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 Apparences trompeuses ~
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NAISSANCE : : 27/09/1996
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MessageSujet: Apparences trompeuses ~   Lun 28 Mai - 17:33

~ Apparences Trompeuses ~

    Zara marchait à travers Close, et les regards se retournaient sur son passage.
    Comme d’habitude.
    Elle affichait un petit sourire en coin, ni vraiment méprisant, ni vraiment sarcastique. Mais dérangeant néanmoins. Et pourtant, sa beauté n’en devenait que plus hypnotisante. Ce sourire était le piquant de la sublime rose. Teintée de danger et de mystère, Zara attirait d’un manière incroyable et indéfinissable.
    Même le sombre de Gefängnis s’illuminait sur son passage. Cet enfer lui-même appréciait cette parfaite créature qui était tellement à sa place en cet univers de vices.
    Parce que si Zara était un doté d’une aura et d’un physique des plus exceptionnelles, son intérieur était aussi noir que le ciel de la prison.
    Elle aurait pu être une création de Trausamkeit, tant sa personnalité collait au décor lugubre et faux du lieu.
    Mais cela ne se voyait pas, car sa beauté éclipsait tout le reste. Et Zara était assez fine et intelligente pour se lier la sympathie de la plupart des commerçants et habitants des quartiers de Close qu’elle fréquentait régulièrement.
    Comme toujours, elle maîtrisait tout, le moindre des pans de sa vie. Et personne ne pouvait se douter de la noirceur de cette sublime jeune femme si belle qu’on murmurait que la Lanterne d’Aurore dérobée par Amsel était réapparue sous une forme humaine.

    Comme c’était drôle et agréable. De susciter autant d’admiration.
    Elle portait un jean moulant, sublimant ses longues jambes et un court t-shirt de coton blanc. Des habit d’origine terrestre, précieux à Gefängnis.

    Elle sortit de la ville alors que la nuit tombait, engloutissant la lumière glaciale dans des ténèbres insondables.
    Mais ses yeux d’un bleu incroyable brillaient dans l’obscurité, tel un dangereux félin guettant sa proie.
    Elle se dirigeait vers la forêt de cuivre. Pourquoi ? Juste parce qu’elle avait besoin d’une plante de métal assez solide et tranchante qu’elle pourrait amener à un forgeron quelconque qui pourrait en faire de nouveaux ciseaux de coutures. Très effilés.
    Les précédents se trouvaient malheureusement sans doute encore dans la Grotte du Souvenir…
    Elle irait les récupérer, ses chers ciseaux, mais le moment n’était pas encore arrivé.

    Son club de combat n’étant désormais que ruines, elle se devait de reprendre son activité de styliste. Un divertissement certes moindre que la mort, il était vrai.
    Mais il fallait bien trouver un moyen de subvenir à ses besoins.
    Cette décision de reprendre la couture prise soudainement, elle se dirigeait désormais vers la Forêt de Cuivre. Pourquoi attendre le lendemain ? Elle était à même de se défendre contre n’importe qui, même dans la plus noire des nuits. Et de toute manière… Quelqu’un oserait-il s’en prendre à elle ? Et risquer de ruiner une des seules merveilles de Gefängnis ? Bien sûr que non. Et quand bien même ce serait le cas, Zara portait dans l’étui de sa ceinture son délicat couteau finement aiguisé. Qu’elle maniait à la perfection.

    La jeune femme se mouvait avec grâce et fluidité, telle une panthère, à travers les feuilles coupantes des arbres cuivrés. Elle désirait une plante de métal, et non la feuille d’un quelconque bouleau de bronze.
    Elle s’enfonça de plus en plus profondément au hasard de la forêt. Soudain, une douce mélodie au rythme ternaire retentit à ses oreilles. Une mélodie douce, entêtante, ronde et claire, pleine de rebonds, d’accélérations et de virevoltes.
    Zara sentit son souffle s’accélérer. Elle se dirigea vers la musique, un besoin impérieux la guidait. Elle se sentait… Si libre, vivante et… Oui. C’était ce sentiment qu’elle ressentait… Cet odeur qu’elle captait… Cette voix qu’elle entendait... Se pouvait-il qu’elle l’ai enfin retrouvé ?

    Elle arriva devant une haire de grandes fleurs magnifiques et colorées. De véritables fleurs, et non des tiges de métal.
    Sa voix était toujours présente et la mélodie si entêtante. Zara écarté les doux végétaux et se retrouva en un véritable paradis, plus beau que tout ce qu’elle avait déjà vu sur Terre. Au centre d’un magnifique espace de fleurs et d’arbustes colorés et soigneusement disposé, se tenait un tronc vide de végétaux. L’air était pur et agréable, mais c’était Cette Odeur que Zara humait par dessus tout, Ce Parfum et, surtout, Cette Voix qui l’appelait et qui lui avait tant manqué…

    - Mais où es-tu ? murmura-t-elle à ce timbre grave et beau qui se faisait de plus en plus proche.

    Alors une silhouette se dessina devant elle.
    Lui.
    Ses cheveux longs et noirs, Son regard vert et tendre. Il la regardait avec admiration, vénération, amour profond, ce regard que Zara avait tant désiré voir dans Ses yeux et qu’Il n’avait jamais réellement eu. Juste feint d’avoir.
    Mais là, ce regard était réel. Si beau, si pur.
    Elle demeura là quelques instant, stupéfaite de Le retrouver ici.
    La musique se fit plus entêtante, plus belle et forte à mesure qu’Il s’approchait d’elle en lui murmurant tous les mots d’amours qu’Il n’avait jamais eu et l’implorait de Lui pardonner.
    L’implorait de Lui pardonner…
    Ce n’était pas dans le caractère de…

    Guitare. Rythme binaire dans la douce musique.
    Zara fronça les sourcils. Remarqua l’imperfection dans la mélodie.
    Elle Le regarda. Et Il eut un rictus hideux.
    Elle ferma les yeux. Se concentra sur la guitare. Encore. Do. La. Si bémol.
    La mélodie douce et entêtante essayait de reprendre le dessus avec moult virevoltes et arabesques, brouillait l’air et accélérer son rythme cardiaque. Comment une simple musique pouvait-elle posséder un tel pouvoir ?
    Non. Ne pas penser à elle.
    La Guitare.
    Elle rouvrit les yeux.
    Et Il avait disparu.
    La petite musique résonnait toujours quelque part, mais les accords de cordes restaient plus forts.
    Zara sentit un vide insondable lui étreindre le cœur en regardant l’espace désormais vide de toute vision de rêve. Il était parti, encore une fois. La regardant avec cet affreux sourire de dégoût et de haine. Elle sentit son corps trembler. Sa gorge était sèche.
    Elle respira longuement, et reprit enfin le contrôle d’elle-même, après de très longues minutes de tremblements, la mâchoire serrée d’être tombée dans un tel piège et de s’être perdue ainsi. Elle était plus forte et plus belle que n’importe quelle vision, pourquoi cela lui était-il arrivé ?

    Elle dit, dos à la personne qui devait se tenir derrière elle avec la guitare qui l’avait aidé à remonter à la surface :

    - Merci.

    Que quelqu’un ai pu assister à ça, à sa faiblesse, l’énervait au plus haut point. Néanmoins, qui que soit cet individu, il l’avait sauvé d’un magnifique rêve fatal, Zara n’en doutait point.
    On était à Gefängnis après tout.

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MessageSujet: Re: Apparences trompeuses ~   Jeu 7 Juin - 0:11

Les notes dansaient en rythme sur un air electro. Pulsions électriques. Une étincelle, harmonie démentielle. Ambiance festive. Une once d’enjouement, sans raison aucune. Tu poursuivais une course sans fin au rythme de la musique. Sans but aucun, les yeux hermétiquement clos afin de mieux percevoir l’euphorie des ondes. Tes membres inférieurs te portaient selon leur envie, au hasard des sentiers se dessinant à mesure d’une progression lente et sereine. Tantôt tu avais quitté la capitale, dans l’espoir d’y trouver en ses alentours, une distraction pouvant animer une journée comme celle-ci. Fouillant tes poches, sans rien y trouver, tu marchais. Tu jubilais, face à l’orée de cet amas que l’on nommait couramment, Foret de cuivre. Les ombres de la végétation luxuriante se déchaînaient face aux périples d’un vent soufflant. Ombres perpétuellement présentes dans ce monde aux reflets sombres et inquiétants. Le ciel azuré décrit par les rêveurs laissait place en ce lieu dit, à de sombres cumulus. Tu t’exultais. Puis elles se turent soudain, dans un morendo tragique. Tu soupirais, entre désespoir et ennui, t’abandonnant à ton inconscient guidant tes pas, au hasard des allées. Traitre forêt, beauté superbe paraissant pourtant accueillante, elle nous démontrait pourtant de ses vices chaque jour, ses feuilles aiguisée qu’il fallait éviter afin de ne pas être blessé. Guitare en main, tu te risquais à y pénétrer afin d’y trouver ce lieu dit fantasmagorique, perdu au cœur de cette nature cruelle, que l’on s’amusait à nommer alors, Bosquet de songes. Lieu qui portait bien son nom, car malgré la description féerique qui en était faite, l’on s’y trouvait souvent porté par nos rêves les plus fous, jusqu’à ce qu’ils s’en manifestent d’un réel bien trop convainquant et que l’on s’y prête un peu trop.

Voguant à travers ses dangers, tu prenais gare à ne pas abimer cet instrument qui t’était si cher, celui même dont tu te servais lors de ta première rencontre avec ton fidèle ami, Fauve. Tu semblais presque danser, priant pour ne pas y rencontrer de mal intentionnés, s’amusant à guetter les proies faciles, des moutons égarés afin de les piller, voire les assassiner. Et alors que tu traçais ta route, ton regard fut attiré par une silhouette qui t’étais bien inconnue. Une longue chevelure d’une couleur peu commune venant s’abattre sur des formes qui de loin te paraissaient généreuses, alors que son visage t’était encore masqué. Ne semblant pas t’avoir remarqué, tu t’étais mis en quête de suivre cette étrange demoiselle afin de peut-être, découvrir sa face cachée. Et sans même t’en rendre compte, tu t’approchais de ta destination. Quel hasard heureux. Coïncidence ? Peut-être. Le hasard se permettait bien trop souvent de bouleverser notre quiétude pour que l’on puisse douter de sa divine existence. Dans certains cas, il se trouvait être distrayant d’y faire affaire, mais ça, tu l’ignorais encore. Enfin, tu te plaisais parfois à y croire, aussi futile cela puisse paraître.

Au loin, tu pouvais apprécier la vue magnifiée de ce bosquet aux couleurs chatoyantes, à l’air si épuré, mais également les notes semblant s’en échapper. Bien trop basses pour en ressentir les effets. Il était parfois connu des habitants de Close, que de ce lieu apaisant ressortait une douce mélodie aux sonorités plaisantes, celle-ci même qui avait pour effet de brouiller les sens des plus aventureux. Alors que la jeune femme semblait ne pas y prêter attention, son comportement te semblait soudain plus étrange. Elle te semblait… euphorique. Bien trop pour que cela puisse être naturel. Voilà donc une proie parmi tant d’autres, captive sereine de l’un des pièges les plus vicieux de tout Gefängnis. Semblant attirée, ce n’est que lorsqu’elle s’exprimait d’une douce voix dans un néant certain que tu te décidais. Venant t’approcher pas à pas, tu portas ta guitare à niveau afin d’en gratter les cordes, dans le seul but de jouer un air, d’un rythme bien différent. Tu ne savais pas encore si cela permettrait à la demoiselle de s’échapper de sa fatalité, mais tu ne pouvais qu’essayer. Concentré sur ta propre mélodie, aussi improvisée soit-elle, tu finis par la ramener à elle, lentement, mais surement. Son corps tremblait, tu restais immobile, elle te tournait le dos. Tu pus déceler de ses lèvres qu’un bref remerciement, déjà bien suffisant. Tu cessais alors ton mouvement frénétique, alors que le bosquet semblait capituler devant cette résistance. Dans un mouvement rapide, tu vins finalement t’installer sur le tronc dominant les lieux. Tournant le dos à ton tour, tu soupirais. « Beaucoup se sont retrouvés fous, plongés à jamais dans leurs rêves. » Ahah. Voilà donc tout ce que tu trouvais à dire. Soit. Fixant les cordes de ton instrument, tu cherchais au plus profond de ton être, l’inspiration qui te ferait jouer de nouveau. Songeant à également à cet instant où tu t’étais laissé bercé par ces fausses étoiles, seul et unique rêve hantant tes pensées. Car oui, même toi tu avais eu le malheur de baisser ta garde à ta première visite.

Effort vains, l’inspiration n’était plus. Faisant balancer ton corps, tu pris un élan afin de te relever, partant dans la direction opposée à la demoiselle. Allons, tu comptais déjà t’en aller sans même avoir aperçu les traits de son visage ?
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