rien pour s'éloigner. D'ordinnaire, elle l'aurait poussé, n'appréciant guère le contact physique, mais cette fois, c'était different... il la regardait comme s'il n'avait pas approché d'être vivant depuis des lustres, comme si il ne savait plus ce que c'était. Prudence attendit qu'il se redresse, avant de se lever à son tour. Elle ne lui dit rien, car elle ne trouvait rien à lui dire. Elle se contenta de le fixer de ses yeux ambrés, impassible.


«Êtes vous un monstre ?»

La question déclencha un frisson dans le corps de Prudence. C'était une bien étrange façon d'entamer une discussion... Mais alors qu'il venait de demander cela très sérieusement, presque par nécessité, notre esclave crut qu'elle allait s'effondrer. En effet, elle, qui avait toujours été considérée comme un monstre, se voyait confrontée à cette dure réalité. Chimère, esclave, monstre... bien des noms lui était attribuée. Prenant son visage entre ses mains, un léger sourire étira ses lèvres. La folie la rongeait petit à petit, perdant un peu plus chaque jour de son humanité. Et cet homme, là, en face d'elle, était un humain, un vrai. La jalousie s'installa lentement dans l'esprit de Prudence, comme un poison dans ses veines. Mais l'heure n'était pas aux sombres pensées, et elle préféra répondre d'une voix posée.

- Et bien, "monstre" peut qualifier de nombreuses choses, comme un être vivant mal formé. Donc, oui... en quelque sorte, j'en suis un. Auriez-vous peur ?

La lueur du soleil s'éteignit à l'horizon, basculant la ville dans l'obscurité, dans les ténèbres. Une nuit de plus pour tous les heureux survivants, ou malheureux... les yeux rivés vers ce ciel d'encre, Prudence s'immobilisa, retenant presque son souffle, quand tout à coup, de petites lanternes s'allumèrent à divers endroits. Ce n'était qu'un maigre éclairage, mais qui soulageait grandement les habitants du quartier. Car sans lumière, on ne peut avancer, on ne peut esperer.

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MessageSujet: Re: Bienvenue dans mon monde [pv Vladimir Amdusias]   Jeu 24 Mai - 21:50

«Êtes vous un monstre ?»

Question tout à fait légitime à première vue. On ne bascule pas d'un monde à un autre sans se sentir seul, et on ne cesse pas de craindre chaque visage quand le premier que l'on ai vu est celui d'un monstre. Ses premiers pas dans cet enfer tourmenté dont il venait à peine de se réveiller furent un véritable cauchemar. Et comme tous les cauchemars, celui-ci fut dissout en quelques secondes au réveil, et la douleur qu'il appliquait dans l'esprit de Vladimir s'était éteinte, quoiqu'elle fut encore traumatisante comme une cicatrice qui ne disparaît pas. Non, que ce fût demain ou dans dix ans, la blessure ne partirait pas. Aussi n'était-il pas étonnant que Vladimir pose cette question. Dans cet enfer, pour tout dire, il n'avait jamais vu de visage et de corps assez clairement pour croire avec conviction qu'il ne s'agissait pas là de monstres. Et cette femme qu'il venait de heurter, qu'est ce qui prouvait qu'elle ne cachait pas dans son dos un poignard et une paire d'ailes gigantesques, que sous ses vêtements sa peau n'est pas faite d'écailles et de cornes ?

Au second coup d'œil, c'était une question stupide. La femme qui se tenait devant lui n'avait rien d'un monstre. Tout au contraire, il était facile, au milieu de cette ruelle mal éclairée et poussiéreuse, de voir cette personne comme une intervention divine. Et ni ses cheveux dorés ni sa peau claire ne diraient le contraire. C'était peut-être bien un ange, car après tout, elle l'avait bien extirpé de cette longue hallucination. C'est tout comme si elle l'avait ranimé, tout comme si la fatigue et la douleur se faisaient plus supportables. Non sans douleur, Vladimir se redressa, l'œil avidement planté dans celui de la jeune femme. Il n'y voyait aucune cruauté ni aucune haine. Au contraire, il voyait un regard aimable et étrange, quoique tel qu'il n'en avait jamais vu, avec une teinte livide qu'il n'avait alors vu que chez les hommes qui ont perdu tout espoir. Cela suffit néanmoins à faire regretter Vladimir d'avoir posé cette question. Il avait trébuché sur ce que la fortune avait mis sur sa route, et ce que la fortune avait mis sur sa route se trouvait être une forme de rédemption bénigne aux yeux de Vladimir. Il avait trébuché sur ce qui pourrait être le titre d'un nouveau chapitre que le sort aurait écrit pour se faire pardonner du précédent. Surtout, il avait trébuché sur une personne, une personne qui rappelait à Vladimir qu'il y avait encore des hommes et peut-être bien, qui sait, de l'humanité. Et cela uniquement suffisait amplement à Vladimir pour qu'il se sente soulagé des fardeaux de la douleur et de la fatigue. Qu'y-aurait-il ensuite ? Oh, Vladimir n'attendra rien d'autre que ce qui lui a été offert, et ne s'encombrera pas de bagatelles, si ce n'est pas là ce que le ciel veut. Plus simplement, Vladimir éprouvera une pieuse reconnaissance pour ce qui vient de lui arriver, et vivra ses heures prochaines dans une sensation moins douloureuse qu'elle ne l'est d'habitude.

«Et bien, "monstre" peut qualifier de nombreuses choses, comme un être vivant mal formé. Donc, oui... en quelque sorte, j'en suis un. Auriez-vous peur ?»

Mais au dernier coup d'œil, la question peut-être pas si stupide. Ce n'était certainement pas un ange. Son corps se terminait par deux jambes à demi-nues, et l'une d'elle était en cuivre. Dans un premier temps, Vladimir fut totalement paralysé, figé par la surprise. C'était la première fois pour lui qu'il voyait une chose pareille, et cela était sans doute la deuxième chose la plus extraordinaire qu'il avait vu de toute son existence. Rien de tel n'était possible. Rien de tel n'était humainement, physiquement, sciemment possible. Et pourtant, sous ses yeux, il y avait bel et bien une jambe de cuivre, assouplie, brillante et mate par endroits, et grinçante dans ses mouvements. Tout disparaissait alors. L'ange. Le geste du destin. L'espoir. La rédemption. Tout dans cet univers était fait de monstres, de métaux rongeant les peaux, et de nuits éternelles. Le reste de la vie de Vladimir ressemblera trait pour trait à ses derniers jours passés. Cauchemardesques. Douloureux. Fatigants. Insupportables. Tourmentés. D'un seul coup, la nausée s'empara de Vladimir. Il sentit son ventre se nouer, son crâne se contracter, ses nerfs s'affoler et sa gorge se serrer. Une désillusion dont lui-même ne saisissait pas l'ampleur s'était opérée en lui, le revers d'un espoir. C'était comme s'il avait perdu en une seconde tout ce qu'il avait attrapé en deux. Une sensation de vide, d'être tellement unique que l'on existe plus.

Malgré ce corps encore contracté par cet ascenseur émotif de surprises et de déceptions qui l'avait conduit à un état de mélancolie, il parvint à articuler quelques mots empreints de cette dernière.

«N-Non... Je n'ai pas peur. Je croyais que...»

Qu'il y avait encore des hommes dans cet univers. Il n'avait pas fini sa phrase et ne comptait pas le faire car il lui semblait alors que plus rien n'avait d'importance.

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MessageSujet: Re: Bienvenue dans mon monde [pv Vladimir Amdusias]   Mar 29 Mai - 17:53

Il ne cessait de la regarder, de détailler son corps de chimère. Allant de son visage d'ange à ses jambes si monstrueuses. Son visage exprimait alors le dégoût, la déception. Prudence avait énormément de mal à comprendre son attitude, elle, qui ne comprenait rien aux humains. Mais au fond, elle pouvait lui parler comme elle le voulait, il ne réprésentait rien pour elle. Si seulement il voyait son dos! Le pauvre, il serait encore plus choqué. En effet, Prudence ne possédait pas qu'une simple cuisse en métal, mais également la totalité de sa colonne vertébrale. Cette dernière ressortait à travers sa chair, froide et brillante.

Cet homme ne ressemblait à aucun de ceux qu'elle avait rencontré. Il semblait déboussolé ici, comme si il n'avait jamais connu ce monde et ceux qui l'habitait. Ce fut précisément à cet instant, que Prudence eut un flash. Cette prison n'était pas peuplée uniquement de rafleurs et de chimères, mais aussi de perdus. Des personnes venant de l'extérieur de la prison, connaissant une toute autre vie. Comment avait-elle pu oublier ce détail ! Et s'il en faisait partit ? De nombreuses questions se bousculèrent dans l'esprit de l'esclave, et elle ne sut par quoi commencer. Pour le moment, il était plus sage d'attendre sa réponse. Et cette dernière vint plus tôt que prévu.


«N-Non... Je n'ai pas peur. Je croyais que...»

Fronçant les sourcils, Prudence perdait peu à peu patience. Il était si vague dans ses réponses... c'était presque impossible d'avoir une discussion. Pourtant, il le fallait. Elle ne pouvait pas le laisser partir sans apprendre de son monde. Frustrée qu'il ne termine pas sa phrase, elle détourna son regard. Il croyait quoi hein ? Qu'elle était humaine ? Et bien non, malheureusement, elle était un résidu de la société, et personne ne changerait cela. Cet homme vivait dans un conte de fée. Ici, les humains n'en étaient plus, et la loi était faite par des sadiques. Ils prenaient plaisir à chasser, à se prendre pour Dieu. Ce n'était pas à eux de décider qui avait le droit de vivre ou de mourir. Prudence vivait dans la crainte, espérant un jour se venger de ces énergumènes, d'être libre. Lâchant un soupir, elle reporta son attention sur lui.

- Vous n'êtes pas d'ici n'est-ce pas ? Ca se voit... le seul conseil que je peux vous donner, c'est de ne pas trop espérer. C'est peine perdue dans cette prison.

C'était triste à dire, mais mieux valait le prévenir. La vie était dure à Gefängnis, et si on ne s'y faisait pas rapidement une place, on mourrait. S'immobilisant un instant, Prudence tourna la tête vers la droite. Des bruits de pas se faisaient entendre, ainsi que des rires gras. Levant son bras devant le torse du jeune homme, elle lui fit signe de reculer dans l'ombre de la ruelle. Les rafleurs rodaient toujours dans ce quartier, et une rencontre avec eux ne disait rien à Prudence. Qu'il la prenne pour un monstre ou non, elle s'avérait être une femme gentille avec ceux qui le mérite.

- Vous avez un nom ? dit-elle à voix basse.
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